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La franchise démocratise le luxe

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La franchise marche, elle marche même très bien! En l’espace de quelques années, certaines avenues, rues, voire même des ruelles, s’il ne s’agit pas de centres commerciaux entiers de Casablanca, se sont complètement métamorphosés, sous la floraison d’enseignes de franchises au design insolemment top. Certains magasins font partie des plus beaux au monde, dans leur ligne de franchise, nous a-t-on affirmé. Planchers en marbre, bois nobles comme socle de l’aménagement, vitres sablées ou non, rayons rivalisant d’éclats avec des couleurs savamment mixées, et lumières intelligentes, composent le décor de boutiques décidées à ancrer dans les m?urs les grandes marques, jusqu’alors acquises seulement de l’étranger. Aujourd’hui, dans la chaussure, le prêt à porter, la restauration, la parfumerie, la cosmétique, les accessoires, ou encore l’épicerie fine, les Geox, San Marina, Benson Shoes, Zara, Celio, Marionnaud, O Gallery, Coroc Studio, Pomme d’Api, Okaïdi, Morgan de toi …, la liste étant encore très longue, assurent au consommateur sa paire de pompes sans faire les souks de Paris ou de Milan.
Contrairement à ce qui se dégage de l’achalandage, et du cadre très select et raffiné jusqu’à heurter, les offres sont généralement à la portée de tous. En effet, dans les boutiques, on rencontre Monsieur tout le monde… Euh, plutôt Madame tout le monde ! Sachant que sur ce volet, le féminin l’emporte sur le masculin, vu que c’est la gent féminine qui fait surtout les magasins : c’est la tendance. 

Monsieur tout le monde

Concernant une fréquentation basée sur le revenu, Mme Nora Kerdoudi, Directrice de magasins chez Zara, affirme que la clientèle est très variée. Elle soutient que leur magasin est un endroit où le client peut trouver son choix. En réalité, le but avoué de la Direction est de démocratiser tout simplement la mode, avec des fourchettes de prix allant de 89 Dh à 2.500 Dh. Même démarche du côté de 7eko (prêt à porter pour dames et jeunes filles) où Mlle Nawal Takafi, Conseillère de Ventes, a soutenu que des prix allant de 69 Dh, le prix d’une ceinture, à 399 Dh, sont à la portée de tous. San Marina (chaussures H & F), sur le marché depuis quatre ans propose des chaussures H&F sur une fourchette de prix variant entre 700 Dh et 1.200 Dh. Aucun  souci sur les résultats, confirme la gérante, puisque des ouvertures prochaines sont attendues avec Aldo (chaussures et accessoires). Cela signifie une fréquentation assez soutenue.
Même son de cloche auprès d’Okaïdi (Enfants de 0 à 14 ans), surtout que Mlle Fadwa Ibenrissoul, Responsable de Magasin, a défendu que toutes les bourses ont accès à leurs articles dans les magasins de Casablanca, Rabat ou Meknès. En effet, l’article le moins cher est une paire de chaussettes, cédée à 29 Dh. Auprès de Célio (prêt à porter H&F), même si ce sont les B et B+ qui sont visés, l’offre revendique une certaine démocratisation. Ce phénomène est encore plus accentué lorsqu’on considère la restauration avec des franchisés tels que Pizza Hut, Mac Donald’s, ou Hediard. Rares sont ceux qui peuvent se targuer de n’y avoir jamais mis les pieds. Mme Asmaa Azmi, Directeur Marketing de Marionnaud, résume très bien cet élan. Elle assure que le magasin vise les A, B+ et B-, tout en faisant du food and mass market. L’objectif qu’elle a avoué est de démocratiser le luxe, de le rendre accessible. 
Pour se distinguer de la concurrence, un travail important est fait sur le service à la clientèle. Chez Marionnaud, les Conseillères Vendeuses, très discrètes, ne sont jamais loin pour prodiguer une suggestion. Mme Asmaa Azmi, Directeur Marketing et M. Pierre Martinez, Directeur Commercial Marionnaud Maroc, s’activent sans cesse pour satisfaire davantage la clientèle (voir Point de vue de Marionnaud en encadré). Du côté de Zara, on ne cesse de travailler pour être au top, avec des séances de formations et de techniques de vente, chaque matin.

 A à A+ … aussi

A côté de cette offre qui revendique une cible grand public, des magasins s’attaquent au haut de gamme, voire même au très haut de gamme. Lanvin Paris (haute couture) qui existe depuis janvier 2004, est en train d’ouvrir une autre boutique à Rabat. C’est assez significatif du succès que connaît la maison, note M. Fouad Makroum, Gérant. Même Massimo Duti (Prêt à porter H & F, et accessoires, haut de gamme), qui a ouvert ses portes en septembre dernier, il y a moins de deux mois, connaît un très bon début, confirme Ali, Gérant. Sur la même avenue Massira Al Khadra, en train de briller décidémment de mille feux, Paul Newman qui propose du sportswear chic, envisage déjà d’ouvrir à Marrakech. M. Dadi propriétaire du magasin se dit hypercontent et défend la pertinence d’un tel marché par l’exigence croissante des consommateurs de plus en plus portés sur la très bonne qualité. Ce raisonnement ramené aux propos de cette cliente, subrepticement interrompue en train de faire ses emplettes, qui a soutenu que la qualité, le distingué, pour être élégante n’a pas de prix, prouve que la corrélation est vite établie.
Ces clients de O Gallery (prêt à porter HFE, électronique haut de gamme, parfumerie et accessoires) versent dans le même registre. Une habituée n’a pas hésité à citer en exemple le cas d’acheteurs venus du Golfe arabique pour faire leurs “ courses ”. Est-ce dû au fait que M. Ali Zeid, propriétaire soit de nationalité jordanienne ? Elle a en tout cas soutenu le contraire.
Ce qui serait aussi très intéressant à savoir c’est comment expliquer cette frénésie d’ouverture de franchises et d’achats dans une conjoncture marquée par une inflation de plus en plus décriée. 

D. MB.

Le point de vue de Marionnaud
Mme Asmaa Azmi, Directeur Marketing :
“ Tout va bien, après deux ans d’activité. Nous ne cessons de recruter du personnel et le chiffre d’affaires évolue correctement (NDLR : hélas, nous n’en saurons pas plus). Ce qui le prouve davantage, c’est le développement qui est prévu avec des ouvertures programmées en 2007 dans d’autres villes du pays.
Pour satisfaire au mieux la clientèle, nous diversifions notre offre. Un institut de beauté qui propose différents services, notamment divers soins, massage pour le corps, salons de coiffure..., ouvrira ses portes au début du mois de novembre. Une cabine VIP, qui sera baptisée la Prairie, sera dédiée à cette marque, la plus chère au monde (NDLR : dans sa catégorie) et un Salon de coiffure Franck Provo ”.
M. Pierre Martinez, Directeur Commercial Marionnaud Maroc : “ Pour satisfaire la clientèle, nous essayons de rester toujours en mouvement et sommes constamment dans un système de création. D’ailleurs, nous allons monter un podium de maquillage pour faire des maquillages flashs tous les deux ou trois derniers jours de semaine, à savoir jeudi, vendredi et samedi. Au cours de ces podiums, ouverts à tous, nous faisons aux gens un maquillage flash et leur montrons comment ils peuvent aussi se changer, et s’adapter au temps qu’il fait, par exemple … ”


 

Trois questions à M. Belghiti, Président de la Fédération Marocaine de Franchise

Comment se porte la franchise en général ?
La progression des ouvertures est continue. De nouvelles franchises s’installent aussi.  Leur nombre augmente, il y a très peu de fermetures. En ordre de grandeur, nous sommes au-delà de 400 réseaux de franchises au Maroc. L’année dernière, l’accroissement était de 23%, par rapport à l’année dernière.
Parmi celles-ci, on compte plusieurs franchises marocaines qui se développent.

Pourtant, il y a eu le cas de franchises qui ont dû baisser leur rideau. Est-ce à dire, que le piège à franchise plane toujours ?
S’il existe des franchises qui sont en difficulté, cela peut provenir d’activités parallèles, de la contrebande… Il est donc fort probable qu’il y ait des secteurs touchés par la contrebande. Cela peut leur valoir quelques difficultés passagères. Mais tant que la société a pignon sur rue, il n’y a pas lieu de s’alarmer outre mesure.


Peut-on dire que dans l’avenir, la franchise va cartonner au Maroc ?
Les évolutions futures n’auront certainement pas les mêmes amplitudes que celles que nous avons vécues, il y a quelques années auparavant, et qui étaient de l’ordre de 30%, voire même de 40%. Aujourd’hui, certains secteurs sont un petit peu saturés, comme le prêt-à-porter, le mobilier, et même la restauration. Néanmoins, d’autres secteurs vont se développer.
Nous sommes confiants pour ce qui est du développement de la franchise. En témoignent le séminaire, prévu du 13 au 17 novembre 2006 à Rabat, par l’institut Multilatéral d’Afrique (IMA) et les Joint Africa Institute (JAI), en collaboration avec la Banque Mondiale, le FMI, et la BAD. Ce séminaire de cinq jours sur le franchisage, avec comme thème: “soutenir et mener l’affranchisage pour un développement économique efficace”. C’est une manière de mettre l’accent sur ce domaine qui participe énormément au développement de la PME en Afrique. C’est une des chances pour l’Afrique.

Propos recueillis par
Daouda Mbaye



 

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