C’est dans le contexte d’une grave crise internationale des télécommunications en 2002 et d’une morosité interne réelle que l’opérateur national historique a réussi de réelles performances, en termes de résultats financiers. En effet, malgré l’éclatement de la bulle Internet au niveau de la plupart des places boursières internationales, des problèmes financiers gravissimes connus par le partenaire de référence de Maroc Telecom, le Groupe Vivendi Universal, (acquéreur de 35 % du capital d’IAM), l’entreprise dirigée (de main de maître) par M. Ahizoune a continué sa croissance grâce à des offres adaptées au marché et à la poursuite de la modernisation de ses systèmes de gestion.
Comme l’a souligné le Président du Directoire, qui s’est félicité au passage de l’apport des quarante cadres de Vivendi présents aux côtés du management national, Maroc Telecom bénéficie désormais d’un reporting et de systèmes d’information aux normes internationales. Cela permet, entre autres, de connaître la situation de l’entreprise à la fin de chaque mois et d’obtenir au terme de la première quinzaine du mois suivant l’ensemble des informations financières nettes du mois précédemment échu.
L’année écoulée a donc marqué des avancées largement positives en termes financiers puisque Maroc Telecom a connu une croissance de son chiffre d’affaires de 9 % par rapport à 2001. Il s’est établi à 14,7 milliards de dirhams contre 13,5 Mrd Dh l’année précédente. La progression de l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) est également impressionnante puisqu’elle a été de 39%, passant de 5,9 Mrd Dh en 2001 à 8,2 Mrd Dh en 2002.
Le résultat d’exploitation n’est pas en reste, marquant une hausse de 60 % d’une année l’autre, pour s’établir à 5,9 Mrd Dh contre 3,7 Mrd Dh en 2001.
C’est au niveau du résultat net que l’avancée est la plus notable, mais il faut préciser qu’en raison de l’adoption de nouvelles normes comptables, il est difficile de les comparer à ceux de 2001. Il s’établit donc à 3,7 Mrd Dh en 2002 contre 730 Millions de Dh en 2001, marquant une hausse de 405%.
Par contre, pour l’impôt sur les sociétés, qui s’élève à 1,6 milliard de dirhams, on notera que la progression est de 123 %, ce qui fait de Maroc Telecom le premier contributeur fiscal national. De même, les dividendes (servis à hauteur de 65 % à l’État), ont connu une progression de 242 %, soit 2,5 Mrd Dh contre 0,73 Mrd Dh en 2001, ce qui explique largement l’intérêt renouvelé porté par Jean-René Fourtou et Vivendi Universal à leur partenaire marocain… en commentant de tels résultats, le Président du Directoire, M. Abdeslam Ahizoune n’a pas manqué de souligner que Maroc Telecom possédait une trésorerie nette positive, alors que l’endettement de l’entreprise, après impôt n’excède pas 1,2 Mrd Dh contre plus de 5 Mrd Dh de capitaux propres.
Le premier opérateur télécoms du pays, qui a réalisé un effort d’investissement soutenu en 2002, soit 2,7 milliards de dirhams, affirme donc à l’occasion ses intentions de réaliser une croissance externe en s’inspirant de l’expérience réussie de sa filiale mauritanienne, Mauritel. Des perspectives intéressantes pourraient se matérialiser en Afrique subsaharienne, notamment occidentale, et tout particulièrement au Mali, au Congo, au Gabon ou au Burkina Faso.
Pour en revenir aux résultats de l’opérateur mauritanien Mauritel, son parc d’abonnés a crû de 114 % entre 20011 et 2002, passant de 87 662 abonnés à 187 743. Le chiffre d’affaires, exprimé en dirhams a enregistré une progression de 45 % de l’exercice 2001 à celui de 2002, s’établissant à 511 MDh contre 352 l’année précédente. Enfin, l’investissement, qui était de 113 millions de dirhams en 2001 a progressé de 147 % en 2002, pour atteindre 280 MDh. On notera que Mauritel a ainsi réalisé une anticipation de trois années sur ses prévisions d’investissements.
Ces différentes performances confirment donc la qualité de la gestion et du management de Maroc Telecom qui s’affirme ainsi comme l’un des opérateurs économiques majeurs du pays. De tels résultats, d’ailleurs, n’auraient pu être obtenus sans la qualité des ressources humaines de Maroc Telecom et le climat qui règne à l’intérieur d’une entreprise qui, manifestement, a parfaitement réussi le passage d’une administration publique à une entreprise doté d’un statut de société anonyme. De quoi faire taire les critiques des mauvaises langues qui, encore une fois, en resteront pour leurs frais !
Fahd Yata