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Aviation civile : L’ONDA en exercice de sécurité à Fès

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Un aéroport crédible est un aéroport sûr. Portiques, et autres rayons X, ne suffisent plus! L’Office National Des Aéroports (ONDA), qui a placé la maîtrise de la sûreté aéroportuaire parmi les facteurs clés du succès de sa gestion, est assez explicite sur cette problématique. Avec l’organisation de l’Exercice de Gestion de Crise, ROCO 3, à l’aéroport Fès Saïss le 15 juin dernier, après les ROCO 1 et 2, respectivement en 1998 à Mohamed V (Casablanca) et 2000 à Al Massira (Agadir), il franchit un pas important pour relever le défi de la sûreté aéroportuaire. Au terme de l’opération, qui reposait sur un cas fictif, pendant laquelle les différents observateurs ont été amplement satisfaits des résultats obtenus, on peut le croire. MM. Abdelhanine Benallou et Jean Bonnefoy, respectivement Directeur Général de l’ONDA et de l’OACI (Expert chargé de la vérification de la conformité) ont effectivement exprimé leur satisfaction à la clôture. La cohérence des différentes actions et leur coordination ont prouvé que les formations acquises, durant trois mois, ont pu être appliquées pour gérer des événements de ce type. In fine, c’est la destination qui gagne en crédibilité (Voir trois questions). Réalistes, les responsables acceptent qu’il existe des timing, des réglages à opérer, et précisent d’ailleurs que les équipes de débriefing permettront d’approcher le parfait.  
Mais, en réalité, comment s’est déroulé ROCO 3, ainsi baptisé par l’agglomération des initiales des participants que sont la Royal Air Maroc (R), l’ONDA (O), la Civil Aviation Authority (C) et l’OACI (O)? Nous sommes jeudi 15 juin 2005, vers 10h. A l’aéroport Fès-Saïss, dehors, le va-et-vient des ambulances, toutes sirènes retentissantes, est incessant, un groupe de journalistes tente vainement de se créer une brèche dans un cordon de gendarmes de forces spéciales, casqués et armés de boucliers. En dépit d’un communiqué de presse laconique, ils n’ont cessé de faire des pieds et des mains pour en savoir davantage. A l’intérieur, les taches de sang par terre laissent supposer des blessés, pendant le coup de force. A l’étage, où étaient détenus, en otages une dizaine de personnes accroupies ou couchées à même le sol, dont un cardiaque et un diabétique, que les activistes ont bien voulu nous exhiber, par groupes de dix, ceux-ci cagoulés et lourdement armés, occupent chacun un poste stratégique. Leur chef de file, en grande discussion avec des négociateurs, et profèrent des menaces pour faire sauter des bombes, bien visibles, si leurs revendications n’étaient pas satisfaites … De nouveau dehors, nous nous sommes rendus aux salons d’honneur, où nous avons aperçu le Poste de Commandement des Opérations d’Urgence, et l’Equipe de Négociateurs. Plus de peur que de mal, car après négociation, les otages ont été libérés, et les criminels ... 
Au vu de toutes ces péripéties, avec une organisation impeccable, notamment ces gilets de différentes couleurs, blanche, jaune, bleue, verte, et rouge, pour distinguer les acteurs des passagers (Fès Saïss n’a pas été fermé au trafic), cette simulation, où rien n’a été laissé au hasard, a effectivement permis d’évaluer le niveau de réaction des autorités chargées de la sûreté, mais aussi l’efficience de la gestion de crise, le traitement des victimes, des médias et des attendants (contacts, parents et famille), etc.
Le fait que la personne adéquate ait dirigé pour la première fois le ROCO, M. Brahim Lakhlifi, Directeur de la Qualité, Sûreté & Sécurité à l’ONDA, pour ne pas le nommer, est assez corrélatif au succès, a notamment remarqué M. Anass Lahkim, Directeur Délégué d’Al Massira et Directeur de l’Exercice.

De l’irréel pour anticiper

A l’issue de l’opération, M. Lakhlifi a souligné qu’à travers cet exercice, l’ONDA a exprimé sa capacité à se conformer à la Convention de Chicago, relative aux systèmes de sécurité, dans ses annexes 14 et 17. Avant de conclure, il a remercié tous les participants dont certains ont reçu des assauts vigoureux de professionnels. Quant à M. Jean Bonnefoy, qui a tiré plusieurs enseignements, à chaud, il a trouvé que ROCO 3 est un très bon acquis pour le Maroc et pour l’aviation civile internationale. La remarquable préparation par l’équipe de gestion de crise, qui a pris les choses dans le bon sens, la parfaite planification avec un démarrage pile poil à l’heure et une fin à l’heure programmée, l’ont amené à tirer chapeau au Personnel de Planification de l’Exercice (PPE). De son avis, l’approche, faite au cours de cette fiction, peut bien servir dans d’autres aéroports, la sûreté n’ayant pas de frontières. Seulement, tout cela n’est pas suffisant, sachant que le but essentiel est de répondre à une situation de crise devant malheureusement arriver dans la réalité, a-t-il ajouté. Après les debriefings intermédiaires et les observations poste par poste, un plan d’urgence sera plus correctement élaboré. Le plan de gestion de crise sera alors d’une plus grande efficacité.
Les différents participants, qui ont pendant de long mois préparé toute l’organisation et la logistique (autorités locales, DGSN, gendarmerie (GISGR), services de l’aéroport, Royal Air Maroc, Douane…, et même des journalistes) ont tour à tour exprimé leur satisfaction d’avoir pris part à cette opération menée grandeur nature. Très fiers, ils ont reçu des Certificats de Participation à la formation “Gestion de Crise”. 
En tout cas, la pertinence d’une telle manifestation se passe de tout commentaire, devant les  menaces de toutes sortes, le trafic étant sensible aux aléas politico-économiques au niveau international.

D. MB.



 

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