L’industrie de l’Enfant est une véritable filière. Les différents produits et services, exposés au dernier Salon de l’Enfant de Casablanca, qui a fermé ses portes le dimanche 6 mars, en ont donné un aperçu. Certes, ce fut assez réducteur, par rapport à l’ensemble des débouchés de ce filon, mais il y eut, quand même, du matériel scolaire et préscolaire, de l’habillement, du ludique et des jouets, sans oublier la santé, l’alimentation... Les entreprises alimentaires comme le laitier, qui produit Nido, et son espace ludique, celles spécialisées dans la restauration, ou la librairie, ont aussi exposé une offre dédiée...
Les organisateurs peuvent quand même s’enorgueillir du fait que les enfants, adultes de demain, qui ne sont malheureusement pas assez souvent en première ligne, ont marqué de leur présence le salon. A l’extérieur de la coupole de l’Office des Expositions, comme à l’intérieur, il y eut une ribambelle de gosses, piaffant d’impatience pour entrer, ou voulant tout toucher ou tout savoir, une fois à l’intérieur. Sur ce dernier volet, leur curiosité a dû être comblée. Au niveau des stands des Directions de l’Enseignement, de la Recherche et du Développement, des Impôts, de l’Office National d’Exploitation de l’Eau Potable (ONEP), ou encore de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), maintes explications leur ont été données pour situer le rôle de ces départements dans la société et les services qu’ils procurent au citoyen. D’autres unités, telles que l’ONCF (Chemins de fer), Barid Al Maghrib (Poste), la Fédération Royale Marocaine D’Aïki Jutsu et Arts Martiaux, n’ont pas manqué ce rendez-vous pour accentuer leur communication auprès des plus jeunes. Le Thème de cette 7ème édition, «Éducation, Citoyenneté et Environnement» a amplement justifié leur présence. M. Alaoui, chargé de la Communication à la Délégation Régionale des Impôts de Casablanca, a précisé que l’apprentissage a, bel et bien, sa place dans une telle manifestation. Au lieu de se focaliser uniquement sur le jeu, il a souligné l’importance d’éveiller les enfants dès le bas âge. C’est d’autant plus plausible, ajoutera-t-il, que c’est vers le cours élémentaire 5 (CE 5), lorsque le gosse atteint l’âge de la raison, qu’il faut lui expliquer les notions d’Etat, de Nation, de commune, voire même de budget et de moyens de la commune.
A la page animation, il faudrait tirer chapeau à la Radiodiffusion Télévision Marocaine (RTM). En effet, celle-ci avec un stand hyperanimé a rassemblé un grand nombre de jeunes et de moins jeunes, si ce ne sont des parents, autour de ses comptoirs. Le Forum des Médias et de la Communication de l’Enfant, parrainé par l’ISJ, a également versé dans le même sens, suscitant l’éclosion de journalistes en herbe.
Cette année, le respect de l’environnement, de la nature, pour instituer chez l’enfant un apprentissage au concept de développement durable, a pris une bonne place dans la manifestation. Les différents Départements relevant des ministères de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Formation Scientifique, ou chargé de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement ont grandement sensibilisé les jeunes visiteurs sur la nécessaire protection de l’environnement. N’est-ce pas eux les plus sensibles, principaux lésés par les dégradations de l’environnement, et futurs héritiers de la terre?
L’appel aux entreprises citoyennes
L’associatif a marqué ce salon de son empreinte. Le Centre d’Écoute pour Élèves du Lycée Ibn Al Haitam, mis en place depuis le 17 mai 2004, pour, entre autres, sensibiliser les élèves et les parents sur leurs problèmes, susceptibles de nuire aux études, n’a pas désempli. Mme Saadia Serghini, Professeur de philosophie au même lycée, créatrice et coordinatrice de ce centre d’écoute, a mentionné l’impact très important de cet outil. Fonctionnant avec peu de moyens et grâce à beaucoup de bénévolats (Avocats, assistantes sociales, psychiatres...), et une implication croissante des élèves, il gagnerait à être dupliqué sur les autres établissements.
L’Association du Langage Parlé Complété (ALPC- Les Petits Cracks) a, quant à elle, démontré tout le sens de la réhabilitation de l’enfant handicapé et son insertion dans la société. Effectivement, les enfants sourds- pas forcément muets- ou trisomiques 21 peuvent accéder au collège, avoir une scolarité normale, ... pour peu qu’on leur apprenne à lire sur les lèvres. Mme Denise El Hindaoui, Directrice de l’École, qui a un effectif de 25 élèves, et son équipe agissent bénévolement. Ces petits cracks, aujourd’hui dans un appartement exigu, ont besoin du soutien de tous pour avoir des locaux plus spacieux et plus de moyens. Une assistance des entreprises, qui font du chiffre sur cette tranche d’âge et qui développent un volet citoyen non négligeable, tout comme des pouvoirs publics, est vivement souhaitée.
Ce ne fut pas tout, La Tribune de la Personne Handicapée, qui existe depuis 1998, a tenu à être présente au Salon pour sensibiliser les enfants sur les problèmes que rencontrent les handicapés et diffuser la Charte de la personne handicapée au Maroc. Les plus jeunes peuvent ne pas percevoir le degré du handicap et se moquer... Pourtant nul n’est définitivement épargné de ce mal, rappelle ce responsable de stand ..., pour sûr, car: «Celui qui n’a pas encore gagné l’autre rive ne doit pas se moquer de celui qui se noie!».
La seule fausse note avait trait à une carence de canalisation de turbulents, qui ont, du coup, empêché d’autres, plus sages apparemment, à accéder aux stands. Le service d’ordre craignait des vols !
D. MB.