La conjoncture sectorielle difficile marquée notamment par les conditions climatiques rigoureuses ayant entraîné des dommages dans les cultures sucrières et la forte hausse des prix d’achat des matières énergétiques n’a pas été sans effet dans les résultats de Cosumar même si celle-ci a montré de fortes capacités de résistance. Sachant qu’environ 46 % de la production nationale du sucre reposent sur la production locale des plantes sucrières, les conditions climatiques ont entraîné une chute de la production globale du Groupe Cosumar de 360 270 tonnes en 2004 à 318 234 tonnes en 2005, soit une baisse de 11,7 %. Toutefois, ce recul n’a eu qu’un impact faible sur le volume des ventes de sucre. Du coup, et en tenant compte du changement de périmètre du Groupe suite à l’intégration des sucreries ex publiques acquises en 2005 par Cosumar -Suta, Surac, Sunabel et Sucrafor-, le chiffre d’affaires consolidé à périmètre comparable affiche une légère hausse de 0,8 % à 4 725,9 MDH. Par contre, le résultat d’exploitation a baissé fortement de -28,3 % à 439,8 MDH. Cette forte contraction résulte essentiellement des contre-performances enregistrées par les filiales ayant été fortement affectées par les effets du gel sur le volume de production. Le résultat financier consolidé s’est alourdi de 30 MDH, du fait notamment du recours de Cosumar S.A à l’endettement bancaire pour un montant de 700 MDH en 2005 pour compléter le financement de l’extension de l’usine de Sidi Bennour et l’acquisition des sucreries ex-publiques. Partant, le résultat net consolidé et le résultat net part du groupe ressortent respectivement à 81,1 MDH (contre 356,1 MDH en 2004) et 93,3 MDH (contre 350,6 MDH en 2004). Ces baisses résultent essentiellement de la diminution du résultat courant consolidé de -33 % à 416,2 MDH et de la prise en charge du coût de rationalisation des effectifs.
Dividende de 40 dirhams
Concernant les comptes sociaux de Cosumar S.A, on signalera la hausse du chiffre d’affaires de 3 % à 3 254,8 MDH suite à l’amélioration du volume des ventes. Le résultat d’exploitation a légèrement baissé de -1,4 % à 406,7 MDH. Le renchérissement du fuel est à l’origine de ce repli qui a été atténué par l’amélioration de la productivité et la hausse des volumes vendus. Le résultat courant a chuté de 7,5 % à 421,5MDH suite à l’augmentation de la charge financière liée aux importants investissements réalisés en 2005 et qui se chiffrent à 1 780 MDH, dont 1 367 MDH ont servi à l’acquisition des quatre sucreries ex publiques. In fine, le résultat net de Cosumar S.A s’établit à 245MDH en léger repli de -1,1%. Conciliant le souci de rétribuer convenablement les actionnaires avec les objectifs de développement du nouveau Groupe, les administrateurs ont proposé la distribution d’un dividende de 40 dirhams par action, correspondant à un rendement brut de 4%.
Concernant 2006, l’exercice sera marqué par un certain nombre d’évènements majeurs. D’une part, le Groupe compte finaliser l’extension de la raffinerie de Sidi Bennour et de porter sa capacité de traitement à 15 000 tb/j dès cette année. D’autre part, le Groupe table sur la poursuite de la modernisation de l’outil industriel existant pour améliorer la productivité. Enfin, le Groupe s’est attelé à la mise en place d’un projet d’intégration et de développement des sucreries acquises en 2005. Dénommé “Indimage 2012”, ce projet pluriannuel de développement vise la mise à niveau et l’amélioration de la rentabilité des sucreries du Groupe Cosumar afin que celles-ci puissent toutes répondre aux standards internationaux. Dans ce cadre, il est prévu, entre autres: la création d’un partenariat gagnant-gagnant entre le Groupe Cosumar et ses partenaires, la modernisation des unités acquises et l’augmentation de leur capacité de production, l’amélioration des processus métiers et de gestion, la généralisation des pratiques de bonne gouvernance, la prise en compte de la satisfaction des clients, etc. Dans le cadre de ce programme, “plusieurs synergies ont été identifies et ont conduit à la mise en place de 18 chantiers d’intégration et de développement couvrant les principaux champs d’activités”, fait remarquer M. Mohammed Fikrat, Président Directeur Général de la Cosumar. Ainsi, des gains de synergies tant sur le plan commercial qu’achats sont attendus dès cette année.
In fine, le plan “Indimage 2012” devrait permettre à terme, de préserver la pérennité des cultures sucrières nationales, de sécuriser l’approvisionnement naturel en sucre à des conditions de prix acceptables, d’assurer un développement compétitif de la filière sucrière et de permettre au Groupe Cosumar de consolider sa position de leader sur le marché domestique en accroissant de manière significative le taux de couverture des besoins du pays en sucre.
Moussa Diop