La rencontre de MM. Karim Ghellab et Mohamed Rabie Khlie, respectivement ministre de l'Équipement et du Transport et Directeur Général de l'Office National des Chemins de Fer (ONCF), accompagnés de leurs staffs techniques, avec la presse était attendue à plus d'un titre. Et les journalistes ayant fait le déplacement, ce mardi 27 novembre, ont pu découvrir en détail le vaste chantier qu'entendent réaliser le Département de tutelle et l'Office, pour les prochaines années, dans le domaine des infrastructures ferroviaires. Concrètement, il s'agit de doter le Maroc d'un chemin de fer performant, compétitif, luxueux, mais aussi à grande vitesse dont la première liaison est prévue pour 2013 entre Tanger-Casablanca, explique M. Ghellab. La nouvelle est importante en raison de la taille du chantier puisque le coût du projet est estimé à 20 milliards de dirhams. À partir de là, on peut aisément comprendre la satisfaction des deux conférenciers quant aux retombées bénéfiques pour les passagers mais aussi les villes traversées et qui pourront ainsi bénéficier d'autres investissement à même d'améliorer leur cadre de vie. Pour le ministre, cette liaison permettra d'effectuer le trajet entre les deux villes en 2h10 au lieu de 5h 45 mn actuellement et drainera un flux de clientèle estimé à 8 millions de passagers par an. Ce projet n'est pas le fruit du hasard, mais la résultante d'une politique de grands chantiers initiée par le Souverain pour un Maroc en mouvement. Dans ce cadre, le train à grande vitesse ne pouvait que conforter cette vision futuriste et réaliste, laquelle s'arrime avec le monde de demain. Il n'est donc pas étonnant que l'Office prévoit dans le cadre de son projet de réalisation de lignes ferroviaires pour train à grande vitesse au Maroc (TGVM) par la construction de 1.500 km à l'horizon 2030 pour un coût estimé à plus de 100 milliards de DH.
Une nécessité
et non un luxe
À ce sujet, fait remarquer M. Ghellab, il ne s'agit nullement d'un projet utopique encore moins d'un luxe, mais plutôt une nécessité qui permettra au Maroc d'être dans la cour des grandes nations où le TGV est devenu le moyen de transport le plus adéquat sinon incontournable. D'ailleurs, le choix de la France pour mener à bien ce vaste chantier ferroviaire n'est pas fortuit puisque l'Hexagone est le pionnier des trains à grande vitesse. Pour les concepteurs donc, "il s'agit d'une nécessité pour augmenter la capacité du réseau, faire face ainsi à la saturation à termes des lignes existantes tout en répondant à la progression exceptionnelle du trafic et d'offrir aux clients enfin de compte un service plus compétitif." Le TGVM c'est aussi une opportunité pour accompagner le développement du pays, faire face à une mobilité croissante, être en phase avec les grands projets nationaux et pour être au service des ambitions du secteur touristique. Sur un autre plan, le TGVM constitue un outil performant pour promouvoir le développement durable, favoriser le désenclavement géographique sans oublier la facilitation de l'intégration internationale et encourager les échanges Europe-Afrique. Le schéma directeur élaboré par l'ONCF, à cet effet, prévoit la mise en place de deux axes à savoir, une ligne atlantique reliant Tanger-Agadir via Rabat, Casablanca, Marrakech et Essaouira en moins de 4 heures et une ligne maghrébine Casablanca-Oujda en passant par Mèknes et Fès (moins de 3 heures), qui se prolongera à Tripoli dans le cadre du futur réseau maghrébin à grande vitesse. Pour accompagner un tel programme, la formation sera le fer de lance d'autant plus que ce projet constitue le prolongement du programme d'investissement de l'ONCF pour la période 2005-2009 auquel près de 17,2 millions de dirhams ont été alloués. Aujourd'hui, relève M. Khlie, près de 85 % des objectifs fixés par ce programme ont été réalisés. Ces réalisations ont concerné, entre autres, la rénovation et la construction de nouvelles gares ferroviaires, le doublement de certains tronçons et l'extension du réseau (lignes Tanger-Port Tanger Med, Taourirt-Nador et le raccourci Machraâ Belksiri-Sidi Yahia). Autrement dit, le Maroc entre de plain-pied dans l'ère des nouvelles technologies ferroviaires à grande vitesse.
M.S.
ONCF en 2006
Selon le rapport 2006 de l’Office national des chemins de fer, le trafic voyageurs a connu une hausse de l’ordre de 12.3 % alors que le taux d’occupation des trains a augmenté de 5 points, passant ainsi de 53 % à 58 %. La même tendance haussière a été constatée au niveau du trafic des phosphates, quoique l’augmentation n’ait pas dépassé 0.4 %. Pour ce qui est du fret, si le tonnage a enregistré une baisse de 2.2 %, les recettes ont augmenté de 1.5 %. Toujours selon le même rapport, pas moins de 23.5 millions de voyageurs se sont déplacés en train en 2006, soit une hausse de 12.3 % par rapport à 2005. Pour ce qui est des recettes du trafic voyageurs, elles ont ainsi atteint 887 MDH, soit une augmentation de 15 % par rapport à l’exercice précédent (769 MDH). Ces recettes ont constitué 32.6 % du chiffre d’affaires global de l’entreprise. Il y a lieu de préciser que cette progression s’inscrit dans le trend haussier enregistré depuis 2002 (+60%).