Soucieuse de l’évolution de la tabaculture au Maroc, la Régie des Tabacs du Groupe Altadis a initié le débat autour des professionnels du secteur le 11 décembre à Casablanca.
Le secteur des tabacs connaît une mutation importante au Maroc. Deux faits concourent à cela. Il s’agit notamment de la suppression de l’obligation légale à tout fabricant installé au Maroc d’incorporer 20% de tabac local dans sa production, et de la baisse constatée de la demande des cigarettes brunes. Du coup, la tabaculture locale essentiellement constituée de tabacs bruns se trouve dans une situation dramatique. Pan important de l’activité agricole marocaine, puisqu’elle concerne 1.035 exploitations, faisant vivre plus de 7.200 personnes, il est impératif de mettre en branle sa mutation. Le Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes et la Régie des Tabacs- Groupe Altadis, qui ont été à l’origine du débat organisé en début de semaine à Casablanca, ont tiré cette conclusion et annoncé un plan de développement.
En présence de l’ensemble des membres du staff de cette entreprise, avec à leur tête, MM. Larbi Bellaha, et Franck Coste, respectivement Président du Directoire et Directeur Général, et d’autres décideurs, il a été explicité, en vertu de la loi 46-02, des actions pour améliorer le tabac blond marocain, introduire et développer une nouvelle variété, et assurer la reconversion des tabaculteurs vers l’olivier.
L’un des principaux volets du plan de développement de la tabaculture consiste à développer la performance des tabacs blonds déjà cultivés au Maroc, en l’occurrence le Burley et le Virginie. Elle devra se faire à travers la production de volumes importants de ces variétés, que le fabricant national s’est engagé à acheter, l’assistance technique nécessaire (jusqu’au financement) à la réalisation de ces volumes de production et la poursuite de l’intégration, par la Régie des Tabacs-Groupe Altadis, de 20% de tabac brut local dans la fabrication des produits destinés au marché marocain.
Aussi, vu que l’évolution de la Politique Agricole Commune (PAC) de l’Union Européenne, liée au découplage de la prime proportionnelle, accordée aux tabaculteurs, en fonction de leur productivité, représente pour le Maroc une importante opportunité de développement et de diversification, il est opportun d’introduire et de développer la culture du tabac d’Orient. Jusqu’alors, ce type de tabac provenant de Grèce est en pénurie
Nous avons appris que les analyses agronomiques et les essais effectués ont démontré que des régions situées dans le Nord du Maroc présentent des potentialités pour la culture du tabac d'Orient. Le développement de cette culture, très consommatrice de main d'?uvre et ne nécessitant pas d'investissements, répond aux objectifs de l’Initiative Nationale de Développement Humain (INDH), et gagnerait à être encouragée. Le plan de développement de la tabaculture marocaine intègre donc l’introduction et le développement de la culture du tabac d’Orient au Maroc. Les exploitants bénéficieront d’une assistance appropriée à la culture du tabac d’Orient, en partenariat avec AOI (Alliance One International), un des principaux négociants internationaux de tabac brut. Quant à la Régie des Tabacs-Groupe Altadis, elle assure acheter la production des tabaculteurs contractuels, aussi bien pour ses besoins directs, que pour le Groupe Altadis.
Enfin, il est convenu une aide à la reconversion de 3.000 anciens planteurs de tabac brun vers la culture de l’olivier sur 1.800 hectares. Le coût de cette opération, entamée en 2005, est estimé à près de 22 millions de Dh.
B.ND.