C’est un Bureau de l’Amith, serein et très confiant sur l’avenir, qui a reçu le quitus de l’Assemblée Générale Ordinaire, le 6 juillet à Casablanca. Avant d’en arriver là, M. Karim Tazi, Président de l’association, a fait une longue lecture de son rapport moral. Ce dernier a replacé le secteur dans son contexte, international puis national, et brossé les dernières avancées et les différents chantiers accomplis. Plutôt confiant, contrairement aux alarmistes qui pronostiquaient des chutes libres en série dans le secteur, il a surtout noté que maintenant, plus que par le passé, la promotion doit être soutenue. A ce titre, il n’a pas omis de souligner que l’excédent de 6,727 M de Dh, révélé par la lecture du rapport financier de M. Zakaria Fahim, Commissaire aux Comptes, ne le comble pas d’aise et de joie. Justement, il interpelle les industriels, à qui il revient aussi de prendre des initiatives dans ce sens. «Nous sommes prêts à vous accompagner, quitte à ce que ce soit sur des missions sur mesure!», a-t-il lancé à une salle quasi-comble d’opérateurs du secteur.
Revenant sur le contexte national du textile et habillement, en 2005, le Président de l’Amith, a indiqué que ce fut une année très mal vécue. Il n’en a pas moins mentionné que : «selon l’opinion publique nous étions condamnés à un effondrement, sauf que dans la réalité, cela ne s’est pas produit ainsi».
Nouveau cap de Chiffres à l’appui, M. Tazi a tenté de démontrer qu’à une baisse des exportations de 7% contre les -12% vécu au premier semestre, il y eut une quasi-stabilité du chiffre d’affaires (24 milliards de Dh) et surtout un maintien des effectifs tournant autour de 200.000 emplois. Sur ce dernier point, considéré comme un signe de solidarité, une exemplarité à magnifier, il a tiré à boulets rouges sur la presse- allez savoir laquelle?- qui avançait des pertes d’au moins 50.000 emplois! Pour l’Union Européenne, le Maroc reste tout de même au 7ème rang des fournisseurs avec 4,2% de parts de marché.
Si l’on en est arrivé à ce résultat, dira-t-il, c’est que le Maroc (opérateurs et pouvoirs réunis) a compris les tendances et su anticiper. La menace du «moins cher», ne doit pas être plus considérée que les autres tendances lourdes qui ont influencé et continueront d’impacter les stratégies sourcing des produits textiles à l’échelle planétaire et qui ont pour les nouveaux comportements du consommateur, les exigences en matière de réactivité et de créativité «Fast Fashion», la ré-instauration des quotas sur les produits chinois jusqu’à fin 2007, impliquant le déploiement de «plans B» de la part de la distribution organisée en matière de sourcing. Sur ce volet, l’Amith a salué le contact maintenu entre les pouvoirs publics et la profession tout le long de la phase critique. Au final, le Plan Emergence Textile- Habillement, élément déterminant dans la seconde année de son mandat, conclu en octobre 2005, est le résultat d’une démarche public – privé consensuelle, a-t-il noté. De son point de vue, c’est le témoin d’une vision partagée, quant à l’importance stratégique de l’industrie du Textile- Habillement marocaine et de la volonté conjointe de l’orienter vers un nouveau cap de progrès.
Adaptabilité et promotion en force
A la grande satisfaction des opérateurs qui l’ignoraient peut-être, il a rappelé que les dispositions de cet accord visent à transcender les menaces et les freins au développement du secteur en actionnant les leviers de la réactivité, de la créativité, de la fluidité logistique et de la compétitivité des facteurs ainsi que par l’engagement des entreprises dans un vaste programme de mise à niveau et de repositionnement marketing et commercial de leur offre. Les 12 projets d’investissement en 2005 totalisant 1,6 milliard de Dh et devant engendrer 5.329 emplois, et les 9 autres sur l’année 2006 (1,9 milliard de Dh pour 2.369 emplois), sans compter les méga projets, sont autant d’indicateurs pour signifier la confiance dans le secteur. Le fonds de structuration pour accélérer la modernisation compétitive, la catégorisation des entreprises en douane pour accélérer les facilitations, le déblocage du Fonds de promotion de 20.000.000 de Dh sont quelques outils concrets, cités, pour aller de l’avant.
Entre autres réalisations, les road shows organisés à travers le pays, les différentes actions génériques, les participations au Magic Show aux USA, l’assistance et l’accompagnement, le développement des réseaux d’entreprises en consortia, une communication et un système d’informations plus aguerris, le développement de la compétitivité, la fashion week organisée à Casablanca... et la décision de recruter un Consultant, basé à l’Amith, pour une pénétration plus facile du marché US... doivent amener le secteur à avancer plus vite.
Les interventions de Mme Echihabi, Directeur de l’Agence Nationale de la PME (ANPME), et du programme New Business Opportunity (NBO) financé par l’USAID pour la promotion des exportations TH sur les Etats-Unis en disent long sur les orientations prochaines.
D. MB.