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Businesswomen : Pari tenu à Fès pour l’AFEM

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Cette manifestation du comité mondial revêt une importance capitale du fait qu’elle a connu l’élection de la nouvelle présidente mondiale des cinq cents femmes chefs d’entreprises des cinq continents conviées dans la capitale spirituelle. Et ce fut en présence du Premier ministre, Mr Driss Jettou, le vendredi 29 avril 2005, que Mme Françoise Foning, nouvelle présidente de la FCEM, a été félicitée.
Le choix de la ville de Fès pour abriter cet événement n’était nullement fortuit. Il témoigne de la volonté de l’Association de contribuer à l’essor du tourisme national et particulièrement de la ville de Fès, capitale spirituelle du Royaume et centre de créativité et d’esprit d’entreprise.
Concernant le deuxième Forum-expo international, initié par l’AFEM, sous le thème «des racines et des ailes: la spécificité culturelle frein ou opportunité de développement de l’entreprenariat», il a permis à de nombreuses femmes de présenter et d’exposer leurs potentialités, leurs créations, leurs expériences et partager leur savoir-faire. Il leur a fourni le cadre de développement de partenariats lors de rencontres bilatérales.

Ils ont déclaré:

La Nouvelle Tribune : Comment voyez-vous la situation de la femme marocaine, aujourd’hui?
Mr Driss Jettou, Premier Ministre :
Je voudrais vous dire que nous sommes très fiers de la femme marocaine en général et des femmes chefs d’entreprises en particulier. Elles ont réussi à organiser une très belle manifestation ici à Fès. Le Maroc gagnerait beaucoup en encourageant la femme, pour qu’elle puisse montrer tout son savoir-faire et participer à côté de l’homme au développement social, culturel et économique de notre pays.

Selon vous, où réside l’importance de la rencontre à Fès des femmes chefs d’entreprises mondiales ?
Je suis persuadé que cette réunion à laquelle ont pris part des femmes chefs d’entreprises du monde, sera l’occasion de nouer des partenariat entre les représentantes de tous ces pays présents.

Le choix de la ville de Fès?
Je voudrais dire toute ma satisfaction de voir la ville de Fès accueillir des congrès, des rencontres, des festivals d’une importance internationale. Cette ville magnifique est restée marginalisée pendant des années. Elle est en train de s’ouvrir sur de nouveaux horizons. C’est très important quant à la promotion culturelle et touristique de la région. Ces femmes que l’AFEM a invitées pour le Forum Expo 2005, reviendront certainement avec leurs familles ou amis. 

Au bout de cinq années d’existence, deux Forums expo et l’organisation du Comité Mondial FCEM à Fès, peut-on déjà parler des acquis de l’Association des Femmes Marocaines Chefs d’Entreprises?
Saloua Karkri-Belkeziz, Présidente de l’AFEM :

C’est la deuxième édition de notre Forum Expo. La première a eu lieu, il y a deux ans, à Casablanca. C’était notre première expérience. Nous étions une centaine de membres  affiliées à l’Association. Aujourd’hui, nous sommes plus de deux cents. La particularité du second Forum Expo, c’est qu’il est ouvert sur l’international, dans ce sens où nous avons plus de deux cents participantes internationales. C’est une exposition qui est aussi axée sur les produits de création marocaine et plus particulièrement de la région de Fès. Je pense que c’est un réel acquis que d’avoir réussi à convaincre l’Association des Femmes Chefs d’Entreprises Mondiales de tenir la réunion de son Comité électoral dans la capitale culturelle du Royaume. Notre Association est encore à son état embryonnaire. Nous sommes encore loin de mille entreprises dirigées par les femmes, mais nous avons beaucoup d’espoir et surtout beaucoup d’énergie à dépenser pour notre pays. 

En quelle année avez-vous créé votre propre entreprise?
En 1987, dans les nouvelles technologies de l’information, avec un petit capital de 50 mille DH. Aujourd’hui, elle fait partie d’une multinationale dont le siège est à Paris.

Quelles sont les principaux objectifs de l’AFEM?
Notre Association a été créée pour trois objectifs: Le premier consiste à faire participer les femmes chefs d’entreprises à tous les débats économiques, le second est de représenter ces femmes sur les plans national et international, pour donner une nouvelle image à la femme marocaine. En effet, la femme marocaine n’est plus seulement dans le social, elle est présente aussi dans l’entreprise. Le troisième objectif, est d’encourager toutes les femmes qui hésitent encore à créer leurs propres entreprises.
Nous travaillons à travers cinq commissions: la commission internationale, chargée de mettre en contact les femmes chefs d’entreprises marocaines avec leurs homologues étrangères. C’est une manière d’encourager à l’export. Nous avons la commission communication et celle de l’entreprenariat féminin  avec des instituts comme la Fondation pour la Banque Populaire, dont le rôle consiste à établir des business plans, à négocier le financement avec la banque. Nous sommes en phase de monter un projet incubateur qui va permettre d’intégrer toutes ces jeunes filles qui désirent créer des entreprises.

L’objectif du Forum Expo 2005?
C’est de rayonner à travers l’ensemble des régions.

Que représente pour vous l’Association AFEM ?
C’est un véritable acquis pour la femme marocaine. Je pense sincèrement que le Maroc ne peut avancer uniquement avec les hommes. Des études ont montré que plus les femmes sont impliquées, plus on réduit le taux de chômage. Quand vous êtes une femmes émancipée, épanouie, vous inculquez à vos enfants le sens de la responsabilité et de l’autonomie.

Comment se présente aujourd’hui l’environnement des femmes chefs d’entreprises.
Ce n’est plus la réalité de l’année 87,  époque où j’ai créé mon entreprise. Maintenant il faut penser à changer les mentalités. L’environnement socioculturel n’est pas encore favorable à la femme chef d’entreprise.

En tant que Commissaire Chargé des Programmes d’Afrique, en quoi consiste votre rôle?
Mme Aline Wong, Commissaire régional des programmes africains

Il s’agit pour moi d’évaluer les obstacles que rencontrent les pays membres de la FCEM, pays d’Afrique et à partir de là, essayer d’identifier des axes d’actions que nous pouvons concrétiser en commun. Cela nous permet de capitaliser sur notre démarche, d’identifier des bailleurs de fonds, des projets qu’on peut amener. Je suis actuellement sur un projet qui met l’accent sur la formation et l’information mais surtout l’accès aux crédits.

Vous avez réussi à identifier des bailleurs de fonds?
Les bailleurs de fonds qu’on a réussi à concrétiser et à identifier, c’est avec la BAD, les Nations Unies ainsi que la Commission Européenne. Au niveau de l’information, nous avons le BIT (Bureau International du Travail) qui propose des actions concrètes pour renforcer les capacités des femmes chefs d’entreprises et pour promouvoir l’entrepartenariat féminin. Concernant le projet de formation, nous allons ouvrir des bureaux virtuels où on va recevoir deux représentantes par pays. Nous nous sommes rendu compte que la femme africaine souffre encore de ce sentiment de culpabilité. Elle a l’impression de favoriser son travail aux dépens de sa famille, ce qui fait que son engagement ne se fait qu’à demi-mesure. Nous animons des ateliers de «Self achiveness», c’est-à-dire une manière d’amener les femmes chefs d’entreprises à avoir confiance en elles. Nous allons aussi rentrer le B to B (business to business) et amener des entreprises sur une plate-forme électronique.

Quelles sont les véritables obstacles à l’accès aux  crédits?
C’est assez compliqué. Cela dépend du contexte légal du pays. La politique, c’est un grand obstacle. L’engagement politique à promouvoir de la transparence et à amener l’infrastructure nécessaire adaptée au pays peut vraiment offrir un environnement  favorable pour entreprendre des routes, l’accès à l’électricité... La réalité africaine laisse beaucoup à désirer. 


Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lors de votre mandat de Présidente Mondiale ?
Mme Layla Khaïat, Présidente sortante
Les associations qui composent l’Organisation Mondiale des Femmes Chefs d’Entreprises, comprennent des pays développés, très développés, des pays en voie de développement et des pays dont l’économie est en transition. Il s’agit de réduire relativement l’écart qui existe entre ces pays. Mais en général, les femmes chefs d’entreprises rencontrent presque les mêmes problèmes: l’accès au crédit, au marché et à la formation.

Dans quel secteur d’activité investissent les femmes chefs d’entreprises tunisiennes?
Au départ, comme ici au Maroc, nous avons misé sur le textile. Aujourd’hui; les femmes s’activent dans tous les domaines: l’hôtellerie, la chimie, la pêche... Il n’y a plus de domaine propre à l’homme. Nous sommes présentes dans tous les secteurs.

Vous êtes entrée très jeune dans le monde des affaires. Deux milliards de francs CFA par an. Qui est Françoise Foning?
Françoise Foning, nouvelle Présidente de la FCEM et Maire de Douala au Cameroun
Je suis une femme de tête. Je crée, je réfléchis. Ce n’est pas un homme qui m’a poussée; c’est ma mère et le Seigneur.

Vous disiez tout à l’heure que les hommes luttent pour les couleurs, les politiques souvent désastreuses, les religions, les idéologies, les femmes, elles, luttent pour l’amour, la fraternité, la solidarité...  En êtes-vous convaincue?
Absolument. Je suis noire de peau mais j’ai le même sang que mes semblables, les hommes qui peuplent l’univers.

Lors de la séance électorale, vous avez parlé dans le cadre de votre futur plan d’action, du renforcement des partenariats entre nord et sud, entre pays pauvres et pays riches...
Il faut décentraliser les projets des femmes. Avec les nouvelles technologies, on peut faire des affaires sans même avoir à se déplacer. Mon rôle serait de chercher les bons marchés. C’est important de former les femmes africaines au niveau de la gestion et surtout la bonne gestion des entreprises, comment éviter les faillites, comment trouver et accrocher des clients et comment vendre le produit. Il faut également encourager les femmes africaines à s’activer dans tous les secteurs. On doit encourager les voyages de formation, pour que nos femmes se rendent compte des riches expériences des femmes chefs d’entreprises occidentales. La communication est très importante. C’est important la confiance mutuelle entre les membres de la FCEM. . Nous devons nous unir, unir nos efforts, échanger nos savoir-faire, reconnaître et accepter les diversités culturelles de tous les membres de la FCEM. Nous devons également professionnaliser nos activités et nos projets, faire des appels d’offres...
Une bonne présidente, c’est celle qui sait partager le pouvoir et qui fait confiance à son équipe. Car, ensemble, nous construirons le monde de demain. Il faut encourager les produits africains, encourager l’export. Ensemble, nous construirons le monde et ensemble, nous réussirons à faire décoller l’Afrique.

Propos recueillis par
Ilham Khalifi



 

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