On est décidément perfectionniste à la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM). C’est, en effet, la 5ème fois depuis sa création que les statuts vont être modifiés, pour plus d’efficience. La dernière élection marathon du Patron des Patrons est sûrement restée dans les mémoires. On se rappelle que dans les coulisses, ces cotisations à la dernière minute, des voix achetées à tour de bras, et un certain clientélisme ont nui à la bonne marche de l’organisation. Aujourd’hui, M. Hassan Chami et son équipe, en concertation avec l’ensemble des membres, ont ficelé un projet de refonte, plus que de réforme des statuts de la CGEM. Tout au long de l’année 2004, le groupe de travail, présidé par M. Abdelhaq Sedrati, s’est concentré, à ce titre, sur un certain nombre d’axes (voir en encadré). Si la mouture actuelle est adoptée, moyennant quelques correctifs, au cours de l’Assemblée Générale prévue le 19 avril 2005, pour une application des nouveaux statuts au lendemain du 30 juin 2006, avec l’élection du nouveau Président, les gains seront notables. A terme, les recettes seront renflouées de 50%, les grandes entreprises (GE- 11% des voix) seront mieux ancrées à la CGEM et elle gagnera en efficience. Seulement la Fédération PME-PMI émet de sérieuses réserves.
M. Chami et son staff se sont empressés de rassurer ceux qui risquent d’aller vite en besogne pour leur signifier que l’objectif fondamental de cette refonte n’est pas de créer une emprise des GE, mais plutôt de créer les conditions adéquates d’une représentation rationnelle de toutes les composantes de la confédération. Il serait question de renforcer la dynamique entre GE et PME-PMI pour une coopération encore plus efficace dans la réalisation de chantiers communs.
Une nouvelle force
Les nouvelles dispositions avec l’élection d’un binôme Président et d’un Vice-Président à l’américaine, l’institution d’un Comité de Coordination, un nouveau système de cooptation validé par vote, la spécification de l’affectation des voix ..., en gros l’amélioration de la transparence au niveau du fonctionnement, permettront de créer une nouvelle force. En termes de voix, la répartition sera de 45% pour les PME et 27% pour les groupements associatifs (fédérations externes nationales représentées au Conseil d’Administration de la CGEM, associations nationales et régionales). Afin de mieux situer cette répartition, il faut signaler que la GE (CA > 500 millions de Dhs) disposera de 10 voix, pour une cotisation de 80.000 Dhs, alors que la PME (CA< 5 millions de Dhs), cotisant à 2.000 Dhs, aura droit à une voix.
Aussi, plus que jamais, les patrons appellent à un Partenariat Privé Public plus efficient. M. Chami a martelé que «le Maroc doit marcher sur ses deux pieds (Public et Privé)». Il s’est réjoui que la CGEM soit aujourd’hui reconnue comme une force de proposition, et soit, de plus en plus, entendue.
Quant à l’institution d’un Département CGEM International, pour «vendre» le Maroc en tant que terre d’investissement, on nous a précisé que les entreprises sont le plus crédibles pour le faire.
Le moins que l’on puisse dire c’est que cette CGEM là veut aller de l’avant. D’ailleurs, elle compte intégrer son propre nouveau siège, flambant neuf, avant la fin de l’année.
D. MB.
Principaux axes qui ont guidé la refonte des statuts
- Qui peut être membre de la CGEM?
- Comment définir une association et une fédération?
- comment distribuer le poids des voix entre les associations et les entreprises?
- Comment intégrer davantage de jeunes entrepreneurs tout en ne perdant pas l’expérience associative et la capacité de mobilisation des plus expérimentés?
- Quels sont les attributions du Président et son mode d’élection?
- Quels sont les attributions des Vice-Présidents et leur mode d’élection?
- Comment définir le principe de cooptation et comment désigner les membres cooptés?
- Comment améliorer le fonctionnement interne de la CGEM?
(Source: CGEM)