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Entretien avec M. Mohammed Fikrat, PDG de Cosumar : Vers un nouveau régime sucrier !

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La Nouvelle Tribune: Quels sont les effets néfastes de la flambée des cours du sucre sur le système de fixation actuel des prix sur le marché national ?
M. Fikrat :
«Néfastes» me semble un terme un peu trop fort, je parlerais plutôt de la nécessité et l’urgence de l’adaptation de la tarification douanière.
Actuellement, la production nationale de sucre est alimentée à hauteur de 54% par le sucre brut importé et raffiné à Casablanca et à 46% par le traitement des plantes sucrières dans nos sucreries nationales.
Concernant l’importation du sucre brut, l’Etat prévoit une tarification douanière qui plafonne le prix à 4.700 Dh la tonne, l’objectif étant de protéger la production locale et d’assurer les revenus aux 80.000 agriculteurs qui fournissent la matière première. Ce principe est à la base de la politique sucrière nationale depuis plus de quarante ans.
Cependant et à la vue des récentes hausses du cours du sucre brut sur le marché international, le système de tarification douanière actuel qui ne prévoit pas des prix supérieurs à 3.500 DH par tonne, est devenu aujourd’hui inadapté.

Il a été question d’une décision gouvernementale pour supporter les conséquences. Qu’est ce qui a été fait jusqu’à présent ?
L’une des solutions proposées prévoit effectivement une intervention de l’Administration, qui porterait le financement de la subvention du prix à la consommation au niveau requis pour limiter le prix d’importation à 4700 DH/T. Si le principe est acquis, les modalités d’application ne sont pas encore définies.

En attendant, perdez-vous de l’argent ?
Des difficultés de mise en oeuvre pourraient apparaître dès le mois d’avril si les modalités d’application sur les livraisons à venir n’étaient pas concrétisées.
Le secteur du sucre est réglementé dans la mesure où les plantes sucrières, betterave à sucre et canne à sucre constituant la matière première, ont des prix de référence et de plus les tarifs du sucre sont réglementés.
Par conséquent, une réflexion tenant compte de ces paramètres, et des attentes de toutes les parties, aussi bien les agriculteurs que les industriels, est souhaitable. En effet, Cosumar compte investir des fonds importants pour rendre les sucreries plus compétitives et s’est engagé auprès de l’Etat, à la mise à niveau des sucreries acquises.
Des discussions déjà amorcées prévoient la mise en place d’un système équilibré qui vise à consolider la filière et à la préparer à affronter une concurrence plus ardue.

Une date a-t-elle été retenue pour ces «Etats Généraux du Sucre»?
A ma connaissance, aucune date précise n’a été retenue, mais la volonté d’aller vers une nouvelle configuration est bien réelle. A terme, cela facilitera la mise en place d’un nouveau système règlementaire plus adapté.

Pensez-vous à quelque chose de particulier?
A titre d’exemple, le système en vigueur dans les pays européens valable jusqu’à l’horizon 2013, permet de meilleurs rendements et des conditions agronomiques et industrielles plus adaptées. Très succinctement, il instaure des prix de référence, un plan de restructuration, une reconversion des exportations, et une injection de fonds de restructuration par les états européens à hauteur de 6,3 milliards d’euros. En tant qu’industriels, dans ce secteur hautement stratégique et compte tenu des investissements lourds que notre pays avait engagés et ceux que nous comptons effectuer dans l’outil industriel, nous avons besoin d’une visibilité sur 10 ans.

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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