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Entretien avec M. Abdelkrim Bencherki, Président de l’APSF : Les métiers de financement ont enregistré des évolutions intéressan

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La Nouvelle tribune : A la veille de votre Assemblée Générale, êtes-vous satisfaits de l’exercice 2004 ?
M. Abdelkrim Bencherki:
Sur le plan de l’activité, les métiers ont tous réalisé des évolutions intéressantes. Les métiers de financement ont totalisé environ 38 milliards de Dh, dont 22 milliards en crédit à la consommation, 14 milliards en crédit-bail, le reste étant réparti entre l’affacturage, le crédit immobilier, et, le cautionnement et la mobilisation de créances. A ce niveau, nous avons toutes  les raisons d’espérer.
Relativement aux avancées de la profession, nous enregistrons avec satisfaction le fait notamment que la plupart des sociétés de financement qui sont concernées par la classification des créances et leur couverture par des provisions, ont clôturé l’exercice 2004, en étant quasiment en phase avec les normes exigées par Bank Al Maghrib. Cela constitue un record, lorsqu’on considère que ces exigences ne datent que de deux ou trois ans, et que les sociétés de financement n’étaient pas du tout ciblées auparavant par le dispositif en la matière qui était appliqué aux seules banques! Pour celles qui ont enregistré quelque retard il y aura vraisemblablement lieu de leur accorder un délai raisonnable à l’instar de ce qui a été fait pour les banques.
Un autre motif de satisfaction émane du fait qu’aussi bien avec la Direction de la Supervision Bancaire (NDLR : DSB), qu’avec le Ministère du Commerce, toutes nos propositions et suggestions, relatives à la réglementation bancaire et le projet de loi sur la protection du consommateur, ont été prises en considération. Pour nous, c’est un  encouragement.

En interne, quelles sont les principales avancées dont ont pu bénéficier les adhérents à l’association?
Pour ses membres, l’APSF a mis en place, en tout cas, au moins deux dispositifs. D’abord, on peut citer le Système d’Aide au Management, qui est une sorte de compilation de tout ce qui est théorique, études, enquêtes…, qui touchent nos métiers et leur environnement, c’est-à-dire le marketing, le management, le social, …Ce mécanisme fonctionne à la grande satisfaction des membres. Ensuite, nous avons fait profiter la profession d’un instrument fort utile, le Système d’Aide à l’Appréciation du Risque, communément appelé SAAR. C’est un procédé qui a fait ses preuves. Grâce à cette action pionnière, nous sommes à l’abri d’impairs et pouvons éviter le surendettement et les créances en souffrance. Cette sorte de balustrade ou de paravent, nous évite de faire des bêtises. Car dans ce métier, peut-être plus que dans d’autres, on peut faire des bêtises sans le savoir.

Pour ce qui est de l’avenir, où vont s’orienter en priorité vos actions ?
Nous avons toujours l’ambition, c’est inscrit en lettres d’or dans notre plan d’action, de nous doter de ce fameux Observatoire du Crédit. L’objectif est de permettre de cerner toute la problématique relative au crédit. Nous pourrons répondre clairement, aux interrogations du genre, “qui demande le crédit ? ”, “ pourquoi il le demande ? ”, “ que va-t-il en faire ? ”, etc. Ne voulant pas pour des raisons déontologiques évidentes, accomplir toute seule l’ouvrage, l’APSF mène la réflexion avec la faculté de Ben M’Sik. Plusieurs réunions ont déjà été tenues de part et d’autre. Bientôt, nous aurons un cahier de charges, qui précisera la contribution de chaque partie.
Il est même question de créer un DESS en la matière.

Et intrinsèquement à l’activité ?
Le crédit est un mode de financement  de la consommation des ménages y compris l’immobilier, mais également de l’équipement des entreprises. S’agissant de ces dernières, nous souhaitons voir doubler et même tripler l’activité du crédit-bail. Le potentiel existe, c’est peut-être au niveau de la communication que nous péchons. La profession va s’atteler à combler cette lacune. Nous allons essayer de sensibiliser les investisseurs qui connaissent peu ou prou le leasing, à y recourir davantage. Les collectivités locales, ou les administrations, qui continuent à s’autofinancer ou à emprunter des fonds, peuvent très bien user du leasing pour s’équiper. Ce serait un moyen très intéressant pour elles à plus d’un titre.

Quid des autres métiers ?
Si jusqu’à présent nous nous sommes concentrés sur la consommation et l’investissement, il est temps de faire connaître les autres branches que l’APSF regroupe, à savoir le factoring, la gestion des moyens de paiement, le transfert de fonds, le cautionnement, la mobilisation de créances. La saison 2005-2006 sera consacrée à la réflexion autour de la promotion de ces métiers. Des manifestations, identiques aux Assises Nationales sur le Crédit à la Consommation et sur le Crédit-bail, seront sûrement consacrées à ces métiers.
L’évolution étant permanente, et allant aujourd’hui dans le sens d’une meilleure gouvernance, de la lutte contre le blanchiment de capitaux, d’une meilleure communication financière, d’une meilleure transparence des informations économiques…, nous sommes tout à fait attentifs au fait que Bâle II va entrer en vigueur en 2006 en Europe, et bientôt chez nous, les tablettes ont été ouvertes. Vraisemblablement, à la rentrée, il y aura une grande agitation autour de ce thème. C’est d’autant plus conséquent qu’après la Directive du Gouverneur de Bank Al Maghrib, datée du 1er avril 2005, il sera exigé un certain nombre d’informations sur les bénéficiaires de crédit. C’est d’ailleurs un chantier que nous aurions pu ouvrir plus tôt. Toujours est-il que l’application des directives, qui font allusion à la transparence de l’information, de la gouvernance… ne peut-être immédiate. Même en Europe, nous l’avions su, à l’occasion du congrès de Leaseurope et Eurofinas, tenu l’année dernière à Sorrento, que personne n’était encore prêt pour Bâle II. C’est un processus qu’il faut mettre en place au fur et à mesure.    

Propos recueillis
par Daouda MBaye



 

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