La Nouvelle Tribune: Entre une exploitation scientifique, (avec une extension progressive des réseaux, une veille permanente et une économie de la ressource), et une préservation accrue de l’environnement, quels sont aujourd’hui les principaux jalons franchis par la Lydec?
M. Guy Canavy : Depuis le démarrage de ses activités, LYDEC a engagé des projets de grande envergure ayant requis des investissements de l’ordre de 4.129 millions de Dhs pour la période du 1er août 1997 au 31 décembre 2003, dont 2.389,3 millions de dirhams en fonds propres.
L’activité de l’assainissement liquide a représenté 34% du total des montants investis. Érigée en priorité, cette activité a pour principaux objectifs l’amélioration du taux de desserte (extension et renforcement du réseau), la lutte contre les débordements visant à corriger les dysfonctionnements du réseau et à diminuer fortement les risques d’inondations, ainsi que la poursuite du schéma de dépollution.
Les investissements dans l’Eau potable ont représenté 20% du total. LYDEC poursuit ainsi son objectif de répondre aux exigences de continuité et de qualité de service, tout en visant à améliorer le taux de desserte et la pression dans certains quartiers, augmenter le rendement, sécuriser la distribution dans les zones industrielles et renforcer le contrôle de la qualité de l’eau.
L’activité Électricité a recueilli 30% des investissements globaux réalisés depuis août 1997. Ces investissements ont permis de répondre à la progression de la consommation, d’augmenter le rendement et d’améliorer la qualité de service en diminuant le nombre de coupures et leur durée, en faisant bénéficier nos clients du passage du 110 V au 220 V et en développant des solutions d’électrification des zones non encore raccordées.
La part des investissements dans les Moyens communs s’établit à 16%. Ce volume est entièrement orienté vers l’amélioration du service rendu aux clients (réaménagement et équipement des agences) et l’optimisation des conditions de travail (remise à niveau et création de nouveaux locaux), à l’image de la création du Centre de Maintenance et de Métrologie (CMM) où sont regroupés en un lieu unique certains services de maintenance, la quasi-totalité des ateliers et les laboratoires de métrologie eau et électricité.
En termes de satisfaction des exigences du cahiers des charges, où pouvez-vous situer, à ce jour, votre structure ?
Dès son arrivée, LYDEC a identifié trois axes privilégiés d’action sur lesquels elle s’est engagée.
En matière de lutte contre les inondations, l’effort intensif de renforcement des infrastructures et les programmes récurrents d’entretien des réseaux nous permettent aujourd’hui d’affirmer que l’écoulement des eaux est maîtrisé, à l’exception de quelques points résiduels.
Le deuxième axe d’engagement a trait à l’amélioration de la gestion clientèle. Dans ce domaine, l’analyse de l’évolution de la satisfaction clientèle de nos services est pleine d’enseignements. De 50% il y a cinq ans, cet indicateur avoisine aujourd’hui les 90%. Ce résultat n’a pu être obtenu que par l’apport de réponses concrètes et appropriées aux exigences de nos clients, particuliers ou entreprises.
Enfin, le troisième engagement respecté par LYDEC est la sécurité électrique. Des investissements massifs, des outils technologiques de pointe et une capitalisation des connaissances nous ont permis d’améliorer à la fois la continuité du service électrique et sa fiabilité.
Aujourd’hui, au vu des avancées réalisées dans ces domaines, on peut dire que LYDEC a tenu les engagements spécifiques annoncés au départ du contrat, et les casablancais le reconnaissent volontiers.
Votre communication en direction de la clientèle est assez pointue, qu’en est-il de celle en direction du citoyen lambda ?
Au-delà de ses missions de service public, LYDEC veille également à accompagner l’ensemble des acteurs de la société civile dans leurs initiatives citoyennes, notamment dans les domaines de la préservation de l’environnement, de l’éducation et du social.
Ainsi, LYDEC sponsorise le magazine de l’environnement Dounya El Biâ, dont la formule a été revue pour qu’elle soit plus accessible. En tant que partenaire à Rouh Al Moubadara «Esprit d’initiative», la Lydec s’est associée à un programme diffusé quotidiennement sur 2M, depuis le 9 décembre 2003. Ce rendez-vous quotidien veut montrer que chaque Marocain pourrait être un acteur actif dans le développement de son pays.
Rouh Al Moubadara contribue à la dynamique communautaire du Maroc et à l’expression de laquelle participent des citoyens, des associations, des élus, des autorités, des artisans, des commerçants, des chefs d’entreprises… En apportant son soutien à ce nouveau programme, LYDEC a foi en la valeur d’exemple que constituent de telles initiatives dans la promotion de la notion de la citoyenneté active et agissante. Pour être plus proche des habitants de Casablanca et Mohammedia et répondre à leurs attentes, LYDEC a lancé un magazine trimestriel sous le nom “LYDEC & Vous” (édité à plus de 700.000 exemplaires, est distribué gratuitement dans les boîtes aux lettres à Casablanca et à Mohammedia). Sur le terrain, LYDEC s’implique dans la vie de la cité et s’associe activement aux diverses manifestations liées à la protection de l’environnement, avec l’ensemble des acteurs de la ville. Ces actions portent essentiellement sur des aspects concrets de la vie de la population à travers la participation aux campagnes de propreté dans différents quartiers, la sensibilisation des jeunes et l’éducation.
Par ailleurs, LYDEC a signé des conventions de partenariat avec des associations ou des ONG (la Fondation Zakoura, l’Association Chouala pour l’éducation et la culture...).
Dans votre plan de développement, sur quels chantiers mettez-vous l’accent ?
«Massira 2007», la marche en avant pour aller vers 2007 qui marquera la dixième année de notre activité. Tous les acteurs de la gestion déléguée (clients, autorités, personnel, actionnaires, fournisseurs) y ont été associés en vue de recueillir leurs perceptions en termes de bilan et d’attentes. Cette ouverture sur l’extérieur est dictée par la nécessité d’avoir une vision plus critique du développement de nos métiers. Elle est fondée sur trois grands axes de développement. Il s’agit d’instaurer une relation de confiance et de proximité à travers des services adaptés à chaque segment de clientèle, mais aussi anticiper avec les autorités la ville de demain. Enfin, nous travaillerons à renforcer le professionnalisme et l’esprit d’équipe de nos agents pour les mettre au service de la performance pour le client et pour l’entreprise. Ce dernier axe regroupe toutes les déclinaisons de la stratégie des ressources humaines (formation, conditions matérielles, rémunération, outils de motivation, dialogue social, esprit d’équipe, développer les compétences managériales, anticiper l’agent de demain).
Au niveau de la proximité de nos clients, LYDEC a ouvert en ce début d’été deux nouvelles agences à Oulfa et Sidi Moumen et a rénové 12 agences parmi les quinze qu’elle compte aujourd’hui. Pour être à l’écoute de nos clients et recevoir leurs réclamations, LYDEC ouvrira vers la fin 2004 un centre de relation clientèle.
Propos recueillis par
Daouda MBaye