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Une reprise qui reste à consolider Bourse de Casablanca

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Avec la publication des résultats, le marché boursier a repris un trend haussier qui prend de plus en plus les allures d'une reprise tant attendue par tous les intervenants au niveau de la corbeille casablancaise. Après plus de quatre années et demie de baisse, beaucoup pensent qu'il est temps que la place casablancaise se reprenne pour jouer son véritable rôle de levier financier de l'économie nationale.
En tout cas, durant tout le mois d'avril, le marché n'a cessé d'accumuler des performances positives qui ont tiré les principaux indicateurs de la place à la hausse. L'indice du marché signe une progression annuelle de +9,72 %, à 3 270,06 points, et le baromètre des valeurs les plus liquides progresse de +7,12 %, à 2 691,71 points.
La capitalisation boursière de la place en a tiré profit pour s'établir à 96 milliards de dirhams. 
Derrière ces performances, plusieurs explications sont fournies par les analystes de la place. Pour certains, il est encore très tôt de parler d'une reprise effective du marché casablancais. Outre la faiblesse des volumes de transactions, le rebond technique enregistré par le marché serait essentiellement le fait des spéculateurs qui essayent de tirer profit des décotes que présentent certains titres cotés, sévèrement chahutés au cours de l'exercice 2002, comme la Samir, Afriquia Gaz, Managem, etc, et/ou qui ont réalisé de bons résultats annuels -Centrale Laitière, Crédor, Sonasid-, anticipant ainsi le rebond de leurs titres au niveau du marché. La ruée des spéculateurs sur ces titres peut ainsi justifier la hausse remarquable de certains titres depuis le début de l'année : Samir (+47,85 %), Afriquia Gaz (+22,75 %), Sonasid (22,75 %), Crédor (+20 %), etc. D'ailleurs, l'évolution favorable des indices du marché reste grosso modo liée aux performances de trois secteurs d'activités: Pétrole & Gaz, Agroalimentaire et Bâtiments & matériaux de construction. Avec des performances sectorielles respectives de +47,18 %, +22,06 % et +18,58 %, ces secteurs ont fortement contribué à la progression des indices du marché. En effet, certains titres présentaient des décotes très significatives et constituaient en conséquence de bons investissements. Ainsi, ceux qui ont acheté le titre Samir à la clôture de l'exercice 2002 à 219 dirhams l'action ont réalisé des gains appréciables de plus de 100 dirhams par action en l'espace de 4 mois.

De faibles volumes

La faiblesse des volumes ayant transité au niveau de la cote confirme la prédominance de spéculateurs très actifs. Pour les quatre premiers mois de l'année en cours, les échanges cumulés des marchés actions et blocs n'ont généré qu'un chiffre d'affaires d'environ 4 milliards de dirhams. Le marché central action a drainé seulement 45 % de ce volume, ce qui correspond à un volume quotidien moyen d'un peu plus de 22 MDH. Ce qui reste très faible pour un marché dit émergent.   
Tout en accordant un certain crédit au rôle des spéculateurs dans ce mouvement haussier du marché, d'autres pensent au contraire que la Bourse de Casablanca amorce un mouvement de reprise réelle. Plusieurs facteurs justifieraient le rebond et la consolidation de la reprise pour les mois à venir. D'une part, la longue crise du marché s'est traduite par une correction sévère ramenant certains cours à des niveaux acceptables après l'envolée spectaculaire qui a suivi la reforme du marché boursier de 1993. Avec un PER qui tourne autour de 10 fois les bénéfices du marché, les valeurs sont devenues plus attrayantes pour les investisseurs. D'autre part, l'effet des résultats annuels n'est pas à négliger. En dépit des craintes, globalement, les sociétés cotées se sont globalement bien comportées en 2002. La chute d'environ 40 % du résultat net 2002 du marché par rapport à celui de 2001 s'expliquant essentiellement par les importantes provisions faites par certaines entreprises cotées, particulièrement les banques qui cherchent à se conformer aux exigences de Bank Al-Maghrib. Si l'opération vérité des comptes a amoindri fortement les bénéfices des sociétés cotées, elle augure tout de même une ère de plus de transparence au niveau des comptes, ce qui n'est pas négligeable pour un marché émergent. A ce titre, on peut ajouter qu'en dépit d'ailleurs de la forte baisse des bénéfices, le marché compte distribuer plus de 4 milliards de dirhams sous forme de dividendes. Avec un taux de rendement de plus de 4%, le placement boursier reste l'un des meilleurs de la place pour nombre d'investisseurs avertis, car il est également le plus risqué.
De nouveaux produits
Par ailleurs, bien que la Bourse de Casablanca soit déconnectée des autres places internationales, il n'empêche qu'elle ne pouvait pas être insensible à l'impact de la guerre du Golf sur l'activité économique nationale. La fin rapide de la guerre se traduisant par un repli rapide des cours du pétrole et partant un allégement certain de la facture pétrolière pour le reste de l'année, ne pouvait qu'avoir un impact psychologique certain sur l'économie nationale, et en conséquence sur la Bourse. En outre, la programmation en 2003 de l'ouverture du capital de certaines grandes entreprises, telles la Régie des Tabacs et la Banque Centrale Populaire (BCP), ne manquerait pas de susciter un regain d'intérêt pour la Bourse. Enfin, la bonne année agricole 2002/2003 permettra de consolider la reprise de l'activité économique.
Seulement, si tous les facteurs semblent ligués pour une reprise du marché boursier, celle-ci ne peut être effective que si les autorités traduisent leurs promesses de redynamisation du marché casablancais en actes concrets. Outre l'amélioration de la transparence du marché qui passera par une plus grande indépendance de l'autorité de régulation, le CDVM, les autorités de tutelle doivent favoriser la mise en place de nouveaux produits d'épargne longue durée incitatifs fiscalement (Plan d'épargne en actions, Plan d'épargne salariale, produits dérivés, etc) pour drainer davantage de capitaux vers le marché boursier. Cela permettra non seulement de favoriser l'investissement productif source de croissance économique et de création d'emplois, mais également tirer la place casablancaise et par ricochet les secteurs très dépendants des placements boursiers, comme les compagnies d'assurance.                     

Moussa Diop



 

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