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Informer à tout prix ! Verve/Sociologie du travail

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Lorsque l’organisation rencontre des difficultés de quelque nature que ce soit, il ne faut pas hésiter à en débattre. Cette suggestion d’un excellent manager, qui a préféré garder l’anonymat, aurait pu sortir tous ces malheureux, que nous avons rencontrés et qui sont empêtrés dans d’énormes difficultés, dans la gestion quotidienne de leurs tâches. Pour certains, leurs entreprises traversaient une mauvaise passe, tandis que pour d’autres c’était la fermeture pure et simple de leurs portes. Entre ces deux cas, il y a ceux qui ont vu des projets abandonnés, alors qu’ils s’y étaient grandement impliqués, d’autres n’ont pas vu venir des réorientations d’activité... De peur d’effets néfastes, le top management de ces sociétés, n’a pas voulu communiquer sur ces différentes situations. Les conséquences ont été désastreuses, non seulement pour les victimes de cette non communication, mais quelquefois pour l’ensemble du personnel. Les témoignages d’employés (voir en encadré) sont assez édifiants. Ce qui est déplorable, c’est que les mauvaises nouvelles, têtues qu’elles sont, et surtout «voyageant vite», comme le dit l’adage, arrivent du «dehors». A ce moment là, en général on ne peut plus rattraper la bévue. Les conséquences sont très graves et les mauvaises réactions en chaîne peuvent paralyser le bon fonctionnement de la structure concernée.
Il faut avouer que la plupart des individus à qui nous avons tendu le micro appartiennent à des

PME-PMI de taille moyenne

Nous avons tenté d’avoir l’avis d’un expert, spécialisé dans le conseil en management, mais en vain. Ultérieurement, nous contacterons un plus grand nombre pour éviter un tel impair, et fournir à nos lecteurs le conseil avisé du professionnel. 
Avancer ensemble
Si l’on en croit, Mohamed, jeune cadre commercial dans la filiale d’une multinationale, les cas de rétentions d’informations existent aussi dans les grandes entreprises. Dans son département, le patron qui favorise certains éléments de son équipe au détriment d’autres, ne divulgue pas certaines données. Il prétend en souffrir. Quant à Abdelillah, à la recherche d’un emploi, un briefing du Directeur de la société, où il exerçait avant, aurait pu empêcher sa faillite. Son cas est similaire à celui de Saïd, cité dans les témoignages, ci- dessous. A l’unanimité, nous a-t-il confié, l’ensemble du personnel avait soutenu être prêt à faire des sacrifices, si la direction avait averti tout le monde. Les congés et autres périodes de chômage technique auraient été acceptés sans heurts. Mais hélas!
Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que plus les nouvelles sont désagréables, plus les efforts à déployer pour les communiquer doivent être importants. Cependant la solution est loin de ne songer qu’aux effets néfastes et ne rien faire. C’est de l’avis des professionnels, la meilleure manière de nourrir les rumeurs, ou faire perdurer des campagnes défavorables contre l’organisation. «Au cas où la communication est fluide, et passe bien, les collaborateurs sont plus souples, ils comprennent la démarche et les colères, frustrations, ressentiments..., sont beaucoup plus atténués. Ceux, qui avaient mis énormément de coeur dans des projets, n’acceptent facilement leurs annulations, que lorsque la nouvelle provient d’une rumeur», a mentionné Mme M. R. docteur en gestion.

La distorsion de l’information

Si l’information circule mal, c’est qu’il existe un sérieux problème de communication. Pourtant, il est partout admis que la communication reste le vecteur principal pour initier et influencer toute action dans l’entreprise. Mais faudrait-il encore que le  message soit bien passé. Si c’est le cas, il peut contribuer à stimuler toute une organisation. Par contre, suite à une distorsion, parce que le message a traversé plusieurs strates, elle peut être ratée et avoir des conséquences dramatiques.
Il n’y a pas lieu de s’alarmer outre mesure, car il existe des stages pouvant apporter une connaissance des règles de base pour une communication efficace, en toutes circonstances, qu’offrent toutes les agences spécialisées, dignes de ce nom. Généralement ces modules démontrent comment  éviter les pièges, aident  à opter pour tel canal et tel autre outil le plus approprié en fonction des objectifs et des circonstances particulières.
La semaine prochaine nous traiterons du «poids des problèmes personnels de l’employé dans l’entreprise». 

D.MB.

Témoignages

M. Saïd D., comptable dans une unité de confection : Nos exportations ne cessaient de s’amenuiser. Il nous arrivait de négocier durement avec nos clients pour avoir 200 pièces! Pour notre société qui refusait des commandes pour moins de 1.000 pièces, c’était assez ahurissant. A notre niveau nous croyons que c’était un phénomène passager. En réalité les difficultés, que traversait la boîte, étaient beaucoup plus sérieuses. A aucun moment, l’un des dirigeants ne nous a réunis pour nous tenir au courant. Quelques temps après, nous avons dû fermer!

Mlle Roqia H. hôtesse d’accueil :  Lorsque l’information arrive à notre niveau, elle est souvent dénudée de son sens premier. Nous aurions aimé un canal plus direct entre la source et nous. C’est à ce niveau que nous souffrons.
Mme Malika, employée : Il se développe une curieuse pratique chez nous. Ceux qui ont certaines informations à transmettre se font amadouer pour les divulguer. Comme si ces personnes détenaient des secrets de la plus haute importance. Je crois qu’elles ignorent qu’en les véhiculant, elles contribueraient à la bonne marche de l’entreprise.

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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