Il s’agit d’une obligation de transparence de chiffres qui permet au niveau mondial, de prévoir les crises financières. En effet, depuis les crises qui ont ébranlé tous les systèmes financiers à partir des chocs qui avaient touché la Russie, certains dragons d’Asie et les économies d’Amérique latine durant la décennie 90, le Fonds Monétaire International a cherché à mettre en place une démarche permettant de donner de la visibilité à l’échelle mondiale. Cela, afin que les institutions financières concernées, les opérateurs et les décideurs aient une idée sur les flux de marchandises, de services ou de capitaux à l’échelle planétaire dans l’objectif de prévenir de telles situations de crises. Le FMI insiste sur l’institutionnalisation des données recueillies au titre de cette norme.
Depuis la souscription à cette obligation par le Ministre des Finances, deux normes de publication de données ont été mises en place au Maroc, la norme générale et la norme spéciale.
La première comporte les obligations prévues par les statuts du FMI, relevant de l’Article IV, selon lesquelles chaque Etat membre doit produire un certain nombre de données macroéconomiques : balance commerciale, balance des paiements, dette extérieure, déficit budgétaire Etc .. La seconde, la norme spéciale, est une norme plus rigoureuse qui se décline en deux obligations. L’une est méthodologique et il est impératif de s’y conformer en produisant les données selon une méthode bien déterminée. L’autre impose un échéancier de diffusion des données. Cette contrainte d’élaboration et de publication de statistiques concerne les quatre principaux champs d’activité de toute l’économie : le secteur extérieur géré par l’Office des Changes, le secteur monétaire sous l’égide de l’Institut d’Émission, le secteur financier dans son ensemble dépendant du Ministère des Finances et le secteur réel qui implique la Direction de la Statistique et le Haut commissariat au Plan. Il faut rappeler que ces quatre producteurs de statistiques à l’échelle nationale ont travaillé d’arrache-pied depuis 1998, date de la venue au Maroc de la première mission du FMI pour auditer nos systèmes statistiques et nos méthodologies afin de préparer l’adhésion du Maroc à cette norme spéciale.
L’observation de cette norme dite spéciale, permet d’améliorer donc grandement la transparence de l’Etat tout particulièrement vis-à-vis de l’extérieur, pour que sa signature soit appréciée sur les marchés internationaux, et pour améliorer l’accès des opérateurs privés au système financier international et intéresse ainsi essentiellement les institutions internationales, les investisseurs étrangers, les bailleurs de fonds mondiaux. C’est ainsi que le stock actuel de la dette privée en constante évolution a atteint 27 milliards de dirhams, prouvant que les entreprises privées marocaines se financent de façon croissante sur le marché financier international, du fait de l’attractivité des taux d’intérêt pratiqués sur ce marché.
Un calendrier est fixé aux producteurs de données statistiques dans les champs évoqués. Ainsi, pour chaque donnée, il y a un délai de diffusion. L’office des Changes est tenu de publier quatre séries de données, mensuelles trimestrielles et annuelles relatives. A la fin de chaque mois celles relatives au commerce extérieur et transferts de devises des MRE et investissements étrangers nous intéressent tout particulièrement. Parmi ces derniers on distingue les fonds d’investissements étrangers au nombre de quarante, qui sont domiciliés auprès de banques marocaines et qui pour le mois de janvier 2006 ont transféré 221,6 millions de dirhams dans la devise dollar. Le CDVM pour sa part, publie le détail des informations publiés par l’office des changes. En effet, dans le cadre du même engagement pris par le Maroc de son adhésion aux normes spéciales de diffusion de données telles qu’elles sont établies par le Fonds Monétaire International, notamment sur les titres détenus par les étrangers et les résidents marocains à l’étranger, depuis mai 2002, le CDVM assure un suivi régulier des données contenues dans les fichiers trimestriels reçus des opérateurs. Le traitement et la consolidation de ces données par le CDVM a permis la diffusion des premiers résultats sur la situation de l’investissement en actions cotées à la Bourse de Casablanca, au 31 décembre 2002. L’analyse du CDVM intègre par exemple la distinction entre les participations stratégiques et les placements de portefeuille ainsi que l’évaluation et la consolidation de l’investissement étranger en titres d’OPCVM. De même que le pourcentage dans la capitalisation boursière de la part des investissements en bourse des étrangers et des MRE, qu’elle soit conservée auprès d’établissements dépositaires marocains ou étrangers, ou encore le nombre d’investisseurs étrangers et marocains résidant à l’étranger et leur nationalité.
Afifa Dassouli