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Les horodateurs, «saboteurs» érodés… Politique urbaine

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Trop c'est trop. Ce qualificatif n'est pas trop fort pour décrire le sentiment qui prévaut aujourd'hui chez la plupart des conducteurs lorsqu'il est question de stationnement à Casablanca et plus particulièrement dans le quartier de Bourgogne. Des désagréments qui sont aujourd'hui le lot quotidien des habitants du coin. Le phénomène prend de l'ampleur lorsque l'on est aux environs du lycée Lyautey. La vétusté des appareils et la complicité de certains gardiens de voitures avec les agents horodateurs font que le calvaire du conducteur va crescendo. En visitant la vingtaine d'horodateurs installés dans ce quartier, seuls quelques appareils sont en état de marche, et encore! Des scènes qui frisent la frustration sont légion à ce propos. Telle est la mésaventure qu'a vécue ce responsable d'une société. Une histoire qu'il n'oubliera pas de sitôt. "Il était 15 heures ce sacré jour. J'étais venu prendre un pot avec un ami, qui était de passage à Casablanca. Arrivés sur les lieux, je le priai  d'aller m'attendre à l'intérieur du café, le temps de garer ma voiture et de me procurer un ticket. Ce qui ne fut pas chose aisée. Une fois l’emplacement trouvé, il fallait chercher un horodateur qui fonctionne. Peine perdue. Je longeai la ruelle sans pour autant en trouver un. Je pris mon mal en patience et retournai à ma voiture pour chercher ailleurs. La suite, vous l'avez devinée !  La roue de ma voiture était affublée d’un sabot..." Mais, qui installe ces "machins" qui bordent les rues? Au Conseil de la ville de Casablanca, on ne semble pas avoir d'arguments pour expliquer cette situation aux citoyens. C’est une société privée qui exploite ces appareils et verse des redevances aux communes. D'ailleurs, le fait que les agents des horodateurs circulent dans des pick-up de l'administration locale conforte cette thèse. En outre, le mur de silence qui entoure les sociétés qui exploitent ces horodateurs soulève des points qu'il va bien falloir éclaircir un jour. Car au-delà du prix affiché (2 dhs toutes les deux heures, 10 dirhams de pénalité le matin et 20 dirhams  l’après-midi), c'est tout le système de gestion et d'implantation des horodateurs qu'il faut revoir.  Une autre victime de cette arnaque ajoute : "Après avoir stationné ma voiture à midi et quart, une plage horaire non payante, avec l'acquiescement du gardien, je rejoignis mon collègue au bureau car il avait un travail urgent à terminer. Vers deux heures six minutes (14h  06 mn), je regagnai ma voiture avec l’intention de payer au gardien l'équivalent d'une heure de plus, soit quatre dirhams. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je trouvai qu’un sabot immobilisait la roue de mon véhicule. J'interrogeai le gardien qui était censé me renseigner à ce sujet.

Arnaque de haut voltige

Voyant qu’il ne se préoccupait guère de mon cas, j'appellai les agents horodateurs. Il n’arrivèrent finalement qu'un quart d'heure plus tard. Sans aucune autre forme de politesse, ils me réclamèrent 20 dirhams d’amende... Dans mon for intérieur, c'est un sentiment de magouille que je perçus. Car pour mettre le sabot, il ne leur a fallu qu’une fraction de seconde alors que pour se manifester il  fallait attendre quinze minutes ! "
Le hic est que l'on ne comprend pas pourquoi ces "saboteurs" ne réparent pas les horodateurs hors d'usage. Une source proche du Conseil régional avance que les agents qui sillonnent les rues pour placer les sabots n'ont pas le droit de faire un état des lieux ni contrôler le bon fonctionnement des appareils. Selon la même source, la bonne marche des horodateurs serait un manque à gagner pour la Commune et les sociétés d’exploitation. S'il ne s'agit peut-être là que de “commérages”, en réalité les horodateurs sont considérés comme des boîtes à avaler des sous. D'où il convient, avant de mettre votre pièce, de vérifier d'abord si l'appareil est en état de marche. Dans d’autres pays, il est proposé des prélèvements bancaires automatiques au moyen d’une carte. Ce qui facilite considérablement la tâche aux conducteurs de voitures et qui leur fait gagner plus de temps. Naturellement, une telle éventualité ne pourra être que bénéfique pour un secteur où les véhiculés sont la proie quotidienne des horodateurs, comme ce fut le cas de cette jeune femme qui devait assister à une conférence dans un grand palace de la capitale économique. Un déplacement qui a pris une nouvelle tournure à la sortie de la salle de conférences. "Il était 8 heures 30 du matin. J'ai laissé ma voiture sans relever la présence d'un horodateur. Le gardien présent sur les lieux ne m’avait pas non plus signalé la nécessité du ticket. À ma sortie, vers midi moins le quart, ma surprise était grande quand je remarquai un sabot à la roue de ma voiture. En plus des dix dirhams que j'ai payés aux agents, j'étais furieuse contre le gardien car il aurait attirer mon attention avant le stationnement. Ce qui m’aurait évité ces désagréments". Somme toute, la question des horodateurs se pose avec acuité et une réglementation précise à ce sujet sera bien accueillie, d'autant que Casablanca s'agrandit de jour en jour, avec un nombre toujours croissant de voitures et, partant, un tracas quotidien de stationnement.

MS



 

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