Le dysfonctionnement érectile est considéré comme un phénomène tabou, quoique assez répandu. De ce fait, le problème demeure occulté et souvent non pris en charge. Interpellé par cet état de chose, Pfizer a élaboré un programme de formation, sous le thème de «Dialogue et sexualité». Destiné aux médecins généralistes, ce programme compte vulgariser le phénomène, en vue d’une prise en charge précoce et efficace dans ce domaine.
Quatre hommes sur cinq et deux tiers des femmes(*) au Maroc, estiment que les relations sexuelles occupent une place capitale dans leur vie. Ce qui rejoint la conception de la santé, selon l’actuelle définition de l’OMS, comme un état général de bien-être, alors qu’auparavant, il était question d’absence de maladies et d’infirmité. En effet, selon les résultats d’une étude internationale réalisée par les Laboratoires Pfizer sur la santé sexuelle, environ 84 % des Marocains accordent une place prépondérante à leur activité sexuelle. Pour autant, en pratique médicale courante, beaucoup de consultants ne verbalisent que rarement leur souffrance sexuelle de façon spontanée. Les personnes qui continuent à avoir recours aux pratiques traditionnelles, ou taisent leur problème, jusqu’à sombrer dans des dépressions gravissimes font légion. Certains verbalisent ce malaise en recourant à des métaphores que le médecin doit essayer de comprendre pour mieux communiquer et dialoguer sur un sujet qui reste emprunt de mythes, de préjugés et de tabous. D’où la complexité de cette problématique. Une céphalée, une irritabilité ou un excès de tabac ou d’alcool, peuvent cacher ou détecter un dysfonctionnement sexuel. Aussi, le rôle du médecin est de déceler ce que peuvent parfois voiler des malaises anodines. Partant de ce constat et eu égard à l’importance qu’accordent les Hommes à leur santé sexuelle en tant que composante vitale de leur état général de santé et de bien-être, les laboratoires Pfizer, proposent de dispenser une formation en communication et dialogue sur la sexualité, sur une durée d’une année, à travers tout le Royaume, axée sur les troubles de l’érection. L’objectif étant de briser les tabous de la sexualité et battre en brèche les gènes, en favorisant le dialogue médecin/patient. Ce qui permettrait sans nul doute de rationaliser les soins.
Formation spécifique
Pour ce faire quelque 1000 médecins généralistes suivront un programme de formation. L’objectif étant d’armer le médecin généraliste de techniques de communication, à même de lui permettre d’ouvrir la porte de dialogue avec son patient souffrant d’un problème de dysfonctionnement érectile. A partir de ce dialogue, un pronostic peut être établi, et une thérapeutique sera prescrite, en tenant compte de la nature du dysfonctionnement (d’origine iatrogène ou organique). Selon le professeur Mounir Charif Chefchaouni, chirurgien urologue, qui encadre la présente formation, cette dernière répond à un cahier de charges dont les mots-clès sont la pertinence et l’interactivité. Dans cette optique, la formation, intégrant des ateliers de 12 personnes est basée sur des mises en situation clinique où le médecin prend le rôle du patient. Des mises en scène sur les attitudes, comportements et procédés de communication sont alors établis. Le but étant de mettre en place des automatismes pour un dialogue aisé entre le médecin et le patient. Afin de l’amener à parler de son problème et par conséquent lui apporter l’aide nécessaire avant la fin de la consultation. Si le médecin généraliste arrive à ouvrir le dialogue, mais ne parvient pas résoudre le problème, le patient sera orienté vers un sexologue ou un andrologue à défaut de l’urologue. Plus la prise en charge est précoce, plus les résultats de traitement sont efficaces. En fonction de chaque cas on indiquera une sexothérapie, une chirurgie (en cas d’endommagement tissulaire ou nerveux), ou tout simplement de médicaments. Au Maroc on dispose de deux médicaments. Le viagra (à base de Sildenafil) qui n’est pas un aphrodisiaque, mais un amplificateur de la réponse à la stimulation sexuelle. Selon un andrologue, le viagra est efficace dans 80% des cas. S’il y a une intolérance au viagra ou s’il ne s’avère pas efficace, les injections (Prostaglondine E1) seront indiquées. Leur efficacité est également de 70 %.
Enfin, parfois, il suffit de peu pour résoudre un problème qui paraît insolvable, a priori.
L.O.