Les hommes se sont toujours déplacés sur terre. Depuis qu’il a adopté la bipédie, cela remontant très loin, il y a quelque 7 millions d’années- Tumaï ayant quelque peu détrôné Lucie- jusqu’à l’Homo Sapiens , en passant par l’Homo Sapiens, l’être humain a migré vers des contrées plus clémentes..., pas toujours du reste. Cela s’est fait par transhumance, nomadisme, persécution, si ce n’est pour son propre loisir ou sa soif de découverte. Mais, c’est à partir du 17ème siècle qu’on a connu les plus fortes émigrations, après les grandes explorations et la découverte du Nouveau Monde en 1492 par Colomb. Avec la première grande vague d’émigrants européens, en 1609, sur le Mayflower qui a mouillé sur les côtes est américaines, débuta un mouvement qui n’a cessé d’aller croissant jusqu’à nos jours. Entre temps, il y eut des déplacements forcés de populations (Commerce Triangulaire de la honte, qui a arraché en trois siècles à l’Afrique Noire plus de 100 millions de ses fils, kidnapping d’innocents, asservissements de toutes sortes et de tous bords…). Si en ces moments-là, où se faisaient et se défaisaient encore des états, l’immigrant vivait plutôt une certaine quiétude, de nos jours, il subit maintes tracasseries. En effet, il est aujourd’hui beaucoup moins aisé d’émigrer, du moins pour certaines populations.
Un peu partout, il est apparu un phénomène nouveau, son lot quotidien est mort et misère. Des drames incommensurables sont en train de se produire. Cela n’offusque pratiquement personne outre mesure. Au contraire, j’ai comme l’impression qu’on s’y fait et s’en accommode ! Pourtant des Boat People vietnamiens et cambodgiens fuyant la guerre et la misère en Asie, aux passages forcés des frontières mexicano-américaines, en passant par les clandestins du Détroit de Gibraltar au Nord de l’Afrique, les Lampeduzziens, ou encore les Marcheurs subsahariens…, la liste étant loin d’être exhaustive, cela n’a que trop duré. La dernière manifestation, dans différentes agglomérations (Tanger, Rabat, Casablanca…) est cette mendicité de jeunes noirs africains qui ont échoué sur les rives de la Méditerranée et qui ronge leur dignité… s’ils ne deviennent pas déficients de la caboche. Pendant ce temps, leurs autorités étatiques (ou diplomatiques) ou pseudo-associations sont aux abonnés absents !
Il existe une solution. D’abord, que les pays émetteurs cessent de naviguer à vue et mettent en place de réelles stratégies de développement économique, quitte à revenir à l’écobuage, ensuite que l’immigration, exigée par les pays récepteurs qui ont un réel besoin de main-d’œuvre, soit totalement légale et exempte de toute hypocrisie. On sera alors à des années- lumières de cet asservissement actuel et son contingent de morts quotidiens !
Daouda MBaye