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La Caisse Centrale de Garantie, expression du soutien de l’État à l’investissement privé M. Omar Alaoui Benhachem, Directeur Gén

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La Nouvelle Tribune :
Les banques vendent de plus en plus les produits de garantie et de financement des entreprises, gérés par la Caisse Centrale de Garantie.
Ces outils de financement feraient l’objet d’une demande croissante de la part des entreprises, notamment des PME-PMI. Pouvez-vous nous confirmer cette bonne nouvelle annonciatrice d’un soutien de l’Etat à l’entreprise ?

M. Omar Alaoui Benhachem : Effectivement, dans le souci d’inciter les banques à intervenir davantage dans le financement des entreprises en général et des PME-PMI en particulier, l’Etat a mis en place un système de garantie à l’image de ceux qui existent un peu partout dans le monde. L’un des principes de ce système c’est la garantie du remboursement au lieu et place du débiteur défaillant, d’une partie de la dette garantie. Pour les banques bénéficiaires de notre intervention, cette couverture de risques par la CCG prend la forme d’un crédit par signature.
Dans la pratique, nous offrons aux banques plusieurs mécanismes dont la principale variable est la quotité de garantie qui varie entre 50 % et 85 %. En cas de défaillance de l’entreprise, la mise en jeu de notre garantie intervient dans un délai d’un mois maximum. 
Depuis l’entrée en vigueur de la réforme de la CCG en novembre 1996, nous constatons une progression d’année en année du nombre de dossiers agréés par la CCG, ce qui témoigne de l’attrait grandissant de la garantie pour les banques. Mais il faut reconnaître néanmoins que dans notre pays, la culture de la garantie n’est pas encore totalement ancrée dans le réflexe du banquier. En France par exemple, où le système de garantie est bien intégré aux pratiques bancaires, la SOFARIS, qui est un organisme de garantie similaire à la CCG, couvre une large part des crédits d’investissement productifs promus par les PME y compris la TPE (très petite entreprise).
En somme, le rôle de la CCG, qui est celui de tout système de garantie, est essentiellement d’agir en tant que garant pour faciliter l’accès des entreprises au financement à des conditions avantageuses et de favoriser ainsi la création de la richesse, de la valeur ajoutée et de l’emploi.
La particularité de la Caisse Centrale de Garantie est qu’elle offre aux banques l’avantage de la garantie souveraine qui implique la garantie inconditionnelle et illimitée de l’Etat.
Ce qu’il faudrait retenir c’est qu’en décidant de garantir des crédits d’investissement contractés par des PME-PMI, l’Etat fait le pari qu’au-delà de la "casse" éventuelle qui pourrait toucher un certain nombre de projets financés, les autres projets réussis vont permettre de créer de l’emploi, de la valeur ajoutée et paieront des impôts. Donc c’est sur le plan macroéconomique que le pays est gagnant. 

La Caisse Centrale de Garantie n’est pas une institution récente. Mais son rôle n’a-t-il pas été dynamisé récemment ?

En effet, la CCG, qui existe depuis 1949, a connu plusieurs étapes, certaines d’entre elles difficiles comme à l’époque où elle était fortement engagée dans le secteur de la pêche hauturière, secteur qui constitue actuellement d’ailleurs l’une des principales activités économiques génératrices de richesses et de devises. Après l’assainissement de sa situation et sa réforme de 1996, la CCG s’est imposée comme une institution moderne présentant des procédures et une organisation qui lui assurent un maximum de transparence, une collégialité et une responsabilité tant au niveau de la prise de décision d’octroi que de la mise en jeu de la garantie.
C’est ainsi que depuis sa réforme, la Caisse occupe une place de choix dans le paysage financier marocain et sa crédibilité s’est renforcée. De plus, il y a eu, sous l’impulsion royale, la relance du système de garantie pour le financement des entreprises, notamment au profit des jeunes promoteurs et du secteur du tourisme. C’est dans ce cadre et par l’intermédiaire du Fonds Hassan II que la CCG a reçu en 2002 une dotation de 100 M DH pour renforcer ses interventions en faveur du secteur du tourisme et qu’elle a été désignée pour assurer la gestion du fonds de garantie des prêts à la création de la jeune entreprise, lequel est doté de 200 M DH.

Mais considérez –vous que vous disposez de moyens financiers suffisants ?

Certainement, car la CCG n’est pas une banque classique qui évolue dans le champ de la distribution de crédits. Notre intervention qui porte sur la garantie des crédits d’investissement s’appuie sur des leviers puissants comme les ratios prudentiels propres à notre domaine. Il faut savoir, par exemple, qu’en tenant compte du taux de sinistralité, nous pouvons garantir des montants atteignant 12,5 fois nos fonds propres opérationnels.
Dans ce cadre, la CCG a développé toute une action volontariste en faveur de l’investissement touristique et elle offre des garanties qui peuvent aller maintenant jusqu’à 70 M DH pour des crédits d’un montant de 140 M DH. En tenant compte de l’autofinancement, un projet individuel peut ainsi atteindre près de 200 M DH.
Par ailleurs, la CCG assure la gestion, pour le compte du Fonds Hassan II, de deux nouveaux fonds de financement dotés respectivement de 100 et de 50 MDH, destinés à la rénovation des unités hôtelières " RENOVOTEL " et à la restructuration des entreprises du secteur du textile et de l’habillement " FORTEX".
Le RENOVOTEL co-finance avec les banques 70% du programme de rénovation des structures hôtelières. La part du crédit RENOVOTEL est consentie à un taux d’intérêt bonifié de 2 % l’an, ce qui constitue un avantage de taille pour les entreprises du secteur.
D’ailleurs, d’après une étude récente menée par le Département du Tourisme,  quelque 350 unités hôtelières seraient éligibles à ce co-financement qui leur permettrait de réaliser des travaux de rénovation et de mise à niveau afin de pouvoir répondre aux engagements stratégiques du secteur à l’horizon 2010.
Concernant le FORTEX, ce dernier permet aux entreprises du secteur du textile et de l’habillement existant depuis au moins 3 ans et ayant connu des difficultés financières ne remettant pas en cause leur viabilité, de bénéficier d’un crédit pouvant aller jusqu’à 1,5 M DH au taux de 2 % l’an.

Quelle est la procédure mise en place pour ces nouveaux fonds ?

Le dossier de demande de crédit RENOVOTEL ou FORTEX est à transmettre par l’entreprise à sa banque qui agit en prescripteur. Une fois le projet agréé par l’établissement bancaire, il est transmis à la Caisse qui, dans le cadre du FORTEX ou du RENOVOTEL, accorde sa part de crédit au taux de 2 %, agissant ainsi pour le compte du Fonds Hassan II, et le cas échéant, sa garantie en couverture de la part bancaire dans le financement.

Le processus que vous venez d’exposer exprime une dualité nouvelle entre l’Etat et les banques pour l’aide et la promotion de l’investissement productif, essentiellement au niveau de la PME-PMI.
Confirmez-vous que cette donne récente est très attractive actuellement dans les milieux économiques ?

Il y a en effet, un engouement certain pour ces mécanismes de co-financement, notamment dans les centres d’affaires et d’activités les plus importants du pays, mais il reste à développer toute une action de promotion et d’information au niveau régional. On constate, avec un certain regret, que l’information n’est pas toujours disponible et ne circule pas assez.
Nous avons donc entamé à l’orée de 2003 des tournées régionales ciblant les cadres des banques afin de leur présenter nos mécanismes d’intervention et notamment les nouveaux fonds de co-financement et le fonds de garantie des prêts à la création de la jeune entreprise.
Ces séminaires régionaux, organisés en partenariat avec la Commission européenne, visent à consolider notre partenariat avec les banques et à renforcer la synergie qui existe entre le financement bancaire et les mécanismes de garantie afin d’appuyer le financement des entreprises.
Les garanties accordées par la CCG présentent pour les banques des avantages multiples et indéniables. En effet, comme je l’ai dit précédemment, l’intervention de la CCG est basée sur le principe du partage du risque avec les banques, ce qui leur permet de réduire leur sinistralité et d’améliorer leurs ratios prudentiels et partant, de favoriser le développement du volume de leurs crédits d’investissement et d’exportation.
L’encadrement des banques est conscient de cette nouvelle approche et des avantages qu’elle représente. Certaines banques ont donc systématisé cette démarche et répondent de plus en plus favorablement à la demande des opérateurs des PME-PMI qui présentent des projets.
Parmi les facteurs de succès que la CCG a prévu dans ses procédures, il convient de citer la rapidité et la souplesse permettant aux établissements bancaires de récupérer leurs créances en souffrance d’une manière beaucoup plus efficace que les voies de recours traditionnelles. À titre d’exemple, la procédure de réalisation d’une hypothèque est très longue alors que l’intervention de la CCG permet la mise en jeu des garanties dans un délai maximum de 30 jours dès la constatation du non-paiement par l’emprunteur et sans que la banque n’ait à supporter les frais des démarches judiciaires ou à courir le risque de dépréciation des biens nantis.

Quelles sont les banques qui participent le plus à cette démarche ?

Toutes les banques sont impliquées dans le nouveau partenariat pour le développement des crédits à l’investissement des PME-PMI, mais il est évident que certaines d’entre elles manifestent plus d’intérêt et d’implication que d’autres. Il s’agit surtout de celles dont la culture traduit en quelque sorte une relation historique et privilégiée avec les PME-PMI ou celles dont le management, s’inspirant d’expériences étrangères réussies dans ce domaine, veut en développer la pratique au Maroc.
Il reste à préciser que le processus de partenariat se développe plus facilement avec les banques qui accordent une large autonomie à leurs directions régionales.
 
Le co-financement est-il aujourd’hui en phase de demande croissante ?

Il y a incontestablement une hausse notable de la demande aussi bien de la garantie que du co-financement, notamment pour les prêts à la création de la jeune entreprise et pour le FORTEX et le RENOVOTEL. Mais je suis persuadé qu’un effort d’information et de vulgarisation de ces nouveaux produits aussi bien de la part des banques que des organismes de garantie permettra d’en développer davantage la demande.
En ce qui nous concerne, nous nous attelons à mener de nombreuses actions de communication pour promouvoir davantage tous ces dispositifs de financement mis en place en faveur des entreprises.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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