C’est un Mohamed Wakrim, tout auréolé de la performance historique réalisée par la poste marocaine, qui a présenté à Casablanca le bilan de Barid Al Maghrib au titre de l’exercice 2004. Un bilan satisfaisant puisque tous les indicateurs de cette entreprise moderne sont au vert. Il ne pouvait en être autrement quand on sait les compétences internes qui s’y déploient, chaque jour, pour faire de Barid Al Maghrib le fleuron des états publics du Royaume. Les chiffres affichés montrent bien qu’on est en face d’un nouveau système d’encadrement et de gestion dont le credo est l’efficacité, le management intelligent et la participation. D’ailleurs, M. Wakrim a bien souligné lors de son exposé en affirmant que sans les femmes et les hommes qui travaillent d’arrache-pied à Barid Al Maghrib, les résultats ainsi obtenus ne seraient pas possibles. Car avec un chiffre d’affaires de 1,237 MDH et un résultat net de 118 MDH, Barid Al Maghrib a atteint son plus haut score dans son histoire. Pour expliquer ce bond légendaire, M. Wakrim souligne que «l’un des exploits les plus symboliques est certainement l’activité courrier qui a défié la mutation dictée par l’évolution des nouvelles technologies de l’information» avant d’ajouter que loin de connaître une régression sous les effets de substitution, cette activité de base a affiché un chiffre d’affaires de 596 millions MDH et une progression de 7 %.»
Efficacité et rentabilité
Cette avancée est certainement l’une des meilleures réponses à tous ceux qui pensent qu’avec l’internet le glas du courrier postal aura sonné. Mais la performance de Barid Al Maghrib ne s’articule pas seulement sur le courrier. Car la poste marocaine a d’autres cordes dans son arc. Il s’agit entre autres de la messagerie. Ce volet s’est nettement amélioré puisque l’activité de la messagerie a connu une innovation depuis seulement deux années avec le lancement de l’offre Amana. en l’espace de 24 mois, l’activité de ce segment de 50 %. «Avec un chiffre d’affaires de 21 millions MDH et un trafic express en progression de 47 %, cette activité tient ses promesses en défiant la concurrence privée et en donnant à Barid Al Maghrib toutes ses lettres de noblesses pour en faire la référence sur un marché en croissance exponentielle», explique le Directeur Général. Le manager de la poste marocaine s’est également étalé sur d’autres activités pour réaliser les résultats satisfaisants. Dans ce contexte, et grâce à une stratégie de diversification et d’efficacité commerciale, le chiffre d’affaires des services financiers a connu un bond de 12 % pour atteindre près de 500 MDH. Les arguments de M. Wakrim sont simples mais ils valent leur pesant d’or. En Effet, «le développement des encours CCP et CEN, performance du réseau dans le domaine du transfert d’argent, participation réussie à l’offre publique ouverte de vente de l’action Maroc Télécom, sont autant d’éléments qui traduisent l’attachement d’une grande partie de la population aux services financiers de la poste.» Dans le bilan présenté, on se rend compte que d’autres réalisations complètent ce tableau de performance. Pour cela, il convient de citer la monétique où Barid Al Maghrib conforte sa position puisque 77 cartes utilisables ont été commercialisées sur 162 guichets automatiques. Sur un plan, la mise en place du programme d’offre bancassurance ou encore le lancement du nouveau produit e-barkia permettant de transmettre des messages électroniques en français ou en arabe avec recommandation d’office et distribution en J ou en J+1, ont constitué des facteurs catalysants du succès de Barid Al Maghrib. Cependant, tous ceux qui ont suivi l’évolution de la poste marocaine ne pouvaient être étonnés des résultats ainsi réalisés.
D’ailleurs, des signes précurseurs d’un tel bond était prévisibles lors de la présentation du bilan de 2003. À l’époque, M. Wakrim s’était déjà fixé des objectifs à atteindre. En cette année là, les chiffres étaient encourageants. Puisque Barid Al-Maghrib a réalisé, à cette époque un résultat courant de 237,6 MDH, un résultat d’exploitation de 213 MDH en hausse de 25 % et un résultat net de 74,6 MDH. Ce qui constitue un motif de fierté pour M. Wakrim qualifiant ces résultats de progrès significatif pour son établissement et ce malgré des contraintes liées notamment aux départs volontaires, dans le cadre de la restructuration de Barid Al-Maghrib. Et il s’est consolé en ces termes : «Le résultat net a été amputé par les dépenses allouées aux départs volontaires d’un montant de 200 MDH. Hormis cet événement exceptionnel, le résultat net de Barid Al-Maghrib aurait dépassé 185 MDH.» Faut-il rappeler, à ce sujet, que ces départs volontaires ont concerné plus de 1 000 employés. Malgré ces départs, Barid Al-Maghrib compte encore quelque 7 650 collaborateurs. Pour relever ce défi, M. Wakrim a alors placé la barre haut quant à la rentabilité de son institution pour l’avenir. «Ces acquis nous autorisent à inscrire nos actions dans le cadre d’une vision stratégique audacieuse. Illustrée par notre projet d’entreprise «Vision 2008 Barid Al-Maghrib», en cours de finalisation, cette vision est la suite logique de l’aboutissement du projet de restructuration Barid Al Ghad. À travers elle, notre ambition est de faire de Barid Al-Maghrib, à l’horizon 2008, une entreprise plus compétitive, innovante, flexible et communicante. En ce sens, nos principaux objectifs consistent à créer de la valeur ajoutée pour nos partenaires et à consolider notre vocation citoyenne contribuant ainsi au développement économique et social du pays. Pour ce faire, nous faisons de l’orientation client, de la qualité du service, de la dynamique commerciale et de la mobilisation des ressources, à travers un management participatif sur des objectifs mesurables, nos priorités stratégiques sur la période 2005-2008», avait souligné le patron de Barid Al Maghrib. Les résultats d’un tel engagement ne se sont pas fait attendre puisque l’année suivante, c’est-à-dire 2004, la poste marocaine a une santé financière jamais atteinte depuis sa création. Parallèlement, des innovations ont vu le jour notamment la mise en place de la comptabilité analytique. Tandis qu’au niveau international, Barid Al Magrhib est aujourd’hui cité en exemple de réussite que ce soit à la Banque Mondiale ou à l’Union Postale Universelle. D’ailleurs, cette reconnaissance par la communauté internationale conjuguée à l’importante participation aux travaux de l’UPU a fortement contribué à l’élection du Maroc au sein des deux Conseils de l’UPU lors du congrès tenu à Bucarest en octobre 2004. La performance de 2004 a été une nouvelle occasion pour M. Wakrim de se dresser de nouveaux défis. «Au-delà des réalisations, 2004 fut une année de transition vers plus de changement et de performance. Dans la continuité du projet Barid Al Maghrib, cette année a vu l’élaboration de notre plan stratégique, vision 2008, véritable défi collectif conjuguant innovation, volontariat, sens de la mission et des valeurs. C’est aussi un challenge visant la satisfaction de tous: clients, postiers et différents partenaires publics et privés», dit-il. C’est sous ce signe que Barid Al Maghrib a entamé l’année 2005. Une année au cours de laquelle d’autres records de performance seront battus. Les principaux projets prévus, dans ce sens pour 2005, s’articulent autour de l’étude du schéma directeur du système d’information sur la période 2006-2010, la modernisation et l’extension du réseau Barid Net (connexion de 100 % du réseau, téléphonie sur IP), la mise à niveau des infrastructures de sécurité information et télécoms ainsi que la création de 21 nouvelles agences et le réaménagement de 92 autres selon la nouvelle charte graphique. Il est prévu également l’étude de segmentation de la clientèle services financiers et le lancement du schéma directeur qualité 2006-2008 à savoir la certification et la mise en place de la démarche qualité. Pour y arriver M. Wakrim a son plan car désormais l’heure est au service de proximité, de qualité, d’efficacité, de partenariat solide et une parfaite adhésion de l’ensemble des postiers au programme ainsi promu.
M.S.
Des innovations
La modernisation de Barid Al Maghrib est loin d’être un vain mot. L’une des innovations récentes, dans ce sens, reste bel et bien l’application de la comptabilité analytique. Concernant ce nouveau système, M. Omar Amouzigh, Directeur Financier de Barid Al Maghrib, souligne que ce système de comptabilité analytique a été pour la poste marocaine l’occasion de mettre en place un système d’informations généralisées plus performant. En effet, le nouveau système regroupe à la fois aussi bien les applications de gestion que les applications de production. Toutefois, soutient M. Amouzigh, la particularité de la comptabilité analytique développée par Barid Al Maghrib est qu’elle est alimentée directement par les systèmes d’information qui sont à la base même de cette nouvelle méthode. En outre, ce système d’information commence à partir des bureaux de poste, avec les applications informatiques , jusqu’au sommet avec l’info-centrale analytique que nous avons mise en place et qui fédère l’ensemble des applications informatiques. «C’est ce qui fait la force de notre système qui vient alimenter la comptabilité analytique de sorte qu’elle suive l’intégralité des questions qui doivent être étudiées pour donner des résultats fiables.» La mise du processus n’a pas été aisée puisqu’elle a été très longue car la mise en place de ce système a demandé plus de quatre années de travail. D’ailleurs, il a fallu commencer par mettre en place tout un système d’informations de gestion. «Nous avons commencé par informatiser le processus de gestion des ressources humaines, ressources financières et comptables, l’approvisionnement et le stock et d’un d’autre côté fiabiliser toutes les applications de production concernant les chèques postaux, la caisse d’épargne nationale, les transferts de fonds. Naturellement, tout cela a nécessité la collecte d’informations qui touchent les détails les plus fins. Cela nous a pris du temps mais grâce à Dieu et à l’effort conjugué de tous, nous avons réussi à finaliser le système de comptabilité analytique», fait remarquer notre interlocuteur.