Pendant des périodes de crise, qui suivent inéluctablement celles de stagnation ou de forte croissance, les organisations s’enquièrent encore plus de mettre en place des stratégies de croissance. Pour lever toute équivoque, nous signalons que notre enquête présente ne signifie aucunement que le marché est en crise. La morosité semble être bien dépassée, dixit les économistes.
Plusieurs systèmes sont donc en cours dans les différentes entreprises que nous avons visitées. Si certaines s’attachent à se faire connaître grâce à l’identité de leur marque, d’autres mettent l’accent sur l’amélioration continue des process, et ou à être plus compétitives sur leurs marchés en termes de qualité, de coûts, et de délais. D’autres encore s’internationalisent ou se penchent sur l’innovation et la recherche et développement (R&D), si elles n’expriment pas leur réussite par leurs résultats financiers.
Dans le lot, un bon nombre pratique un certain mix de toutes ces voies. L’argument, qui est le plus souvent revenu, au sein de ces structures, tournait autour du fait que le résultat final est centré sur l’offre d’un service ou d’une production de qualité. La Certification ISO, qui est largement utilisée, a des relents de prestige, avertit un employé. Un autre, chef de département dans son entreprise, trouve que c’est un véritable phénomène de mode, avant d’ajouter que c’est plus pour paraître à niveau qu’autre chose. En tout cas, cela fait plus moderne... Cependant, la certification ISO version ... à elle seule, ne suffit pas. Pour avoir un label qui se défend, il ne suffit pas d’allonger des certifications sur une carte de visite. Faudrait-il encore que les procédures qu’exige la certification soient appliquées et suivies, de bout en bout. C’est peut-être ce qui explique l’adoption de modèles de développement spécifiques, ou issus de systèmes connus, mais adaptés. Les exemples sont légion. Au sein du Groupe des Banques Populaires, par exemple, les Groupes d’Amélioration de Qualité (GAQ) sont jumelés à la Certification ISO et à la gestion des réclamations (Voir Entretien). Chez Delassus, M. Mohamed Drari, Trésorier nous a précisé que le focus est mis sur une production de qualité, à laquelle adhère tout le personnel. Chez eux, déclare-t-il en substance, la certification ne sonne pas creux. Régulièrement, un suivi est effectué pour ragaillardir les procédures et rester conformes aux normes.
Ces cas de salariés, rencontrés, et qui n’avaient aucune idée sur une quelconque stratégie de croissance dans leurs entreprises respectives, nous a quand même quelque peu interpellé. Personne ne leur a jamais parlé de procédés similaires. Ils se contentent tout au plus de faire leur travail et de le faire bien. Cela dénote-t-il de l’existence de sociétés commerciales fonctionnant à deux vitesses? Nous nous garderons de conclure trop rapidement, même s’il n’y avait aucun doute sur leur statut de salarié, et la sincérité de leurs déclarations.
Excepté ces quelques cas, on nous a indiqué une implication de la majorité du personnel dans les différents systèmes adoptés. Dans les grandes entreprises et des PME-PMI assez bien structurées, les dirigeants, au plus haut niveau, s’impliquent ... Lorsqu’on sait que la croissance est au bout, il y a de quoi!
La semaine prochaine nous traiterons des «réprimandes dans l’entreprise».
D. MB