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Assurances : La gestion actif/passif au menu des assureurs

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Les différentes techniques de gestion actif/passif (Asset liability Management –ALM- en anglais) en assurance-vie et non vie et de retraite ont fait l’objet d’un séminaire organisé par la SCR en collaboration avec l’OAA. Cette rencontre vient à point nommé. En effet, sous l’effet de l’intensification de la concurrence entre les systèmes d’épargne, de la baisse des taux d’intérêt, de la volatilité très élevée observée au cours de ces dernières années sur les marchés boursiers, l’évolution des normes comptables et règlementaires…, la place de la gestion actif/passif s’est fortement renforcée.   M. Ahmed Zinoun, Administrateur Délégué de la SCR a ainsi souligné que dans un environnement de plus en plus complexe et difficile, la gestion des risques est devenu une préoccupation majeure pour les institutions financières, notamment les compagnies d’assurances et les caisses de retraite», avant d’ajouter que «dans ce cadre, la démarche appelée «gestion Actif/Passif est devenu un outil incontournable de maitrise des risques». Outil incontournable, son contenu, son rôle et ses perspectives d’application ont été décortiqués par les différents experts qui ont intervenu lors de ce séminaire. Intervenant sur le thème: “Quel est le contexte de la gestion actif/passif dans les compagnies d’assurance et les caisses de retraite”, M. Zouhaïr El Alaoui, Président d’Actuaris Consulting, est revenu longuement sur la problématique de la gestion actif/passif, les étapes de la gestion prospective et le rôle joué par cette technique dans l’allocation stratégique d’actifs. Concernant les problématiques de la gestion actif/passif, M. Zouhaïr, souligne, d’une part, l’analyse des engagements d’une compagnie d’assurance induits par son activité commerciale et ses résultats techniques pour identifier sa sensibilité à l’ensemble des risques (financiers, viagers, rachats, macroéconomiques, tarifaires, etc.), et, d’autre part, suivre les comptes d’actifs et de passif de la compagnie dans le cadre de la gestion globale du bilan et ce dans l’optique de définir la stratégie financière la plus adaptée. Face à cette problématique, les compagnies d’assurance, dans le cadre de cette gestion actif/passif, utilisent un ensemble de techniques leur permettant de projeter et de piloter dans le temps les risques de liquidité, de marché, de l’allongement de la durée de vie inscrits dans le bilan. Concrètement, la gestion actif/passif est un outil essentiel à la disposition des tops managements des compagnies d’assurance visant à mesurer l’adéquation entre les risques encourus, d’une part, et la rentabilité et le niveau des fonds propres, d’autre part.

Deux approches

Ainsi, cette technique repose avant tout sur la modélisation de l’interaction entre les principaux postes du bilan pour projeter les comptes de résultats sous différentes hypothèses techniques et financières. Selon M.Zouhaïr, pour être pertinente, “cette modélisation doit s’inscrire dans le cadre du référentiel comptable et règlementaire applicable”. Cette donne rend cette modélisation plus complexe. Globalement, deux modèles coexistent: l’approche dite “déterministe” et la modélisation “stochastique”. L’approche “déterministe” est fondée sur la simulation d’un nombre limité de scénarios de références et sur un pilotage dynamique du bilan, alors que l’approche “stochastique” des variables financiers consiste à projeter de manière aléatoire un très grand nombre de scénarios de taux d’intérêt nominaux, d’inflation, d’évolution des cours des actions ou de la valeur des biens immobiliers. Ainsi, cette seconde approche permet de mieux prendre en compte la volatilité des marchés de capitaux et permet d’analyser plus finement la distribution des résultats obtenus.  Intervenant sur le thème : “Identifier les contraintes de la gestion actif/passif”, M. Hervé Douard, Président d’Altia Paris, tout en partant des cas pratiques du marché français a souligné que les deux approches ne sont pas antagoniques mais que “l’approche stochastique complète désormais l’approche classique”.
Les deux intervenants ont également souligné le lien entre la gestion actif/passif et l’allocation stratégique d’actifs. Il en ressort que si l’allocation d’actif doit être appréciée en fonction d’un horizon de projection à long terme cohérent avec les objectifs de gestion d’un régime de retraite, les intervenants soulignent aussi que l’allocation définitive est obligatoirement dictée par les contraintes comptables ou règlementaires à court terme. Ainsi, Au Maroc, “le code des assurances règlemente les placements, le calcul des réserves techniques (PREET, PAF)”, fait remarquer le Président d’Actuaris Consulting.         

Moussa Diop



 

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