Le Maroc produit près de 15 000 tonnes de déchets ménagers chaque jour. Si pour certains responsables, l’on peut bien identifier les points noirs dans les différentes régions du Royaume, les Marocains, eux, estiment que leur pays compte beaucoup plus de points noirs que l’on puisse imaginer. Les différentes décharges publiques qui existent au Maroc à ciel ouvert, symbolisent l’échec des politiques de gestion des déchets. Ce qui n’est pas sans incidence sur la santé des citoyens et l’environnement. Toutes les études menées sur ces divers sites font état d’une situation désastreuse et d’un problème d’étanchéité du sol ayant entraîné une pollution irrémédiable de la nappe phréatique. Des décharges qui, selon ces mêmes études, seront bientôt saturées. Résultat : nos villes risquent de continuer de baigner dans une crasse avec de graves risques d’épidémies pour leurs habitants.
La collecte et le traitement des déchets ménagers constituent donc, l’un des points noirs les plus urgents et les plus navrants des villes marocaines. Aucune instance élue n’a pu, jusqu’à présent, résoudre le problème de manière définitive. La Direction de l’Eau et de l’Assainissement du ministère de l’Intérieur a défini une démarche à ce sujet. Elle propose tout un programme riche pour asseoir les infrastructures de base d’une politique nationale d’Eau, d’assainissement et d’Environnement.
Réussira-t-elle à relever ce défi en coupant avec un passé très peu réjouissant à tous les niveaux en la matière? Les Marocains pourront-ils enfin espérer évoluer dans un espace urbain sain et propre?
Un programme d’urgence
Dans le cadre de l’accompagnement des Collectivités Locales dans la mise à niveau des services publics et dans le cadre de l’amélioration des services qu’elles rendent aux citoyens, le département de l’Intérieur a initié un programme de développement des infrastructures de base des villes et centres du Royaume. Ce programme soutenu techniquement et financièrement par le ministère que dirige Mustapha Sahel, a pour objectif la rationalisation de la gestion communale particulièrement dans les secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement. Le programme consiste à réaliser des projets structurels là où les études sont disponibles ou suffisamment avancées et de prévoir les études pour les centres qui n’en disposent pas. Il répond à un besoin exprimé par les communes, en raison de l’insuffisance de leurs moyens, pour boucler les montages financiers nécessaires aux investissements. Il répond également à un besoin en études aux niveaux national, régional ou local pour permettre une meilleure planification des investissements, estime un responsable au cursus bien fourni de la DEA.
Ainsi, en matière d’alimentation en eau potable, le ministère de l’Intérieur en partenariat avec les Collectivités Locales et les autres intervenants, intervient dans le montage financier, le pilotage et le suivi du programme d’adduction groupé en eau dans le milieu rural (PAGER). Actuellement, ce programme a permis à 55% de la population rurale l’accès à l’eau potable et vise un taux d’accès de 92% en 2007. Si en 2003, le programme avait concerné une population de 660 000 habitants pour un montant de 853 MDH, en 2004 ce programme concerne une population de 650 000 habitants dans 35 provinces et préfectures et 298 communes, pour un montant de 910 MDH. Un programme de protection contre les inondations est également prévu en faveur de 3 provinces, alors qu’une étude d’évaluation de la gestion directe du service de l’eau potable par les communes va permettre de faire des choix quant à l’avenir des systèmes de distribution d’eau potable. En ce qui concerne l’assainissement liquide, la mise à niveau du service d’assainissement liquide nécessite l absorption du déficit accumulé et l’accompagnement du développement normal des villes et centres urbains. Ceci se traduit, pour les 20 prochaines années par la mise en place d’un important programme d’investissement. Pour faire face aux besoins en matière d’investissement, le ministère de l’Intérieur a identifié un programme prioritaire d’investissement pour la réalisation des études et des travaux d’assainissement liquide. C’est dans ce contexte que ce département a encouragé les villes moyennes et les petits centres, à l’instar des grandes villes qui ont transféré la gestion du service d’assainissement liquide aux régies et aux privés, de confier la gestion du service d’assainissement liquide à des opérateurs privés en la matière (Régies, ONEP, Privé...). Aujourd’hui, on comptabilise une quarantaine de villes et centres qui ont confié ce service à l’ONEP et aux Régies de distribution d’eau, alors que six grandes villes et leurs communes avoisinantes l’on fait en faveur du privé. En 2004, le programme identifié par le ministère de l’Intérieur concerne aussi bien les grandes villes que les villes moyennes pour un montant de près de 400 MDH dont le financement sera assuré par ce ministère, les Collectivités Locales et les différents intervenants dans le domaine de l’assainissement liquide. Ce programme privilégiera la contribution au financement des investissements. Il sera associé à la professionnalisation de la gestion en la confiant à un établissement autonome ou privé avec instauration de système de recouvrement des coûts. Dans ce sens, au niveau de l’assainissement liquide, il n’y a pas une adéquation entre les moyens et les besoins. « Pour l’assainissement liquide, la situation est en amélioration constante. En dehors des villes qui ont leurs propres programmes, leurs propres budgets et leurs propres plans d’actions, la DEA a envisagé pour cette année et en faveur des autres régions du Maroc une enveloppe de 400 MDH pour l’assainissement liquide en partenariat avec l’ONEP, les Collectivités Locales, le ministère de l’Intérieur, l’Agence du Développement des Provinces du Sud et l’Agence du Développement des Provinces du Nord. Ce qui est souhaitable c’est que l’État prévoit annuellement une enveloppe de 500 MDH pour développer le secteur de l’assainissement liquide. Une préoccupation partagée par beaucoup de départements ministériels», souligne l’interlocuteur de La Nouvelle Tribune.
Environnement...!
Quant au secteur de l’assainissement solide, ce dernier continue d’accuser des retards considérables particulièrement en ce qui concerne les décharges contrôlées. « Il existe environ 15 000 tonnes de déchets ménagers produits/jour dont près de 70% sont collectés. L’on améliore la quantité de collecte lorsqu’on confie cette activité à un privé car ce dernier a intérêt à ramasser le maximum. Par contre, au niveau de l’évacuation des traitements, il y a encore beaucoup du retard. C’est là, l’intérêt de la loi sur les déchets ménagers assimilés qui va inciter la mise en conformité des décharges publiques avec les règles en vigueur. Actuellement, il existe seulement trois ou quatre décharges qui sont gérées de manière contrôlée», précise notre interlocuteur. Un vaste programme est initié de nos jours par l’Intérieur et qui vise l’amélioration de la gestion des déchets et de la mise à niveau des décharges publiques. Des études de schéma directeur aux niveaux national, régional et local sont prévus pour 2004 en vue d’accompagner l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les déchets ménagers assimilés. Le montant de la programmation de l’exercice 2004 se situe autour de 160 MDH. Dans le domaine de l’Environnement, le ministère de l’Intérieur a envisagé au titre de l’exercice 2004 un appui financier évalué à 13 MDH aux communes qui s’inscrivent dans la campagne « Plages Propres 2004» et le programme «Qualité Air». Ce dernier vise la lutte contre la pollution atmosphérique et la mise en conformité des gaz d’échappement des véhicules avec les prescriptions du décret fixant les normes d’émissions mis en application depuis août 1998. Le programme du ministère de l’Intérieur accompagne dans ces conditions les actions de la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement.
«Plages Propres 2004»
Pour l’opération «Plages Propres 2004», 15 plages relevant de 12 communes urbaines et rurales ont été sélectionnées compte tenu de leur intérêt touristique et de l’importance de leurs besoins tout en veillant à s’inscrire en complémentarité avec l’action des sponsors de cette opération. Le programme porte sur l’équipement et l’entretien des plages, la réalisation d’installations d’hygiènes et de salubrité publique, la propreté et l’acquisition de divers équipements de protection civile, de premiers soins de sécurité.