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Mutantes fusions-acquisitions Verve/Sociologie du travail

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Une fusion de deux ou plusieurs entreprises ou bien une absorption d’une société par une autre engendrent toujours des changements importants, qui vont au-delà des nouveaux organigrammes. Plus qu’un phénomène de mode, il s’agit, pour la plupart du temps, d’avoir une surface financière plus importante et les coudées franches pour traiter avec les plus «grands». Il est clair que aujourd’hui, plus que jamais, ces nouvelles structures ont leur mot à dire. Leur participation au cas, récent, du financement de la centrale thermique de Tahaddart (près de Tanger), est éloquente. Actuellement, les exemples ne manquent pas, sur le marché marocain. La Banque Commerciale du Maroc (BCM) et la Wafabank ont donné naissance au mastodonte Attijariwafabank. Du côté du secteur des assurances, la Royale Marocaine des Assurances (RMA) et Al Wataniya se sont réunies pour fonder la mégacompagnie d’assurances RMA Watanya. On peut citer les cas d’absorptions de la Société Marocaine de Dépôt et de Crédit (SMDC) par le Groupe Banques Populaires, ou de Sogécrédit par Eqdom, etc. La liste est loin d’être exhaustive.

Digérés les chamboulements

Il est évident qu’en fonction de stratégies nouvelles, d’une réorganisation du travail, des modifications sont toujours en l’air après de telles opérations. Le personnel, qui les subit, peut apprécier ou pas. Il faut avouer que le plus souvent les employés ont refusé, hélas, de donner leurs propres points de vue, même sous couvert de l’anonymat! Presque partout, on nous a aiguillonné vers la Direction de la Communication, si ce n’est celle des Ressources Humaines pour avoir l’avis officiel de la Direction Générale. Nous avons quand même pu obtenir des indiscrétions çà et là. Ainsi, parmi ceux-ci, une majorité a trouvé que: «le fait qu’il s’agisse de gros projets de développement, créateurs de valeur ajoutée, avec en perspective des avancements importants pour le personnel, amène le plus grand nombre a y adhérer». C’est ce qui explique cette satisfaction générale. Un groupe d’employés, coincés à la sortie de leur établissement, ont pratiquement entonné d’une seule voie que beaucoup de choses avaient changé, avant d’indiquer «être globalement satisfaits». Malgré tout, nous avons noté les cas de certains qui nourrissaient pas mal d’appréhensions quant à leur avenir. L’un d’eux très philosophe, a trouvé qu’il ne fallait pas s’offusquer outre mesure. De son avis, de deux choses l’une: les conséquences de ces transformations peuvent être soient bénéfiques et profitables, synonymes de promotion, soient néfastes et signifiant des postes supprimés.
Au niveau d’un autre géant, on nous a appris que, dans l’ensemble cela s’est bien passé. Dans la nouvelle entité, qui compte plus de 700 personnes, contre 200 auparavant pour l’une des parties, il y a eu de réels changements. Le personnel, qui est satisfait dans l’ensemble, ne semble pas être perturbé par ces mutations. D’ailleurs, les employés s’attendent à d’autres changements à venir. Ce qui les a le plus rassuré, et qu’ils considèrent comme l’un des points positifs, est que jusqu’à présent, il n’y a pas eu de licenciements, ni de compressions de personnel. Les seuls départs, enregistrés, ont concerné quelques départs anticipés, volontaires, du reste, à la retraite. Ceux-ci s’approchaient d’ailleurs de la retraite d’un an ou deux.
Les changements sont visibles dans les nouvelles structures. Hormis les changements de bureaux ou de postes, donc de collaborateurs, c’est le volume du travail, si ce n’est la manière de l’exécuter qui a subi une réelle métamorphose. Qu’arrive-t-il lorsque ces changements, susceptibles de créer quelque désavantage, surviennent sans que le personnel soit préparé? Tout le monde peut-il être satisfait des réorganisations successives aux fusions? Difficile de le dire.

Utiles intégrations      

Quoiqu’il en soit, sachant que les habitudes lient, que des programmes d’intégration aient été concoctés dans les différentes entreprises pour une parfaite osmose des divers éléments dans les nouvelles équipes..., il n’y a pas eu péril en ces demeures là. L’un de nos interlocuteurs a trouvé ces séances de travail pour intégrer les nouvelles équipes, fort utiles. Non seulement elles ont été bien assimilées, mais aussi et surtout, elles ont préparé les uns et les autres à leurs nouveaux environnements de travail, a-t-il ajouté. Un grand nombre ont effectivement été mutés dans de nouveaux locaux. «Ces fusions ont créé chez nous un véritable chamboulement», a résumé une employée, qui nous a demandé de ne pas la citer.
Appliquer de nouvelles procédures, changer tout court, n’est pas une chose aisée. Les process, qui sont ancrés pendant des années, deviennent facilement routiniers et installent la sclérose. Pour preuve, même si au niveau des sociétés nouvellement créées, les «jingles» ont changé, par contre les formulaires, les produits, les couleurs, et quelquefois leurs enseignes sont encore présentés sous leur forme d’antan. L’un de nos sondés a mentionné, à ce sujet, qu’il fallait quand même épuiser les stocks!
La semaine prochaine nous traiterons de «Quelle voie choisir pour la croissance»?

D. MB.



 

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