La représentativité des femmes demeure faible, très peu de femmes siègent au parlement, très peu de femmes occupent des postes de responsabilités au sein de leurs formations politiques, résultat peu ou prou de changements, en leur faveur sont opérés. Cela dénote une réalité qui va à l’encontre des discours des partis politiques, prônant l’égalité et la démocratie au sein de leurs formations. D’aucuns ont même signé un pacte où ils s’engagent à assurer une participation massive des femmes aux élections. Que neni, comme en attestent les précédentes communales. C’est dire qu’entre le discours et la pratique le fossé est grand.
Les femmes qui siègent aujourd’hui au parlement le sont grâce à l’introduction du quota dans la loi organique de juin 2002 et non pas grâce aux efforts de leurs formations, car même lorsqu'elles participent, aux élections elles ont, peu de chance d'être tête de liste .
Donc, contrairement à ce qu'avancent les partis dans leur discours, mettant l'accent sur la démocratie, l'égalité des chances, en pratique les choses ne se présentent pas ainsi. Les mentalités n'ont pas bougé d'un iota, les discriminations persistent. Les femmes sont toujours sacrifiées au profit des hommes.
Il va sans dire que l’appareil législatif demeure le moyen efficace pour lutter contre toutes discriminations. En étant représentée au sein de l'appareil législatif, la femme pourrait faciliter les lois en faveur de l'égalité et de l'intégration effective de la femme dans le processus démocratique et s'élever contre toute loi qui tend vers la discrimination. Les listes SAP pourraient s’avérer une alternative pour certaines. Encore faut-il qu’elles parviennent à franchir toutes les conditions susceptibles d’en décourager plus d’une.
Leïla Ouazry