En 2002, les OPCVM se sont bien comportés. A la date du 27 décembre 2002, l'actif net s'est établi à 69,5 milliards de dirhams, un niveau jamais atteint auparavant. Cette performance reste essentiellement le fait d'une catégorie de fonds, les OPCVM obligations. Ceux-ci ont vu leur actif net progresser de 70,36 %, à 64,305 milliards de dirhams. Au sein de cette catégorie, l'actif net des fonds monétaires s'est accru de 32,6 % à 22,65 milliards de dirhams. Ces fonds ont constitué des placements essentiels pour les entreprises et les institutionnels disposant d'importants excédents de liquidité. Quant aux fonds obligataires, ils se sont établis à 41,63 milliards de dirhams, en hausse de 59,91 %. Cette performance trouvant justification dans les rendements qu'offrent ces fonds comparativement aux risques pris par les investisseurs. La détente des taux ayant également fortement touché les produits classiques (dépôts à terme, compte sur carnet, etc) dont les rendements se sont amoindris davantage, les investisseurs se sont orientés vers les placements obligataires plus rémunérateurs et où ils jouissent des conseils et expertises des gérants de fonds. En outre, la surliquidité du marché durant toute l'année 2002 a permis la canalisation d'importants fonds vers les OPCVM obligations.
Bien que n'ayant contribué que très faiblement à l'encours du marché, l'actif net des fonds actions et diversifiés a connu des progressions respectives de +4,02 %, à 2,8 milliards de dirhams, et +3,48 %, à 3,48 milliards de dirhams.
Rachats
Vu le comportement du marché boursier, ces progressions demeurent très appréciables. L'évolution de l'actif net des OPCVM actions au cours des dernières semaines du mois de décembre s'expliquant certainement par l'anticipation des investisseurs quant à une hypothétique reprise du marché action en 2003, et ce d'autant que les fonds investis à hauteur de 85% en actions bénéficient d'incitations fiscales.
Reste que le marché de la gestion collective demeure encore jeune et soumis à l'évolution erratique des taux orientée par le Trésor et la politique monétaire dictée par Bank Al-Maghrib. Ces facteurs que le marché ne maîtrise pas influencent énormément l'évolution de l'encours géré par les sociétés de gestion. Ainsi, alors que tout le monde s'attendait à ce que l'actif net du marché dépasse la barre des 70 milliards de dirhams au début de l'année 2003, une baisse brusque de celui-ci est intervenue suite à un mouvement de rachat ayant touché particulièrement la composante monétaire de la catégorie OPCVM obligations. L'actif net de ces fonds a chuté de -13,16 % à 55,84 milliards de dirhams au tout début du mois de janvier (03 janvier 2003), pour s'établir à 61 milliards de dirhams, avant de remonter à 63,61 milliards au 10 janvier 2003. Cette baisse est consécutive en partie aux rachats effectués essentiellement par quelques institutionnels de la place qui ont souhaité réaliser des plus-values en cette période de fin d'année. Elle s'explique également par la sortie d'investisseurs avertis de certains fonds monétaires très sensibles, anticipant l'évolution des taux suite à l'intervention de Bank Al-Maghrib. Les fonds investis en obligations sont comme on le sait exposés au risque de taux. Il suffit que le loyer de l'argent remonte pour que les titres détenus en portefeuille perdent de leur valeur, car il devient alors plus intéressant d'acheter des obligations nouvellement émises, à meilleure rentabilité. Les arbitrages faits par certains investisseurs avertis peut expliquer certains rachats lors de la semaine du 03 janvier suivis par une hausse des souscriptions lors de la semaine suivante.
Coordination
Il faut souligner que cette intervention était devenue essentielle pour enrayer les excédents de liquidités qui ont perduré durant toute l'année 2002 et dont l'impact sur la courbe des taux s'est traduite par un amenuisement des rendements des différents placements. Ces mesures, dont la plus spectaculaire a été le relèvement du cœfficient de réserve monétaire de 10 % à 14 % obligeant les banques à respecter une moyenne requise à constituer estimée à 21 milliards de dirhams, ont permis d'enrayer la surliquidité du marché. Ces mesures conjuguées à la politique des taux pratiqués par le Trésor s'est traduite par une hausse brusque et rapide des taux sur le court terme désarticulant un peu le marché. Dans ce cadre, et à l'état actuel du développement du marché de la gestion collective, une coordination entre les différents intervenants sur le marché semble être plus qu'essentielle afin que les taux soient contenus dans un panier où ils pourront évoluer de manière plus maîtrisée accroissant par le même occasion la confiance des investisseurs sur un marché qui est appelé à jouer un rôle capital dans le drainage d'une épargne essentielle pour l'investissement productif. Reste que le plus grand soutien au développement de ce compartiment du marché financier sera le redressement du marché boursier et la mise en place de nouveaux produits financiers à même d'attirer plus d'épargne.
MD