Quand trois grandes institutions de taille comme le Secrétariat d'État chargé de la Jeunesse, Microsoft, le PNUD et son programme régional des technologies de l’information pour les Pays arabes ICTDAR, unissent leurs efforts dans un seul projet, ce n'est sûrement pas pour faire de la figuration. Et lorsque cette union est portée sur les nouvelles technologies, là où Microsoft est géant mondial, le résultat ne peut être que satisfaisant. À l'image des nombreux invités venus assister, ce vendredi 1er octobre 2004 à la Maison des Jeunes sise Amal-CYM-Rabat, au lancement des 10 centres d'accès communautaires. Dans les visages jeunes, se lisait une joie immense. Et il y avait de quoi être content car, désormais, il leur est possible d'accéder à l'internet sur place, de faire de la recherche, d'aller à la découverte d'autres pays à partir des documents proposés à de sujet. À ces différentes possibilités s'ajoutent les jeux et le perfectionnement, voire l'apprentissage au maniement de l'outil internet. Ce n'est donc pas pour rien que le projet a mobilisé les trois partenaires pour mettre en place ces "centres d’accès Communautaires" au sein des Maisons de Jeunes destinées à initier les jeunes marocains et marocaines habitant des quartiers défavorisés aux technologies de l’information. Côté financier, il faut souligner que chacun des partenaires a contribué à la réalisation de ce programme en mettant à disposition des ressources pour un coût global estimé à 413000 dollars. Naturellement, à la cérémonie du lancement de programme, ont assisté MM. Mohammed El Gahs Secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse, Karim Bernoussi, Directeur Régional Microsoft Afrique du Nord et Emmanuel Dierckx de Casterlé, Représentant Résident du PNUD au Maroc. Les trois responsables, dans de brèves allocutions, ont exprimé leur satisfaction "quant à l’aboutissement d’un projet né d’une volonté commune de réduire la fracture numérique au sein de notre pays."
Le programme AjialCom concerne aujourd’hui 10 Centres d’Accès Communautaires. En effet, à l’heure où "l’introduction des technologies de l’information auprès des jeunes est une priorité fondamentale, le programme AjialCom arrive à point nommé pour ouvrir de nouvelles perspectives pour les jeunes marocains des quartiers défavorisés.
Un projet novateur
Les emplacements des Centres d’Accès Communau-taires ont ainsi été choisis de manière à offrir les mêmes chances à tous. Qu’ils soient en périphérie de Casablanca, Rabat, Mohammedia ou encore Tiflet et Khémisset, les Centres offrent des activités similaires aux jeunes et leur permettent surtout de bénéficier des compétences d’encadrants sélectionnés et formés dans le cadre du projet", ont tenu à souligner les conférenciers. Toutefois, les Maisons des Jeunes ont progressivement accueilli les Centres d’Accès Communautaires en leur sein. Selon une première constatation, la fréquentation des Centres, déjà opérationnels, est très satisfaisante. Un document distribué, à ce sujet, relève que la Maison des Jeunes Al Wahda - Rabat depuis Novembre 2003, date de mise en place du Centre AjialCom, a accueilli près de 800 jeunes, dont 40% de travailleurs, 22% d’étudiants, 22% de diplômés et 16% de jeunes de moins de 18 ans. Évidemment, l’impact social de cette initiative sur leur environnement et sur les collectivités locales devrait favoriser l’accès à l’information, la réduction de l’analphabétisme et la montée des compétences. Un message que les trois partenaires ont mis en exergue. Car au-delà de la diminution de la fracture numérique entre quartiers nantis et quartiers pauvres, la réussite de cette première tranche du programme AjialCom conforte les 3 partenaires à élargir le projet et à l’étendre à de nouveaux Centres d’Accès Communautaires, au sein de 50 maisons des jeunes et foyers féminins pour l’année 2005. Cette extension se fera avec l’appui de nouveaux partenaires publics, privés, ONG et collectivités locales. Le Secrétariat d’Etat chargé de la Jeunesse, Microsoft, le PNUD et son programme régional ICTDAR comptent sur la mobilisation des différents acteurs économiques à leurs côtés pour contribuer effectivement au recul de la fracture numérique au sein de notre pays. In fine, derrière ce programme, il y a une volonté affichée pour la promotion et la vulgarisation des nouvelles technologies dans les quartiers périphériques. Une initiative d'institutions citoyennes pour participer à l'éducation et à l'encadrement des jeunes.
M.S.
Les CAC en chiffre
Chacun des Centres est équipé de douze ordinateurs, d’un serveur, d’une imprimante et d’une connexion ADSL 512K. Une sélection de 62 CD multimédia en arabe et en français, sous forme d’encyclopédies, dictionnaires électroniques, cours de langue..., a été effectuée pour permettre aux jeunes de se documenter sur tous les sujets qui peuvent les intéresser. Des logiciels de gestion pour l’initiation et le perfectionnement à la comptabilité, la paie et la gestion commerciale sont également à leur disposition. Outre les équipements, une attention particulière s’est portée sur l’accompagnement des formateurs et encadrants. Treize (13) animateurs -dont deux (2) animatrices- ont ainsi été formés aux techniques de formations et aux logiciels Bureautiques pour assurer un encadrement et un suivi de qualité. Par ailleurs, pour mieux impliquer les directeurs des Centres et les animateurs, un séminaire d’intégration et d’information a été planifié pour eux pendant la journée du 27 septembre 2004, afin de les sensibiliser sur les objectifs de la mise en place de tels Centres, mais aussi de les initier à leur exploitation, à l’importance de la formation et de la montée en compétences des jeunes qu’ils reçoivent. Cette initiative a également pour objectif de les sensibiliser au rôle éducatif qu’ils ont à jouer auprès de ces jeunes et à la synergie qu’ils peuvent créer avec les autres programmes existants (FNUAP, UNESCO, ONU SIDA …) , ainsi que le rôle de rayonnement que devront jouer ces Centres sur leur environnement. Un informaticien - formateur pris en charge par les partenaires a également été embauché en tant qu’interlocuteur privilégié des animateurs aussi bien pour les aspects techniques que pour la coordination des programmes de formation.