«Globalement positif» ou «satisfaits», voici le jugement que la majeure partie des participants au Salon Avicole nous ont annoncé. On peut le croire, car le Hall II du Centre des Expositions de l’Office des Changes, qui a abrité Dawajine 2005, a refusé du monde, durant les trois jours qu’a duré le Salon Avicole du 26 au 28 avril à Casablanca. Les entretiens sont allés bon train et certains exposants ont même manqué de temps pour s’adresser à la presse. Le business d’abord… Tous n’avaient pas affaire qu’avec des curieux. Bien au contraire, des participants ont affirmé que la plupart des contacts noués étaient entre professionnels. Ils ne cachaient pas leur optimisme quant aux lendemains de ces entrevues.
Le moment choisi pour le déroulement de la manifestation, plus adéquat pour faire du business, selon les professionnels, et le tournant que vit le secteur avicole, en pleine Mise A Niveau (MAN) aux standards internationaux, expliquent la grande affluence. Des Fabricants d’aliments composés aux organisateurs de salons, en passant par les accouveurs, les abattoirs, les producteurs d’œufs de consommation, les producteurs de viandes de volailles, les laboratoires, les triturateurs… ou encore le Crédit Agricole, rares ont été les opérateurs locaux qui ont manqué l’événement. La qualité, qui ne cesse de s’améliorer, n’a rien à envier à celle venue d’ailleurs. La farine de poissons, et autres aliments de bétail, que nous mettons sur le marché est conforme aux standards européens, a précisé Mme Mounia de Copelit, membre de la Fédération Nationale des Industries de transformation et de Valorisation des Produits de la Pêche (FENIP). A côté de ceux-ci, leurs homologues algériens, belges, égyptiens, espagnols, italiens, français, italiens, libanais, ou hollandais ont été de la partie. Ce sont ainsi toutes les activités de la filière avec les fabricants de systèmes d’alimentation et d’abreuvement des volailles, d’équipements divers (d’aménagement et d’installation de bâtiments, de climatisation et ventilation, ...), de probiotiques ... qui ont exhibé leurs produits et services phares. L’attractivité du Dawajine ne fait plus aucun doute. M. Youssef Alaoui, Président de la Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole (FISA), qui s’attendait à une participation accrue d’exposants, devant consolider l’optimisme des professionnels, doit se frotter les mains.
Mises en place opportunes
Quelque peu différenciée, la participation comptait des inconditionnels qui ont toujours été de la partie depuis le début (ALF Sahel, fort satisfait de la baisse de 50% de la taxe douanière sur les intrants), et d’autres qui ont accompli leur baptême “ d’œufs ” feu. M. Mustapha Maddane, Technico-commercial, chez PANAF (panneaux spéciaux et isolants thermiques), qui a disposé pour la première fois d’un stand au salon, a misé sur une opération marketing de choc, pour se faire connaître davantage. M. Meri Bahoussi, concepteur d’un incinérateur, respectueux de l’environnement et qui tient compte des normes d’hygiène, affirmait les mêmes buts. BCI, sise à Aïn El Aouda dans la région de Rabat, en a profité, d’après M. Thierry Vendrell, Regional Manager Afrique des Laboratoires Hipra Espagne, pour lancer les vaccins Hipragumboro-BPL2 et Hipraviar-BPL2. Chez Facco Officine, société italienne dotée d’un bureau au Maroc, ou chez Agro Kit, entreprise hollandaise, représentée à Casablanca et qui fournit des bâtiments clés en main et tous systèmes d’équipements avicoles, on a été globalement satisfait à optimiste. Il y a unanimité sur le fait que le marché soit porteur. Toutefois, M. Peter Romer, Area Sales Manager de Chore-Time Europe, a soulevé un certain nombre de problèmes non résolus dans la filière. De son avis, si les reproducteurs et accouveurs s’en sortent, par contre les producteurs de poulets de chair ne gagnent rien, à cause de prix trop bas. Poursuivant son argumentation, il a renchéri que face à l’obligation de moderniser les équipements et d’améliorer le sanitaire, et l’absence totale des banques dans la filière, les branches “ Chair ” et “ Œuf ” traversent des moments difficiles. Il reste tout de même optimiste car les concertations menées par la FISA avec les autorités augurent de résultants probants. Pourtant, Mme Belaous, de l’Unité d’Animation Commerciale de la Direction Régionale du Crédit Agricole de Casablanca (partenaire officiel de la FISA et signataire d’une Convention avec celle-ci), nous a révélé l’accompagnement d’industriels adhérents de la FISA, à qui sont accordées des facilités de financement. Mieux, des visites sont organisées auprès de certains aviculteurs, a-t-elle ajouté. Aux non adhérents, il est accordé des soutiens aux normes standards, apprend-on. Pourvu que tous les rouages se huilent. Cela profiterait grandement à ce secteur, qui croît, bon an mal an, de 8%, revendique 230.000 emplois dont 66.000 directs, et a réalisé un chiffre d’affaires de 12,8 milliards de Dhs (en 2003). Ne comptant pas dormir sur ses lauriers, il entend finaliser avec l’Etat un contrat-programme, à l’instar d’autres secteurs, pour se développer davantage. Sur l’année en cours, il est prévu, la création d’un Fonds de Veille Technique et Sanitaire, mais aussi d’un Centre de Formation Avicole, pour renforcer les différents instituts existants et présents au salon (IAV Hassan II, Institut de Sélection Animale- ISA, Institut Royal d’Elevage- IRE de Fouarate, …).
D. MB.