| | Articles » Finance | | Rencontre annuelle de M. Jouahri avec la presse : Bank Al-Maghrib, indépendante, travaille à conforter l’ouverture de l’économie |
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Mais, comme si bien dit par M. Jouahri, sa politique reste liée à l’environnement socio-économique du pays qu’il inscrit dans une dynamique évolutive, favorable à une meilleure conjoncture économique. Revenant sur la maîtrise des grands équilibres macroéconomiques d’une année à l’autre, le Wali fait ainsi plusieurs constats. Celui de l’inflation qui s’est fixée en 2005 à 1 % contre 1,5 % l’année précédente, de l’excédent du compte courant de la balance des paiements grâce aux réserves de change, lesquelles ont atteint 165 milliards de dirhams en 2005, soit 11 mois d’importations, du financement du déficit budgétaire sans pression à la hausse sur les taux d’intérêt, de la poursuite des réformes structurelles de la gouvernance du secteur public. M. Jouahri évoque encore de l’accélération de l’investissement public et le rôle très important du Fonds Hassan II, dynamique de l’INDH et la volonté de créer, à moyen terme, une classe moyenne solide dans notre pays. En un mot, le gouverneur de l’institut d’émission considère que l’environnement de l’investissement s’est beaucoup amélioré et ne cessera de l’être. Que fait donc Bank Al-Maghrib dans cet environnement qui s’ouvre de plus en plus au monde à travers des accords de partenariat et de Libre Échange qui se multiplient (USA, UE, Turquie, pays du pourtour méditerranéen) ? La première réponse, un peu triomphale, est certainement la publication rapide, le 20 février dernier, au Bulletin Officiel des textes de lois relatifs au nouveau statut d’indépendance de la Banque Centrale et à la nouvelle loi bancaire. En effet, désormais BAM est indépendante, ce qui signifie qu’elle n’a plus de compte à rendre au Ministre des Finances et, à travers lui, au gouvernement. C’est le Conseil de la Banque, où il n’y a pas de représentant du pouvoir exécutif, qui définit la politique monétaire et ses instruments, en toute indépendance. Cette nouvelle donne n’empêche pas M. Jouahri de réitérer son engagement premier, celui de la maîtrise de l’inflation pour stabiliser les prix, favoriser la croissance et la création d’emplois. Ce faisant d’ailleurs, Bank Al-Maghrib développe une démarche similaire à celle de la Banque Centrale Européenne, à la différence de son homologue américaine, la Federal Reserve, la fameuse FED, qui a comme seconde priorité le soutien de la politique économique du pays. La "sanction" de la Banque du Maroc, ou plutôt son obligation, dans cette perspective, c’est qu’elle doit asseoir sa crédibilité en communiquant de mieux en mieux à travers la presse, mais également avec les opérateurs du secteur financier qu’elle supervise et, à un niveau plus global, avec les entreprises. Elle doit, en fait, assurer une réelle présence de place. BAM, d’ailleurs, s’est préparée, depuis l’arrivée de M. Jouahri, à ce nouveau statut en affinant ses instruments d’analyse pour suivre la conjoncture au plus près et y adapter sa politique monétaire. D’autre part, M. Jouahri insiste sur le fait que sa politique monétaire doit être " transmise " par les banques à tous leurs clients et tout particulièrement aux PME qui ne bénéficient pas toujours de crédits à des taux raisonnables. À ce titre, BAM exigera de plus en plus des banques d’appliquer un scoring à ses clients pour justifier la prime de risque qui renchérit le taux qui leur est appliqué. Par ailleurs, le Wali reconnaît que le Maroc s’ouvre et que le régime des changes doit évoluer vers un système plus flexible compte tenu de l’appel captif qu’il exerce sur les capitaux étrangers, volatiles par essence. C’est là une nouvelle position qu’il peut afficher en toute indépendance…Et pour cause ! En ce qui concerne la nouvelle loi bancaire, elle élargit le pouvoir de Bank Al-Maghrib à la supervision de la CDG, des caisses de garantie, du microcrédit, mais, surtout, installe les règles de protection du système bancaire dans son ensemble, afin de le protéger d’éventuelles crises financières et d’amener sa mise à niveau dans le respect des règles de Bâle II qui entreront en vigueur dès 2007. M. Jouahri, qui en a préparé l’entrée en vigueur avec le GPBM, estime d’ailleurs que les banques sont déjà prêtes pour l’application de ces nouvelles règles. Il considère, par exemple, que les banques commerciales devraient publier les conditions des prestations offertes à la clientèle et s’y tenir car il n’est pas question pour le Wali de la Banque centrale que celles-ci facturent des commissions sur les mouvements de comptes si les comptes courant ne sont pas rémunérés. Et, compte tenu des résultats importants que la plupart ont réalisé en 2005, M. Jouahri leur conseille de provisionner pour les besoins de Bâle II, d’autant qu’une discussion très avancée entre le Gouverneur et le Directeur des Impôts présage d’une acceptation définitive par le Fisc des règles prudentielles imposées aux banques et des provisions qui en découlent. C’est donc pour remplir ces missions, nouvelles et anciennes que Bank Al-Maghrib a mis en place un premier plan stratégique, 2005-2007, et prépare déjà celui de 2007-2009, avec l’objectif affirmé (et réalisable, bien sûr), de participer effectivement et efficacement à la mise au diapason du Maroc pour son ouverture totale à l’économie mondiale. Afifa Dassouli
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