A Hong Kong, le jeu de dupes biaise le Sommet !
Depuis le 13 décembre, début des négociations à Hong Kong, étape cruciale dans le cycle entamé à Doha au Qatar, en 2001, les représentants des 149 pays membres de l’OMC n’avancent pas. Le suspens est total, et les discussions se passent dans une ambiance imprégnée de pessimisme. Va-t-on vers un nouvel échec après Cancun au Mexique? Les plus réducteurs, qui ont observé un véritable statu quo sur les dossiers qui fâchent, n’hésitent pas à l’affirmer. Il est vrai que jusqu’à présent M. Pascal Lamy, Secrétaire Général de l’OMC, n’a pas pu faire évoluer les positions des uns et des autres. Les pays du Nord qui subventionnent à coups de milliards de dollars leurs agricultures, notamment les exploitations de coton et de cultures exportatrices , à forte valeur ajoutée, ne veulent pas céder un iota. De l’autre côté, ceux du Sud, las d’être lésés par un échange inéquitable, que tend à légitimer l’OMC, plaident pour une abrogation totale des ces soutiens.
Les tractations vont aller bon train, et dans les coulisses les opérations de séductions d’hier seront de nouveau enclenchées pour mener «la clientèle» par le bout du nez... Ce qu’il y a, c’est la victoire du Brésil sur le dossier du coton fait jurisprudence, et nombre de pays pauvres, notamment d’Afrique, comptent saisir l’Organe de Règlement des Différends, et emprunter cette voie déjà ouverte.
En tout cas, les ersatz, et autres substituts, passés sous le nez de PMA pour les «acheter» ne risquent pas de prendre. Ce «Paquet Développement» qui est étalé ne pourra appâter que les pays à stratégie court- termiste. Mais il ne faut pas se leurrer, même les pays du Nord qui refusent un accord partiel, ne soutiennent un accord global que sur l’industrie et les services. Sur l’agriculture, ils donnent leur langue au chat. Ceux qui peuvent nager en eaux troubles s’en sortiront, quant aux autres la galère va perdurer.
Daouda MBaye