A l’image du secteur du Bâtiment & Travaux public, tiré par une conjoncture sectorielle plutôt favorable, la Sonasid s’est très bien comportée affichant de bonnes performances et cela malgré un contexte national de plus en plus concurrentiel. Ainsi, au niveau commercial, la Sonasid a réalisé un chiffre d’affaires de 4 727,3 MDH en hausse de 13 % et ce dans un contexte de stabilisation des prix de vente en 2005. La société améliore ainsi sa part de marché local pour le rond à béton de 83 % à 84 % et réalise par la même occasion une percée significative sur l’international en exportant 50 000 tonnes en 2005 (5 % des ventes) sur les marchés algérien, mauritanien, sénégalais et guinéen. En volume, les ventes du sidérurgiste ont progressé de 8 %, alors que la croissance du marché national du rond à béton s’établit à 5 % (5,2 % pour le ciment). Afin de consolider sa position de leader sur le marché face au développement de la concurrence locale, la Sonasid a procédé à de profondes restructurations au niveau des activités commerciale, marketing et distribution pour tirer davantage de la vigueur du marché à un moment où la concurrence informelle baisse considérablement.
Parallèlement, le résultat d’exploitation s’est apprécié de 11 % à 810 MDH et le résultat net a bondi de 37 % pour ressortir à 596 MDH. Notons tout de même que l’exercice 2004 avait supporté une provision pour risques fonciers non récurrente. Avec ce bénéfice, le rendement des fonds propres (RoE) de la Sonasid s’établit à 31 %, soit l’un des meilleurs du marché.
Outre les bons résultats réalisés, l’exercice 2005 a été marqué par le démarrage réussi de l’aciérie de Jorf Lasfar. L’unité a produit durant les quatre derniers mois de l’année écoulée 45000 tonnes. Aujourd’hui, sa production est de 10 coulées par jour, soit la moitié de la capacité du site. Concernant les craintes manifestées par le management il y a deux ans de cela, on peut dire qu’elles se sont dissipées depuis. En effet, plus de 70 000 tonnes de ferraille ont été achetées sur le marché local au cours de ces cinq dernières années. La cadence des achats a été intensifiée et plus de 60000 tonnes de ferrailles ont été acquises au titre du premier trimestre 2006. Des liens de partenariats et de relations durables ont été tissés avec les fournisseurs locaux qui fourniront jusqu’à 50% des besoins de l’aciérie.
Un dividende de 90 dhs
Parallèlement, tout un dispositif visant à développer l’approvisionnement en ferraille sur le marché régional, notamment en Afrique de l’Ouest, est mis en place. A noter que la ferraille recyclée a permis à la Sonasid de réaliser des économies de l’ordre de 39 MDH en 2005. Pour 2006, les économies de coût résultant de l’utilisation de la ferraille sont estimées à plus 50 MDH.
Concernant les besoins énergétiques de l’aciérie, la Sonasid table désormais sur la mise en place prochaine d’un parc éolien de 10 MW qui lui permettra de réduire considérablement sa facture énergétique.
Sur un autre registre, et suite au projet de rapprochement envisagé avec Arcelor, une OPA sera lancée au profit des porteurs de titres Sonasid constituant le flottant à la Bourse de Casablanca, soit environ 30 % du capital de la société. Les porteurs qui le désirent céderont leurs titres selon les mêmes conditions (en termes de prix) qui ont prévalu lors de la cession par la SNI de ses actions à la nouvelle holding, Nouvelles Sidérurgies Industrielles. Revenant sur ce partenariat, M. Abdelouahab Ben Sari, PDG de la Sonasid, a souligné qu’“Arcelor est intéressé par un projet régional” et que “la croissance enregistrée dans les pays d’Afrique de l’Ouest est telle qu’il sera peut être envisageable d’implanter un laminoir dans cette région”.
In fine, le conseil d’administration, confiant en l’avenir, a décidé de proposer la distribution d’un dividende de 90 dirhams par action, ce qui correspond à un rendement de dividende brut de 8,3 % et à un taux de distribution de 58,90
Moussa Diop