Tout est, peut-être, dans le titre! Il suffisait, d'ailleurs, d'assister aux travaux du Congrès du CNI pour faire un tel constat. Des insinuations des uns et des autres, des altercations assez poussées, des accusations accablantes, des coups de poignards... Bref, constat d'une famille ittihadie totalement déchirée. Constat également d'une crise qui bat son plein. Les diverses interventions et prises de position ont plongé l'assistance dans le doute le plus profond quant aux perspectives d'une recomposition de cette formation scissionniste de l'USFP en 2002, d'une révision des démarches susceptibles de gérer l'unité et les divergences et d'une remise sur les rails. Situons-nous d'abord, le décor: réunis à Rabat puis à Bouznika dans le cadre de leur congrès, les amis de Noubir Amaoui se sont livrés à leur "gros mots" d'antan. Ils se sont pris, du coup, par leur inconscience pour critiquer sévèrement tout, même les camarades. A l'heure où nous mettons sous presse, les travaux n'ont enregistré aucune avancée notoire. C'est le blocus total. Un nombre important de militants menacent de quitter le parti. Essayant de calmer les esprits, Abdelmajid Bouzoubaâ SG du CNI rassure quant au déroulement normal des travaux du congrès. " le dépouillement des votes se poursuit pour la détermination de la liste des 171 membres de la Commission Administrative du parti", dit-il avant d'ajouter que les nouveaux membres de cette instance seront choisis parmi les 350 candidatures présentées dans le cadre de ces travaux: " Une fois l'opération de dépouillement achevée, la commission administrative se réunira prochainement pour l'élection des membres du bureau politique et du SG du parti". Pour ce qui est du retrait de certains congressistes, Bouzoubaâ estime que cela s'explique par la "non satisfaction de certains membres des aspects organisationnels du parti. Les tentatives de réconciliation engagées à ce propos n'ont pas abouti, mais le contact reste ouvert avec les concernés pour les convaincre de revenir sur leur décision". En attendant, Bouzoubaâ a toujours du mal à unir les rangs. L'avenir de cette formation prête à confusion. L'on se souvient d'ailleurs de la création du CNI après une rude bataille avec les Usfpeïstes le 19 octobre 2002. L'on se souvient également et surtout de ces deux déceptions électorales successives qui ont failli aboutir au pire de l'aventure de cette nouvelle plate-forme politique des amis d'Amaoui et Bouzoubaâ, deux figures de proue de la CDT. L'échec cuisant du CNI aux législatives de septembre 2002 (un seul siège à la Chambre des Représentants), puis aux communales de septembre 2003, a plongé les Amaouistes dans le doute le plus profond. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. La frustration des uns et des autres était énorme.
Seulement, aujourd'hui tout va si vite qu'on ne laisse plus à ceux qui sont à la barre le temps de gagner ou de perdre la partie engagée, surtout en un temps où l'urgence n'est pas tant de changer le monde mais d’essayer au moins de le comprendre...
H.Z.