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Malgré les réticences de RAM : L’open sky avec l’Europe paraphé à Marrakech

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Cet accord, comme amplement expliqué dans notre précédente édition, (cf. LNT n°477) permet à toute compagnie européenne d’opérer dans le ciel marocain, à partir de n’importe quel point de l’espace communautaire européen, sans autre condition et restriction que le respect des règlements et normes imposés par la Commission de Bruxelles et l’agrément des autorités marocaines, en direction de tout point de notre territoire. Il permet, bien sûr, la réciproque pour les compagnies aériennes immatriculées au Maroc qui, comme leurs homologues, jouiront également de la cinquième liberté, celle de charger, dans une liaison à plusieurs destinations, des passagers vers toute destination finale située dans l’Europe des 25, comme par exemple, de Casablanca à Rome avec escale (et donc embarquement de passagers) à Madrid.
On l’aura donc aisément compris, l’ancrage à l’Europe, dans le domaine du transport aérien, qui était une demande ancienne de RAM, ( puisqu’elle avait été officiellement formulée alors que la compagnie nationale était dirigée par M. Mohamed Hassad), est désormais réalité, ce qui devrait avoir pour effet d’attirer vers notre pays, des transporteurs aériens du type low cost, tel Ryanair, le seul des opérateurs à bas prix à avoir exprimé à ce jour un réel intérêt pour la desserte de certaines destinations marocaines. Pour M. Ghallab, qui met beaucoup de conviction dans l’explication d’un dossier fort complexe et qui se défend de vouloir "tuer" la compagnie nationale en la soumettant à une concurrence "sauvage", l’open sky est la condition sine qua non de la réussite du défi de Maroc 2010, c’est-à-dire la gageure d’attirer 10 millions de touristes par an sur nos différents sites. Si, jusqu’à présent, les accords bilatéraux marqués d’ailleurs au sceau du libéralisme, avaient permis d’impliquer plusieurs compagnies charters (Globalia, Corsair, Air Horizons, Air Azur, mais aussi notre Atlas Blue nationale) dans les dessertes point à point et induit le développement conséquent du tourisme, (plus de cinq millions de visiteurs et MRE en 2005), il reste à reconnaître que seule la multi latéralité et la dérégulation peuvent permettre aux compagnies n’opérant pas dans le cadre de packages proposés par des tours opérateurs européens de s’intéresser à notre pays. Expliquant qu’il sera nécessaire de transporter quinze millions de passagers à l’horizon 2010 pour atteindre l’objectif de dix millions de touristes, M. Ghallab estime qu’un tel pari suppose un parc aérien de 60 avions supplémentaires, objectif que la RAM et le Royaume ne peuvent atteindre seuls du fait du coût des appareils. Par contre, il souligne que les tarifs pratiqués par des aéroports comme Casablanca, hub de RAM avant tout, seront dissuasifs par des low cost comme Ryanair et autres Easy Jet qui, à l’image de Beauvais, Strasbourg ou Charleroi, privilégient les aéroports de provinces, moins coûteux et, partant, moins attractifs pour des compagnies aériennes régulières comme RAM ou Air France.
En outre, alors que le secteur aérien se caractérise par une réelle fragilité, que nombre d’opérateurs ont déclaré faillite en Europe ou aux Etats-Unis, notre ministre des Transports estime que les compagnies étrangères ne se risqueront pas à opérer sur le Maroc à n’importe quelle condition, ce qui devrait, objectivement, permettre à RAM de conserver une place privilégiée sur bien des destinations.
La compagnie aérienne nationale, qui, comme l’exprime une déclaration de son PDG, M. Mohamed Berrada, à l’Agence MAP, semble visiblement faire "contre mauvaise fortune, bon cœur", devra donc trouver désormais les moyens d’une réactivité et d’une adaptation qu’elle a d’ailleurs déjà réalisées lors du lancement réussi d’Atlas Blue. Pour M. Berrada, qui met néanmoins en garde les pouvoirs publics contre la tentation d’accepter des opérateurs peu sérieux (tel Air Horizons par exemple qui a récemment fait faillite en "plombant" plusieurs partenaires locaux, dont l’ONDA et RAM Catering), "il est important que l’accord soit appliqué dans l’esprit avec lequel il a été élaboré, c’est-à-dire avec le respect des principes d’équilibre, d’équité et de réciprocité et qu’il puisse prévenir toute distorsion de la concurrence qui pourrait provenir de compagnies européennes utilisant des pratiques de concurrence déloyale qui pourraient nuire aux intérêts de l’industrie marocaine du transport aérien".
Et le communiqué de RAM de conclure : "Soyez assurés que Royal Air Maroc mobilisera toutes ses ressources pour s’adapter aux changements majeurs de son nouvel environnement concurrentiel que l’accord avec l’Union européenne va générer". Une promesse qui sera tenue parce que Royal Air Maroc, jusqu’à présent interpellée par des conflits sociaux aussi longs que coûteux, du fait d’une surenchère syndicale totalement déplacée, devra se mettre en position d’affronter une situation qui l’obligera à mobiliser toutes ses énergies et potentialités, avec comme objectif majeur celui de continuer à servir l’intérêt national profond, celui-là même qui commande aujourd’hui d’accepter l’open sky dans sa dimension la plus complète.

F.Y.



 

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