A Casablanca 2006, les Electroniciens de la Sécurité Aérienne (ESA) zone Afrique auront fait d’une pierre deux coups. Parallèlement à la tenue, du 13 au 17 novembre, de la 36ème Assemblée de l’IFATSEA (Fédération Internationale des Associations des Electroniciens de la Sécurité Aérienne ), ils ont tenu le vendredi 10 novembre leur Réunion Régionale. C’est dans une salle comble que la cérémonie d’ouverture a eu lieu lundi dernier, en présence de MM. Yvan Ouellette, Président IFATSEA, Abdelhanine Benallou, Directeur Général de l’Office National des Aéroports (ONDA), de Mohamed Margaoui, Secrétaire Général du Ministère de l’Equipement et du Transport, et de participants venus d’un peu partout à travers le monde. Ces derniers sont représentants des organismes internationaux de l’aviation civile, tels que l’OACI, EUROCONTROL, IATA...etc. ainsi que des gestionnaires des services de la Sécurité de la Navigation Aérienne (CANSO, ONDA, ASECNA, …) et de sociétés et compagnies fournisseurs des systèmes CNS/ATM.
Notons que l’Ifatsea est une fédération qui regroupe les Associations des Electroniciens de la Sécurité Aérienne, spécialistes de ces systèmes.
Les différents avis, recueillis auprès de Mme Tchiombino Bibata, Airport Niger, de MM. Mathias Adanmenou, Cadre de Maintenance radio-électrique à la DG de l’ASECNA, de Ibrahima Touré, Technicien Maintenance à l’Aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar, ou encore de Findlay Iain, UK concordent tous. Ils trouvent que l’évènement sera une opportunité pour les intervenants du domaine afin de partager leurs expériences et chercher les meilleures solutions pour mettre en place les recommandations et standards internationaux de l’OACI en matière de Sécurité Aérienne.
Un secteur primordial
M. Youssef Lazar, Président de l’Association des Électroniciens de l’Aviation Civile (AEAC) du Maroc s’est appesanti sur l’importance de telles rencontres pour élever le niveau de la profession. Rappelons que l’ESA est un élément capital dans le dispositif de l’aviation civile. Il a pour mission la maintenance, l’installation, la mise au point, la surveillance, l’entretien et le dépannage de tout système CNS/ATM. Le remplaçant du Ministre de tutelle empêché, venait justement d’annoncer un vaste programme national pour ce système en phase avec l’international. Il a aussi souligné l’engagement du gouvernement dans des investissements en équipements (radars de surveillance mode S, communication Air Sol pour assurer une couverture totale de l’espace aérien, et d’autres projets dans la communication par satellite, et la formation des compétences.
Après avoir souhaité la bienvenue aux participants, M. Benallou a mis en relief l’importance de la manifestation dans un secteur tout aussi important, où la communication, l’information et l’échange des données sont essentielles. Il a mis l’accent sur la ferme décision de l’ONDA de poursuivre ses efforts en matière d’investissement dans les infrastructures aéroportuaires et en dotant les différentes plates-formes (aéroports, CNCSA…) des dernières technologies dans le domaine de la sûreté et de la sécurité des aéronefs et des passagers. En matière de navigation aérienne, l’organisme, qu’il dirige, ne se ménagera pas pour réaliser les mises à niveau de tous les équipements de la sécurité de la Navigation Aérienne pour la transition vers le concept CNS/ATM, tout en augmentant la coopération avec les pays riverains et en particulier l’Europe. L’Europe où l’introduction du ciel unique imposera au Maroc des changements dans les procédures de gestion des espaces aériens, ainsi que dans les moyens nécessaires pour son application.
Instaurer une licence
Le Président de l’association nationale notera à juste titre que la diversité des tâches, qui lui sont allouées, suscite de sa part un très haut niveau de technicité et de savoir-faire. Sa responsabilité est directement engagée pour le maintien de la Sécurité Aérienne ( radar, communication, ILS, VOR…), ajoute-t-il. En effet, un radar mal aligné ou un ILS mal réglé peut entraîner des conséquences fâcheuses pour la Sécurité. Il n’a d’ailleurs pas manqué de nous rappeler les cas d’accidents survenus en Suisse en 2002 (Uberling), à Milan (Linate), ou d’ILS en Australie. C’est pourquoi, insiste-t-il, l’ESA doit être hautement qualifié et formé. Mieux encore, un recyclage quasi permanent et un effort personnel doivent l’accompagner tout le long de sa carrière, d’où l’importance de telles manifestations.
Ayant participé à tous les groupes de travail depuis Montreal en 2000, pour la conception du Manuel de Formation OACI, , il poursuit le combat pour une formation qui dotera l’ESA d’une licence à instaurer à l’Académie Internationale Mohammed VI (voir encadré).
Le conseil européen pour la sécurité aérienne a adopté récemment un projet recommandant aux différents pays membres d’instaurer des systèmes de licences pour les électroniciens de la Sécurité Aérienne.
Conformément à cette recommandation, l’IFATSEA a présenté à l’ OACI un projet de licence internationale pour les Electroniciens de la Sécurité Aérienne. L’annexe 1 de l’OACI sera prochainement amendée, permettant aux Electroniciens de la Sécurité Aérienne ayant des licences au niveau national d’exercer leur métier au niveau international.
Schimd, le suisse qui n’a pas perdu de vue le caractère primordial de la réunion, a exposé des systèmes digitaux très modernes de communication de la voie (téléphonie et radio) pour les contrôleurs aériens (voir photo ci-dessus). Le matériel, déjà installé à Heathrow, en Finlande et en Afrique du Sud, sera opérationnel en 2007 à Casablanca, assure M Michele Tabet, CIO Innovation Schmid.
D. MB.
L’absence de Licence et de qualification
L’instauration d’un système de licence et qualification pour les Electroniciens de la Sécurité Aérienne est devenue une nécessité absolue. Compte tenu de la responsabilité de l’ESA, de la complexité des équipements utilisés dans l’aviation civile en général et le secteur de la sécurité aérienne en particulier, la spécialisation est devenue une obligation pour la bonne marche de ce matériel. L’électronicien, qui assure la maintenance de ces équipements, doit être capable non seulement, de mener à bien sa mission, mais aussi de savoir quelles sont ses responsabilités et leurs limites. Or, jusqu’à présent, l’ESA n’a pas toujours une licence au Maroc. Il faut donc instaurer des niveaux de formation et de qualification et faire un suivi régulier de ces niveaux.
(Source : AEAC)