Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
Entretien avec Mme Fathia Bennis, Directeur général de Maroclear : Maroclear, un exemple pour les dépositaires africains

Auteur :

La Nouvelle Tribune : Mme Bennis, vous dirigez Maroclear depuis huit mois. À quoi vous êtes-vous attelée depuis votre arrivée ?
Mme Bennis :
Tout d’abord, j’ai veillé avec mes équipes à concrétiser les projets annoncés lors du Conseil d’Administration de Maroclear de mai 2005 tel que le système de cryptage et l’extranet. En effet, plusieurs évolutions ont été apportées à notre infrastructure technique afin de renforcer sa fiabilité opérationnelle, d’améliorer la sécurité et de soutenir la croissance de l’activité. Il s’agit tout particulièrement du cryptage des données échangées avec l’ensemble des partenaires, et de l’amélioration des services en offrant des fonctionnalités additionnelles à travers le déploiement de nouvelles interfaces.
Le changement du système d’information qui s’impose est aussi l’occasion de développer Maroclear en  le dotant d’un système qui réponde aux nouvelles exigences du marché en termes d’informations et de fonctionnalités. Notamment pour répondre à la mise en place prochaine par Bank Al-Maghrib du RTGS (Real Time Gros Settlement). En outre, la Bourse de Casablanca se prépare quant à elle, à introduire les produits dérivés, et Maroclear devra s'y préparer.
Par ailleurs, le Maroc est sollicité par d’autres pays de la région notamment d’Afrique Centrale pour leur apporter son expertise. Pour toutes ces raisons donc, Maroclear profitant de la fin du contrat avec Euroclear, devrait acquérir  un système d’information qui réponde à toutes ces nouvelles exigences.

Où en êtes-vous donc de la quête d’un nouveau système d'information ?
Maroclear a pris attache avec Tata, un très gros opérateur mondial indien en matériels informatiques et qui est le plus sollicité actuellement par les marchés financiers.
Il vient de fournir la place américaine, celle de Dubaï, du Koweït, de Montréal. Le groupe Tata a donc déjà fait ses preuves. Nous les rencontrons bientôt et espérons nous constituer en pôle avec la Tunisie et l'Afrique Centrale dont le dépositaire sera installé au Gabon, pour négocier le coût du nouveau système que nous voulons acquérir.

Les délais de bascule d’un système à l’autre sont-ils déjà fixés ?
L’étude et les négociations avec TATA se feront en 2006 pour que la mise en place se fasse à partir de 2007. Le nouveau système d’information apportera plus de sécurité et de réactivité à la place casablancaise.

Comment comptez-vous financer ce gros projet, sachant que le Trésor français avait pris en charge le précédent ?
Il s’agit d’un investissement qui sera probablement couvert par nos réserves qui sont constituées dans le but d'améliorer le service rendu à la place de Casablanca.
Le nouveau système nous permettra, entre autres, d'identifier les opérations de " repo " c'est à dire de différencier la vente d’un titre ferme de celle qui est conditionnée par un rachat à une date ultérieure à un prix déterminé par avance.

Pouvez-vous nous rappeler, à cette occasion, quelle est la finalité d’un dépositaire central?
Il y a près de dix ans que les valeurs mobilières marocaines ont cessé d'être des titres matérialisés, circulant de main en main pour être regroupés chez un dépositaire central, MAROCLEAR, responsable de leur inscription en comptes courants. La réforme est importante car elle pose un principe, celui de l'inscription en compte et une technique, celle de comptes courants des titres.
Pour les entreprises cotées en bourse, la procédure facilite la gestion des comptes, l'identification des actionnaires, les opérations en capital, tout en améliorant la sécurité des émissions. Aux investisseurs, elle apporte une transparence et surtout une sécurité optimale.
Il y a lieu de rappeler que MAROCLEAR est au cœur des activités sur titres au Maroc. MAROCLEAR est à la fois dépositaire central des valeurs mobilières et la centrale des règlements / livraisons des transactions. Son savoir-faire et sa technologie sont au service de l'ensemble des acteurs du marché financier.
Il centralise et sécurise la conservation de leurs avoirs en titres, gère leurs flux de titres en dénouant leurs transactions selon des délais normalisés, et administre leurs comptes en centralisant les opérations initiées par les émetteurs.
Ainsi, MAROCLEAR garantit la sécurité optimale aux transactions, accélère les traitements et contribue à faire de la place de Casablanca une place financière efficace.

Quels sont les acquis depuis le démarrage des activités de MAROCLEAR ?
Dans le cadre de l’exercice des missions qui lui sont dévolues, MAROCLEAR a progressivement étoffé son offre de services tout en s'attachant à améliorer constamment la qualité des prestations fournies aux intervenants du marché. Rétrospectivement, les principales réalisations ont été:
• l’admission aux opérations de MAROCLEAR de toutes les valeurs éligibles à la dématérialisation (valeurs cotées, BDT, TCN et OPCVM),
• l’achèvement total de la dématérialisation avec, comme étape ultime, la destruction des titres immobilisés,
• la mise en place de systèmes de règlement contre livraison, aussi bien pour le marché de gré à gré que pour la filière bourse,
• l’automatisation des échanges avec l’ensemble des partenaires,
• la décentralisation des principaux services au niveau des intervenants,

Quel en a été l’impact sur le fonctionnement du marché ?
Grâce à ces réalisations, le fonctionnement actuel du marché tranche radicalement avec les pratiques du passé et se caractérise désormais par une gestion efficace et intégrée des opérations, une sécurité accrue et une meilleure conformité aux standards internationaux.
Ces avancées ont d’autant été  les bienvenues que le marché a connu ces dernières années, une dynamique sans précédent.  Nous sommes le back office du marché boursier et du marché de la dette, et sommes derrière leur développement aussi bien en termes de nombre de transactions qu’en termes de montants négociés.

Outre les activités classiques d’un Dépositaire central, MAROCLEAR intervient-il dans d’autres domaines ?
Oui, MAROCLEAR tient également à affirmer sa présence à travers d’autres initiatives. On peut par exemple citer à cet égard:
• la création d’un musée des titres,
• un projet de partenariat avec le Gabon,
• l’organisation au Maroc de la prochaine réunion de l’AMEDA ( Africa and Middle East Depositories Association) avec comme objectifs de promouvoir les échanges sur des sujets techniques et financiers dans les domaines d’intérêt commun aux membres.

En conclusion ?
MAROCLEAR a vécu avec l’ensemble de ses partenaires beaucoup d’évolutions, qui ont progressivement transformé les métiers liés aux valeurs mobilières et ont abouti à ce que la place de Casablanca devienne mieux organisée et plus attractive pour les investisseurs nationaux et internationaux.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com