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Mohamed Soliman Abdel Salam, Président de l’Association des dépositaires centraux d’Afrique et du Moyen-Orient : L’AMEDA permet

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La Nouvelle Tribune : L’AMEDA, association des dépositaires d’Afrique et du Moyen-Orient, est jeune. À l’initiative de qui a-t-elle été créée ?
Mohamed Soliman Abdel Salam :
À partir d’un constat selon lequel les principales régions du globe avaient leurs propres associations de dépositaires, nous avons demandé au CSD, Centre des Dépositaires de Valeurs, à l’occasion de sa réunion biennale en 2005 à New York, le droit d’organiser notre propre association, couvrant le Moyen-Orient et l’Afrique et dont le siège se trouverait au Caire.
Dès 2003, avec les représentants des dépositaires centraux du Maroc, du Koweït et du Liban, nous avons noué des contacts préliminaires dans cet objectif. C’est en 2005, à New York que nous avons tenu la rencontre destinée à annoncer le lancement de l’AMEDA, comptant huit pays, mais sans la présence du Maroc puisque le représentant de Maroclear, qui devait y assister, avait dû y renoncer à la dernière minute pour des raisons de santé.
Mais à l’occasion de la réunion de fondation de l’AMEDA, au Caire donc, le Maroc était présent.

Quels sont les pays africains qui ont adhéré à l’AMEDA ?
Outre l’Egypte, le Maroc et la Tunisie, il y a, comme pays africains, le Nigeria, l’Ile Maurice, l’Afrique du Sud. Nous avons également eu la demande d’Israël d’adhérer à notre association, laquelle demande a été gelée pour des raisons politiques bien compréhensibles, de même que la demande palestinienne d’ailleurs.
Il y a donc actuellement 12 membres à l’AMEDA, mais cette réunion de Marrakech se déroule sans la présence du Liban.

Quels sont les objectifs de l’AMEDA?
Notre premier objectif est le renforcement de nos marchés respectifs par l’échange d’idées, d’expériences, mais aussi par la formation au profit de ceux qui ne disposent pas des outils les plus performants en tant que dépositaires centraux. L’AMEDA fonctionne donc comme un réseau, un network disons-nous dans notre jargon, destiné à développer les relations entre tous les dépositaires de la région.
Notre second objectif réside dans l’application de standards commerciaux tels qu’ils sont appliqués sur des marchés plus développés.
Et, dans une perspective plus lointaine, nous chercherons à nous réunir en un seul système de gestion et d’information des dépositaires centraux membres de l’AMEDA pour des transactions transnationales.
Ainsi, nous avons en Egypte plusieurs investisseurs marocains qui opèrent à la Bourse du Caire. Il serait plus indiqué que Maroclear se charge des opérations de transfert et de règlement, de façon tout à fait sûre et efficace à leur profit. Nous pouvons d’ores et déjà réalisé un certain nombre d’opérations dans ce but, mais la mise en réseau des dépositaires centraux de l’AMEDA, en termes de connections électroniques, n’est pas encore réalisée.
Aujourd’hui, nous en sommes encore à la mise en commun de nos expériences et de nos processus de développement en tant que dépositaires centraux. C’est ainsi qu’aujourd’hui, lors de cette rencontre de l’AMEDA à Marrakech, nous avons pu partager la nécessité du management du risque et c’est là l’un des exemples d’expériences que nous devons partager les uns avec les autres.

Quel est le degré de développement, en termes de niveau et de technicité, du dépositaire central égyptien ?
Sur ces critères, nous faisons objectivement partie des meilleurs, comme a pu le constater l’évaluation faite par la banque d’affaires JP Morgan Chase, qui a considéré que notre dépositaire disposait des "best practices", des meilleurs modes de fonctionnement de par le monde.
De même, une institution financière indépendante, Thomas Murray, a reconnu la très bonne qualité de nos procédures et pratiques, en nous octroyant un A pour le management du risque et le contrôle du risque du marché.
Mais il faut avoir à l’esprit que les évaluations portent à la fois sur le système de fonctionnement du dépositaire central et sur celui de paiement par les banques, ce qui n’est pas le " business " du dépositaire central égyptien. Cette situation est, d’ailleurs, valable pour tous les pays, où le paiement est effectué par les systèmes bancaires. De ce fait, les constats sont établis à la fois pour le problème de la sécurité des transactions et celui du paiement des transactions.
Actuellement, l’Egypte est en phase d’application d’un système, le RTGS, qui, dès juin 2006, sera mis en œuvre par la Banque Centrale égyptienne et qui vise à sécuriser encore plus fortement le système de paiement des transactions.

Quels sont les points faibles des dépositaires centraux membres de l’AMEDA ?
Il y a des niveaux différents d’ouverture des marchés au plan de la situation de chacun des membres de l’AMEDA. Par exemple, le marché égyptien est totalement ouvert et libre, les transactions peuvent s’opérer en devises étrangères et il n’y a pas de restrictions sur la nationalité des opérateurs. Une telle situation, bien évidemment, est à l’avantage du marché financier égyptien.
Pour la sécurisation de nos transactions à l’international, nous sommes membres de deux systèmes transnationaux de " clearing, "Euroclear et Clearstream", ce qui permet aux investisseurs étrangers d’avoir pleine satisfaction sur leurs transactions avec les marchés égyptiens.
Pour les délais de paiements, ils varient selon les dépositaires. Les uns sont en temps réel, d’autres à J+2, J+3, voire J+4.

L’actionnariat des dépositaires centraux de l’AMEDA diffère d’un pays à l’autre. La présence de l’Etat dans le capital des dépositaires a-t-elle une signification ?
Contrairement au Maroc, par exemple où des institutions publiques sont membres de Maroclear, en Egypte, le membership exclut totalement le public et l’Etat. Ce qui interdit toute décision de nature administrative ou politique. Au Koweït, le dépositaire central, comme la Bourse, d’ailleurs, sont la propriété de deux institutions privées. Au Liban, c’est la Banque centrale qui détient environ 70 % du dépositaire central. Mais, l’actionnaire public ne joue pas en la défaveur de l’évolution des dépositaires, il sert par contre à lui garantir un bon départ. 

N’est-il pas du devoir de l’AMEDA d’uniformiser le statut des dépositaires centraux au niveau régional ?
Cela serait très difficile, car une telle démarche relève de la législation et de la souveraineté propres des pays membres. L’AMEDA existe sur la base de considérations techniques, d’opérabilité entre les dépositaires, et il ne lui appartient pas de décider ce qui est bon ou mauvais pour chacun des dépositaires centraux qui y ont adhéré.

Ainsi, chaque dépositaire vit à son rythme et selon ses propres modalités ?
Effectivement, parce qu’il ne peut en être autrement, en raison des systèmes différents prévalant dans chaque pays membre, des politiques variées qui s’y appliquent, des régimes institutionnels, etc. Mais l’AMEDA, par sa variété de situations, sa multiplicité d’expérience, et sa valeur d’exemplarité, permet aux dépositaires centraux d’aller progressivement vers une plus grande intégration et une meilleure coordination. C’est là sa raison d’être.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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