A l’occasion de la journée mondiale de la Santé célébrée le 7 avril, le bureau de l’OMS au Maroc, a organisé une rencontre avec les médias le 12 avril à Rabat. La suppression des frontières économiques favorise la mobilité des personnes, et avec elle, celle des maladies. De ce fait, l’OMS somme les gouvernements de collaborer au sein d’un réseau et d’investir dans la santé publique. Pour relever un tel défi, l’OMS estime qu’une collaboration entre pays développés et en développement est indispensable pour préparer des stratégies de ripostes efficaces. « La stabilité économique mondiale est étroitement liée à l’état de santé du monde. », déclare-t-on à l’OMS
De nouvelles maladies infectieuses sont apparues, au cours du 20ème siècle, au rythme d’une par an, en raison de changement sociaux et environnementaux profonds. « 39 agents infectieux ont été découverts depuis 1973, et certains médicaments ne soignent plus en raison de la rapidité des nouvelles résistances microbiennes. » Le cas du SRAS a prouvé que des conséquences sanitaires pouvaient avoir un impact radical sur l’économie d’un pays mais aussi au niveau international. Selon, les experts de l’OMS, « En cas de pandémie déclarée, et à l’heure actuelle, aucun pays ne dispose d’assez de vaccins pour se prémunir. La mortalité et l’invalidité pourraient avoir des effets terribles sur la productivité, sur les marchés internationaux et sur les dépenses de santé. ». D’où l’intérêt de se préparer à la lutte en cas de pandémie d’une maladie infectieuse afin d’éviter une catastrophe économique mondiale.
Lors de sa 56ème Session, l’Assemblée Mondiale de la Santé a recommandé aux États Membres de renforcer leur capacité de préparation pour faire face à la menace de pandémie de grippe aviaire. Dans cet objectif, l’OMS a négocié avec les firmes pharmaceutiques pour constituer dès 2006, un stock d’antiviraux pour 3 millions de traitements et s’investit, par ailleurs, dans la mise au point d’un vaccin.
A l’instar d’autres pays, le Maroc s’est engagé à améliorer la sécurité sanitaire. En atteste son adhésion dans l’application du Règlement Sanitaire International (RSI), à travers « la stratégie nationale de gestion des urgences médicales et des risques sanitaires liés aux catastrophes, l’élaboration du profil national de gestion des produits chimiques et enfin, la préparation de la riposte nationale face à une éventuelle menace de pandémie de grippe aviaire »
Pour rappel, le Règlement sanitaire international conçu pour assurer le maximum de protection contre les épidémies à l’échelle international, exige de tous les Etats membres de déclarer tout événement pouvant constituer un danger. En juin 2006, la Direction de l’Epidémiologie et de Lutte contre les Maladies «DELM», du Ministère de la Santé a été nommée point focal du RSI au Maroc. Son rôle est d’analyser les risques pour la santé publique au niveau national, en tenant compte des risques de pandémie. En avril 2005, le Ministère de la Santé avait établi, en collaboration avec l’OMS, un rapport sur la gestion des urgences médicales et des risques sanitaires dans les situations quotidiennes et de catastrophes. Ceci étant, le système de santé au Maroc, connu pour son déficit, nécessite une réforme de fond en comble, à même de permettre un accès, aux soins, équitable sur le plan financier et géographique pour prétendre s’inscrire effectivement dans ce processus international.
L.O.