Air France- KLM ne compte pas se laisser distancer, dans le ciel marocain ! Implanté depuis très longtemps dans cet espace, la compagnie franco-néerlandaise veut renforcer sa présence au départ de Casablanca. Elle n’a d’ailleurs pas cessé de renforcer sa place sur le marché marocain, souvent de manière coordonnée avec la compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM), comme l’a mentionné le 25 mai dernier devant la presse, M. Georges Ben Harroche, Directeur Général d’Air France Maroc. Avant ce vol, sans escale, inauguré en mai 1947, il y eut d’abord un tout premier Paris Casablanca sur Farman Goliath le 14 janvier 1918. Ce bref historique prouve amplement que les relations aériennes ne datent pas d’aujourd’hui.
Actuellement, avec la montée du Plan Azur, et l’ouverture du ciel marocain, les compagnies aériennes vivent une période charnière. Chez Air France KLM, a assuré son DG, l’engagement sur ce marché n’a pas failli jusqu’à présent et ira crescendo sur ses trois métiers (Transport passagers, transport fret, et maintenance aéronautique). Il a confirmé aujourd’hui 5 fréquences quotidiennes au départ de Casablanca, avec 4 sur Paris et 1 sur Lyon, 2 autres fréquences sur Marrakech et 2 autres depuis quelques semaines de Rabat vers Charles de Gaulle. Ce second vol entre Rabat et Charles de Gaulle est un acte fort, ajoutera-t-il. Mais cela dénote, plus généralement les visées d’Air France KLM, qui table, pour l’été 2007, sur une croissance de 12,6 % sur l’Afrique du Nord.
Pour démontrer que le Groupe a bien les moyens de ses ambitions, le DG d’Air-France - KLM n’a pas omis de restituer les chiffres, encore frais, de l’exercice écoulé- présentés seulement la veille par le Président Spinetta - et qui sont qualifiés d’excellents, avec un chiffres d’affaires en hausse de 7,6% et atteignant 23,07 milliards d’euros et un Résultat d’Exploitation de +32,5%, à 1,24 milliard d’euros (voir Encadré). Cette bonne tenue de l’activité se poursuivrait vraisemblablement cette année. A en croire les responsables, le premier trimestre traditionnellement difficile, a été cette année relativement satisfaisant. Ils affirment qu’au cours de cette période, le résultat est sensiblement positif pour se situer à 9 millions d’euros.
Miser sur la qualité
L’ouverture du ciel par des accords open sky, la concurrence des compagnies à bas coût, plus communément appelées low cost, une certaine guerre des tarifs, pour ne citer que celles-là, sont tout de même appréhendées avec un peu d’inquiétude, avoue M. Ben Harroche. Toutefois, il trouve que c’est une bonne opportunité pour le pays et que c’est un challenge pour eux. Le défi sera d’être capable d’apporter une réponse aux clients, nous a-t-il confié, annonçant que le vrai changement interviendrait en novembre prochain. Déjà avec la facilitation et la fluidification apportées par les e-services, la biométrique, l’e-ticket, … la tendance est bonne. Le Trophée Voyages d’Affaires 2006, reçu en novembre dernier, est significatif à plus d’un titre. Loin de dormir sur ses lauriers la compagnie aérienne mise sur le voyage dédié ou sur mesure, et introduit de nouvelles innovations technologiques à bord et de nouveaux espaces du voyage (Espace Première, Espace Affaires, amélioration en classe Eco…) .
D’autres produits périphériques viennent compléter le tableau. Ils sont destinés à certains pays d’Afrique et du Proche Orient pour les explorateurs de pétrole, ou grâce aux filiales City Jet pour la clientèle financière de la City londonienne, ou encore Transavia, trouvée dans le portefeuille de KLM et lancée il y a quelques semaines pour le loisir à destination des Tours Operators,…
La collaboration avec la RAM est jugée bonne. “Nous sommes en concurrence, une concurrence qui n’est pas sauvage, mais que nous souhaitons intelligente”, a souligné le DG de la filiale marocaine. Sur l’Afrique noire aussi, les relations sont bonnes aussi, a-t-il affirmé. Si sur ce marché la concurrence est saine, néanmoins il avertit qu’elle ne doit pas être biaisée.
Toujours est-il que la compagnie continue de renforcer sa flotte. Elle a décidé d’accélérer le remplacement de sa flotte de B747-400 qui seront remplacés par des B777-300 ER et B777 freighters. Avec une commande de 7 milliards de $ sur catalogue (02 A 380, 30 avions dans les modèles A320 et A 321, et 18 B777), Air France-KLM modernise sa flotte long courrier, améliore ses économies et contribue à la réduction des émissions de CO2. La modernisation se poursuit.
Quel que soit l’avenir du marché, avec une flotte de 561 avions, cette compagnie (1er en chiffres d’affaires, 1er européen en part de marché, et 1er en transport de fret en t de km transportées), qui assure 107 vols hebdomadaires dans chaque sens entre le Maroc et la France dont 54 vols en code share avec la RAM, va se garder d’abattre le trafic, et de poursuivre ses plans annuels d’économie. Les low cost à naître seront du style Transavia et Atlas Blue, sur des modèles loisirs, ont assuré les responsables.
D. MB.
Résultats de l’exercice fiscal 2006-2007
CA : 23,07 milliards d’euros, soit + 7,6 %
Rex : 1,24 milliard d’euros, soit 32,5 %
Marge d’exploitation ajustée : 6,3 %, près d’un point de croissance
Retour sur investissements 6,5%, soit +1,3 point
Dividende à proposer : 48 centimes d’euro, en hausse de 60%
(Source : Air France-KLM)