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Les entreprises cotées programment de distribuer plus de 4 250 MDH Dividendes 2002

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C'est un rituel. A la clôture des résultats annuels, les Conseils d'administration des différentes sociétés se réunissent pour évaluer les réalisations de l'exercice et discuter de tous les sujets liés à la bonne marche de l'entreprise. Pour les actionnaires, notamment les petits porteurs, l'élément le plus attendu de ces réunions est notamment l'affectation décidée par les administrateurs des bénéfices réalisés par la société, si bénéfice il y a. Il ne s'agit pas d'une mince affaire quand on sait que plusieurs variables entrent en jeu. La politique de croissance souhaitée, les perspectives de croissance économique du pays, l'importance des bénéfices réalisés, la fidélisation des porteurs d'actions, etc, sont autant de variables qui entrent en jeu au moment des affectations de résultats. Parmi ces variables, les dirigeants des entreprises cotées semblent de plus en plus accorder une importance cruciale à la rémunération des actionnaires. La crise du marché boursier qui s'est traduite par une dégringolade des cours depuis plus de quatre ans et le développement des concepts de "corporate governance" visant à la protection des actionnaires, notamment minoritaires, ont fait qu'une attention particulière est de plus en plus accordée aux actionnaires au moment de l'affectation des résultats es sociétés cotées.
L'année 2002 illustre cette tendance. En effet, l'exercice écoulé s'est traduit par une chute des bénéfices du marché d'environ 40 % (hors résultat 2002 de la BNDE), à environ 4 300 MDH. Pour l'essentiel, cette baisse est le fait des importantes provisions qui ont été réalisées par les banques, les sociétés de crédits à la consommation et les compagnies d'assurance. Ce fait ne doit pas occulter le mauvais comportement de certaines sociétés cotées qui ont enregistré des pertes, dont la plus importante est celle accusée par CIH (822,7 MDH de pertes).
33 sociétés
Face à cette situation et afin de fidéliser leurs actionnaires, certaines entreprises ont puisé dans leurs réserves pour rémunérer leurs porteurs d'actions. Ainsi, en dépit de la baisse du nombre de sociétés ayant programmé une distribution de dividendes (de 35 sociétés en 2001 à 33, à la même période), le volume à distribuer n'a pas baissé. Bien au contraire, en ne tenant pas compte des distributions exceptionnelles, il enregistre une amélioration d'environ 5 % à 4 235 MDH. Cette progression est le fait notamment de quatre secteurs d'activités. Les dividendes programmés par les entreprises du secteur Ciments & Matériaux de construction sont en progression de +16,75 %, à 916 MDH, par rapport au montant distribué au titre de l'exercice 2001. Cette hausse se justifie essentiellement par l'augmentation du montant du dividende par action par l'ensemble des entreprises suite au bon comportement du secteur qui bénéficie d'une conjoncture plus favorable. Les banques ont également fait un effort considérable. Malgré un résultat net sectoriel, hors CIH et BNDE, en baisse de -50,46 % à 972 MDH, les dividendes programmés par les banques sont en hausse de plus de 15 %, sous l'effet essentiellement de la BMCI et du Crédit du Maroc. Ces deux banques ont revu à la hausse le niveau de leur dividende par action respectivement de 100 % et de 27,3 %. A relever également l'effort réalisé par la BCM pour maintenir son niveau de dividende de 27 dirhams par action. La banque ayant réalisé un résultat net en chute de -96,8 % à seulement 27,6 MDH, suite à un provisionnement important de plus de 1,2 milliard de dirhams, a puisé dans ses réserves pour distribuer des dividendes à ses actionnaires. En plus, la BCM offre également à ses actionnaires le choix de percevoir leur dividende en numéraire ou sous forme d'actions nouvelles. Du côté de l'agroalimentaire, la bonne santé des entreprises du secteur s'est traduite par une amélioration du niveau des dividendes par action. Hormis Lesieur Cristal qui maintient son niveau de dividende à 70 dirhams l'action, en dépit d'un résultat en forte baisse, toutes les autres entreprises ont amélioré la rémunération des porteurs de leurs titres. Du coup, le montant des dividendes programmés par le secteur a progressé de 11,3 %, à 700 MDH. A souligner qu'en plus d'un dividende ordinaire de 60 dirhams par action, Branoma compte distribuer cette année également un dividende exceptionnel de 34 dirhams l'action. Les holdings également ont mis l'accent sur la fidélisation de leurs actionnaires. Les dividendes du secteur sont en progression de 10,5 % à 656 MDH. Là également, il faut souligner l'effort fait par l'ONA. Malgré un résultat net en chute de -96,75 % à 58 MDH, le management du groupe compte distribuer 22 dirhams par action, en hausse de 10 % par rapport à 2001, soit en tout 384 MDH à répartir entre les actionnaires. Les progressions enregistrées par les secteurs cités ont permis de compenser les reculs enregistrés par les autres, dont celui de l'Énergie. Seul faux pas parmi les grands secteurs, le montant à distribuer par le secteur de l'Énergie accuse une contraction de -21,4 % à 386,6 MDH. Ce recul est consécutif à la baisse du dividende par action de la Samir de -25 % à 30 dirhams.
Concernant les sociétés financières, Eqdom et Maghrébail ont maintenu le niveau de leur dividende, alors que Crédor, suite à un bon résultat 2002, a amélioré le montant de son dividende par action de 40 % à 14 dirhams.

Une distribution généreuse

Par ailleurs, on note que plusieurs entreprises ont montré des signes de générosité appréciables envers leurs actionnaires comme en témoignent les pourcentages des bénéfices nets à distribuer sous forme de dividendes, le "pay out". Globalement, les entreprises ayant programmé des distributions de dividende (33 sociétés cotées) ont réalisé un bénéfice net global de 5 235 MDH, et comptent en distribuer 4 235 MDH, soit un taux de distribution du marché de 81 %. Ce taux est un peu biaisé par les distributions de la BCM et de l'ONA qui ont puisé dans leurs réserves. De même, SMI et Managem, deux filiales du groupe dont les résultats nets ont reculé fortement sous l'effet particulier d'une conjoncture internationale défavorable sur les cours des matières premières, ont distribué plus que leurs bénéfices. Les "pay out" respectifs des deux entreprises s'établissant à 131,3 % et 133,4 %. C'est le cas également de Branoma, qui en tenant compte d'un dividende global de 94 dirhams par action, dont 34 dirhams sous forme exceptionnelle, se retrouverait avec un "pay out" de 119,6 %. Pour les autres entreprises, les taux de distribution les plus importants sont à mettre sur le compte de la Samir (92,2 %), Crédit du Maroc (91,2 %), Brasseries du Maroc (88,8 %), Agma (87,5 %), Maghreb Oxygène (86 %), etc. La SNI ferme la marche avec un taux de distribution de 42,2 %. Le niveau élevé des "pay out" peut être diversement interprété. Il peut, d'une part, se justifier par le souci des dirigeants des entreprises de récompenser les actionnaires de leur fidélité en compensant, ne serait-ce qu'en partie, la chute des cours boursiers. D'autre part, il peut tout simplement s'expliquer par un manque de visibilité et donc au renoncement à l'investissement productif dans le cours et le moyen terme par le management de l'entreprise. Il peut également se justifier par le fait que les entreprises disposent de réserves importantes pour faire face à leurs investissements futurs. Dans tous les cas, ce sont les actionnaires qui en tirent profit et la situation du marché boursier casablancais le justifie amplement.

Des rendements appréciables

Enfin, pour ce qui est du taux de rendement (dividende yield) -rapport entre le dividende distribué et le cours de l'action (cours du 31 décembre 2002)-, c'est-à-dire le retour que peut attendre un actionnaire de son investissement en Bourse, on note que plusieurs entreprises présentent des rendements très appréciables. Sur les 33 sociétés qui comptent distribuer des dividendes, 23 entreprises présentent des rendements supérieurs à 5 %. En 2001, sur 35 sociétés, seulement 16 présentaient des rendements supérieurs à 5 %. Les dix meilleurs rendements de la place sont compris entre 8,6 % et 13,7 %, soit des niveaux qui présente des primes très élevés par rapport au taux de Bons du Trésor à 5 ans. C'est le titre Samir qui s'adjuge du meilleur rendement du marché avec un dividende yield de 13,7 %, suivi de la Sonasid (12,35 %), d'Aluminium du Maroc (12,3 %) et Agma (11,9 %). En tenant compte du dividende exceptionnel, le rendement de dividende de Branoma ressort à 13,43 %.
Reste que le critère de dividende yield comme élément d'appréciation est à relativiser. En effet, dans un marché boursier baissier à l'image de celui de Casablanca, un rendement élevé peut être tout simplement le résultat mathématique d'un décrochage des cours. Cela est valable notamment pour le titre Samir qui a perdu presque la moitié de sa valeur en 2002 sous l'effet combiné d'un certain nombre de facteurs: annonce du début de la libéralisation du secteur énergétique, incendie d'une partie de la raffinerie, etc. Certes, ce constat n'est pas valable pour tous les titres. Les cours de titres Sonasid et Branoma se sont appréciés en 2002 et ont enregistré des rendements de dividendes supérieurs à ceux de 2001 suite à une amélioration du niveau du dividende par action. C'est dire que les placements boursiers demeurent les meilleurs en terme de rentabilité. Seulement, il faut bien savoir où mettre son épargne.
Dans tous les cas, on peut noter que la plupart, sinon la quasi totalité des titres présentant des dividendes yield supérieurs au rendement sans risque des emprunts d'État de 52 semaines constituent des opportunités réelles d'achat.

Moussa Diop



 

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