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Lesieur Cristal s’occupe de nous : Plus d’Omega-3, moins de risques cardiovasculaires

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Les  huiles Oméga-3 envahissent de plus en plus le quotidien des consommateurs des pays développés. Derrière cet engouement, il y a bien évidemment les vertus avérées des Oméga-3 dans la cardioprotection. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 30 % des maladies cardiovasculaires seraient évitées par une bonne alimentation. Des études poussées portant sur les esquimaudes du Groenland, dont l’alimentation est riche en Oméga-3, ont confirmé l’effet protecteur de ces acides gras dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Sachant que les maladies cardiovasculaires sont devenues une préoccupation majeure de santé publique, du fait qu’elles représentent la première cause de mortalité dans le monde, des signes d’une volonté de faire évoluer les bonnes pratiques alimentaires sont aujourd’hui perceptibles dans nombre de pays développés.
Au Maroc, où les problèmes cardiovasculaires ont tendance à croître sous l’effet notamment des changements des modes de consommation liés notamment à l’urbanisation et de la méconnaissance de certains aliments essentiels, cette prise de conscience tarde à se manifester. Ce que confirme d’emblée le Pr Ahmed Adlouni qui présidait le Symposium “Nutrition et Prévention Cardiovasculaire” en insistant sur “la nécessité de sensibiliser les marocains sur l’apport des poissions et des huiles riches en Oméga-3 dans la consommation”. Intervenant sur le thème: “Les Oméga-3, de la nutrition à la protection cellulaire”, le Dr J-M Lecerf, Chef de service de nutrition auprès de l’institut Pasteur de Lille, a mis l’accent sur “le rôle des acides gras qui sont essentiels pour notre organisme du fait qu’il ne peut les synthétiser”. Selon le Dr Lecerf, les Oméga-3 sont aujourd’hui attribués plusieurs vertus dont leurs effets sur la  cardiopathie, le cancer du sang, la dégénérescence des cellules, l’obésité, etc. Toutefois, il a insisté sur le fait que “certaines de ces vertus  ne sont pas encore totalement élucidées”. Seul l’effet des Oméga-3 dans la prévention des maladies cardiovasculaires est aujourd’hui approuvé par de multiples études et ne fait plus l’objet de doute auprès des chercheurs. Pour parer à tout déficit en Oméga-3, il recommande d’apporter à l’organisme quotidiennement de petites doses de ces acides gras (2 grammes/jour pour l’homme et 1,6 gramme/jour pour la femme). Il s’agit certes de petites quantités, mais où les trouve t-on ? A cette question, Mme Céline, Expert à l’agence Française de sécurité sanitaire des Aliments (AFSSA), intervenant sur le thème: “Enrichissement des aliments en acides gras oméga-3 et allégations”, a mis le point sur les deux modalités d’apport en acides gras riches en Oméga-3. Il y a d’abord la consommation d’aliments intrinsèquement riches en Oméga-3 dont: l’huile de colza, huile de noix, les poissons, etc.

Corriger les déficits en Oméga-3

Au Maroc, et dans le souci de répondre aux besoins des consommateurs, Lesieur Cristal a lancé il y a quelques mois une huile 100 % colza riche en Oméga-3 pour pallier le déficit des organismes en acides gras essentiels. L’autre apport en Oméga-3 est l’enrichissement des aliments qui y sont pauvres. Des études ont par exemple prouvé que la modification de l’alimentation du bétail par apport d’aliments riches en oméga-3, comme les graines de lin, se traduit par une amélioration de la teneur de leur lait et de leur viande en acides gras essentiels. C’est ainsi qu’aujourd’hui dans certains pays développés on trouve des “œufs oméga-3” qui sont pondus par des poules dont la moulée est enrichie en graines de lin, ce qui accroît fortement leur teneur en Oméga-3.
Enfin, intervenant sur le thème: “Les oméga-3 et prévention cardiovasculaire”, le Pr M. de Lorgeril, cardiologue au CNRS de Grenoble, est revenu longuement sur les bienfaits des Oméga-3 dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Selon le Pr Lorgeril, des études ont démontré que “le déficit en Oméga-3 semble jouer un rôle non négligeable dans le syndrome de la mort subite”. Or, ces morts subites représentent plus de 70 % des décès cardiovasculaires. Des études plus récentes ont même montré “que les Oméga-3 peuvent réduire jusqu’à 55 % le syndrome de la mort subite”. Reste, comme l’a bien souligné le cardiologue, “la consommation moyenne en Oméga-3 d’origine végétale ne représente que les 30 % des besoins de l’organisme dans les pays développés”. Plus grave encore, ces 30 % ne sont pas entièrement acquis par l’organisme du fait, entre autres, de l’effet indésirable des médicaments anti-cholestérol et surtout de l’excès de la consommation en Oméga-6, qui perturbe le métabolisme des Oméga-3 par inhibition enzymatique compétitif. Sur ce dernier point, selon les études, le rapport Oméga-6/Oméga-3 dans l’alimentation des occidentaux se situe entre 10 et 30 pour 1, alors qu’il devrait idéalement se situer entre 1 et 4 pour 1. Le Dr Lorgeril fait remarquer que “le ratio Oméga-6/Oméga-3 dans l’huile de colza est excellent”, avant d’attirer l’attention de l’assistance sur  “l’urgence de corriger nos déficit en Oméga3”.             

Moussa Diop


Entretien avec Céline Dumas, Nutritionniste et Responsable du Programme Oméga-3 au sein de l’AFSSA
“Les vertus des Oméga-3 sur le système cardiovasculaires ont été prouvées par des études”

A l’occasion de la tenue du symposium sur les Oméga-3, organisé par Lesieur Cristal en collaboration avec la Société Marocaine d’Arthérosclérose (SMA), Mme Céline Dumas,  nutritionniste et expert auprès de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), est revenu sur les vertus des Oméga-3.

La Nouvelle Tribune: Qu’est ce qu’on entend par Oméga-3 ?
Mme Céline Dumas :
Les Oméga-3 appartiennent à la famille des lipides qui est composée de trois groupes: les acides gras saturés, les monoinsaturés et les polyinsaturés. Les Oméga-3 font partie des acides gras polyinsaturés qui participent à l’élaboration d’acides gras hautement insaturés. Dans cette famille de lipides on distingue l’acide alpha-linoléique (ALA), l’acide éicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoique (DHA).
Les Oméga-3 sont des acides gras dits essentiels car l’organisme humain ne peut les fabriquer alors qu’ils jouent un rôle central au niveau membranes cellulaires et interviennent dans de nombreux processus biochimiques de l’organisme. 

Quels sont les aliments riches en Oméga-3 ?
On trouve les Oméga-3 dans divers produits végétaux comme l’huile de colza, l’huile de noix, l’huile de soja. On les trouve également dans les poissons. Aujourd’hui, du fait des vertus liées à la consommation de produits riches en Oméga-3, on trouve sur certains marchés des produits  enrichis en Oméga-3. Cet enrichissement peut être obtenu, soit par un mélange d’huiles riches en Oméga-3 avec certains aliments comme le lait, soit par la modification de la consommation du bétail, avec un apport d’aliments riches en Oméga-3 comme les graines de lin, pour obtenir des produits laitiers et de la viande enrichis en Oméga-3.

On accorde beaucoup de vertus à l’Oméga-3 pour leurs effets sur les problèmes cardiovasculaires, le cholestérol, l’obésité, etc. Qu’en est-il en réalité ?
Pour le moment, les Oméga-3 n’ont pas d’effets connus et démontrés par des études avérées sur la baisse du taux de mauvais cholestérol ou sur l’obésité. Par contre, leurs effets sur les maladies cardiovasculaires ont été démontrés par plusieurs études parues dans des revues scientifiques suite à des études réalisées notamment en Amérique du Nord. Selon ces études qui portent notamment sur l’effet des Oméga-3 sur les morts subites, qui représentent l’essentiel des décès cardiovasculaires, et partant des individus consommant des acides gras riches en Oméga-3 d’origine végétale où des poissons, ces acides n’ayant pas les mêmes effets, il est démontré que les acides alpha-linoléiques diminuent la mortalité due à l’infarctus et le nombre d’infarctus chez les personnes ayant des problèmes cardiaques.
En clair, les Oméga-3 possèdent de nombreuses vertus pour le système cardiovasculaire, qui sont démontrés par d’études sérieuses. Par contre, pour ce qui est des autres bienfaits attribuées à l’Oméga-3, et qui concernent leurs effets sur le cholestérol, l’obésité, le stress et la dégénérescence cellulaire, il y a plus de publicités pour le moment que d’études prouvées.

L’apport des Oméga-3 est non seulement insuffisant mais également inhibé par celui des  Oméga-6. Comment arrive t-on dans ces conditions à établir un équilibre adéquat à notre organisme?
Signalons que les Oméga-6 sont également des acides gras polyinsaturés donc essentiels à l’organisme. Seulement, et contrairement aux Oméga-3, ils sont très abondants dans notre nourriture. On les trouve notamment dans les viandes, les graisses animales, les céréales, etc. L’excès des Oméga-6 empêche l’utilisation optimale des Oméga-3 par l’organisme, car les deux acides gras font appel presque aux mêmes enzymes pour leurs métabolismes. Ce qui tend à accroître le déséquilibre Oméga-6/Oméga-3. Face à cette situation, il est recommandé de respecter le rapport Oméga-6/Oméga -3 inférieur ou égal à 5. En France, il est consommé 15 à 40 fois plus d’Oméga-6 que d’Oméga-3 d’où les recommandations pour les aliments riches en Oméga-3 pour rétablir cet équilibre fondamental. Ces recommandations commencent à porter leurs fruits.

Propos recueillis par
MD



 

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