Pauvres consommateurs! Avant qu'ils se fassent respecter, il est de ces corporations qui usent et abusent. Certains opérateurs parmi celles-ci, qui ignorent tout de la loi 06-99 sur la liberté des prix, n'y vont pas de main morte . Doit-on ces incartades à la limite plutôt floue des activités encore réglementées? Interrogation légitime, car l'exemple du transport urbain est assez significatif. Quand les uns affichent leurs tarifs, d'autres par contre les fixent à la tête du client. Très souvent, à cause de la très grande anarchie des prix qui règne dans ce secteur, plusieurs tarifs coexistent. Les occasionnels sur des itinéraires continuent d'appliquer des tarifs normaux et habituels, tandis que ceux qui ont du plaisir à prendre en otage le citoyen lambda. Tout est prétexte pour la hausse. Cela va d'une forte affluence à la veille d'une fête nationale, à un après Raja-WAC. Certes, les lois économiques font que l'offre est conditionnée par la demande, mais il y a des limites à ne pas dépasser, et des règles à respecter. Une fois hors de ces balises, c'est la porte ouverte à des heurts et des tensions inutiles. Il y aura des hausses, qui seront de nouveau répercutées sur le consommateur. Pourvu qu'elles soient concertées et clairement affichées, tel que le stipule la loi.
Les associations qui défendent les intérêts des consommateurs existent pourtant. Ailleurs, elles ont un réel pouvoir de dissuasion. Leurs actions sont reconnues pour faire respecter la santé, le bien-être, ... en un mot maintenir un niveau de vie élevé pour le consommateur, et par delà la société tout entière. Le consumérisme y a droit de cité. Sous nos latitudes, les textes sont encore dans les tiroirs, la coordination entre associations laisse à désirer, et le consommateur pèche par une grande candeur.
Daouda MBaye