ADSL, cela veut dire : Asymmetrical Digital Subscriber Line ou, en français, Réseau de Raccordement Numérique Asymétrique. Il s’agit d’un nouveau mode d’accès à la toile mais en assurant des débits ultra-rapides. L’inconvénient, voire la souffrance, avec la connexion normale RTC (réseau téléphonique commuté) s’estompe dans la mesure ou l’ADSL permet de bénéficier d’un accès rapide à Internet. Et ce avec un faible coût (voir encadré).
Internet à haut débit!
Ce nouveau procédé, qu’est l’ADSL, a rendu la connexion traditionnelle du modem V90, avec son débit lent de 56kbits/s, totalement obsolète. Même si au Maroc, elle reste le moyen le plus utilisé, avec la liaison spécialisée (Marnis).
L’internaute, si son endroit d’habitation fait partie du réseau ADSL, peut aujourd’hui bénéficier de débits, théoriquement, dix fois supérieurs. Sachant que les hauts débits sont devenus parfois indispensables tant les sites Internet sont de plus en plus «lourds» à télécharger (à cause des animations notamment). De plus, ils génèrent de surcroît un confort d’utilisation non négligeable.
Créée fin 1970, la technologie ADSL a aujourd’hui un poids de plus en plus important dans le téléchargement des sites Internet. Notons au passage que cette technique n’est qu’une déclinaison de technologies destinées à transporter des données à haut débit dans les lignes téléphoniques classiques, réunies sous l’appellation XDSL.
Pour nous les Marocains, on a été connecté en retard à l’ADSL par rapport à nos voisins du Nord. Mais à entendre les responsables de Maroc Telecom, seul opérateur local, l’année 2004 sera celle de la consécration de l’ADSL avec l’arrivée d’offres commerciales plus claires et l’optimisation du réseau. Rien de bien clair pour l’instant. Le but de la technologie ADSL est d’augmenter les possibilités de transmissions des lignes téléphoniques afin qu’elles soient capables, en plus de la voix, de véhiculer très rapidement des données numériques. Un avantage parmi d’autres, car l’internaute est en mesure également de garder sa ligne téléphonique libre tout en continuant à surfer. Une possibilité qui ne pouvait même pas effleurer nos esprits avec un modem ordinaire!
Comment ça marche ?
Vous ne le savez probablement pas, mais quand vous téléphonez, vous n’utilisez même pas 10% des capacités des fils de cuivre de votre ligne téléphonique. En effet, il reste encore de la «place» ou plus précisément de la bande de fréquence qui n’est absolument pas exploitée! Et c’est là où intervient la technologie ADSL. En usant des 90 % de bande de fréquence inexploités, la technologie ADSL véhicule les données numériques à grande vitesse.
Sauf que cette opération n’est pas aussi simple que cela apparaisse. Et pour cause, pour exploiter les 90 % restants, il est nécessaire de diviser la liaison téléphonique entre le central de l’opérateur et l’abonné en trois canaux bien distincts. Le premier canal ne gère que les informations en provenance d’Internet et fonctionne uniquement dans ce sens. La vitesse maximale théorique de transmission des données est de 8 Mbits/s.
Le deuxième canal est capable de transporter des informations dans les deux sens (Internet vers abonné et vice-versa). Mais généralement, il est utilisé pour transmettre des données de l’abonné vers Internet (envoi d’e-mail par exemple). La vitesse maximale est de 800 kbits/s.
Le troisième canal (le plus petit) est, quant à lui, destiné à transmettre la voix pendant les communications téléphoniques.
La création de ces canaux est effectuée aux extrémités des lignes téléphoniques.
Chez un abonné ADSL, on procède à la pose de filtres destinée à faire la différence entre la voix et les données numériques. Dans les centraux téléphoniques, des répartiteurs sont installés. Ce sont des systèmes (appelés DSLAM pour DSL Acess Multiplexer) destinés au bon aiguillage des données. Ces répartiteurs sont reliés aux BAS (Broadband Access Server) qui, eux, jouent le rôle de gros serveurs. Dans une même région, DSLAM et BAS forment ce que l’on appelle «une plaque ADSL «. Les liaisons très haut débit appelées TurboIP partent de ces plaques pour aller dans les serveurs des fournisseurs d’accès et donc ensuite chez vous, c’est-à-dire chez les abonnés à l’ADSL. C’est un peu compliqué, mais telle est la technologie et elle tire son charme de sa complexité!
Performances et limites !
Les débits maximaux qu’on a évoqués précédemment ne sont en réalité que «théoriques». En effet, les particuliers n’ont accès qu’à des versions simplifiées de l’ADSL qui ne permettent que des débits de 128 kbits/s. Ce débit paraît faible par rapport à ceux mentionnés en théorie, mais il est quand même environ dix fois plus rapide que celui assuré par le modem ordinaire V90 avec ses 56kbits/s. Pour illustrer cette différence, voici un exemple : pour télécharger un fichier de un méga, avec un modem V90, on mettra, en fonction de l’encombrement de la ligne, entre 10 et 15 minutes. Mais avec une connexion ADSL cela fera entre une et trois minutes seulement.
Il faut cependant savoir qu’en dépit de la rapidité de l’ADSL, il existe des facteurs qui ont une influence sur ses performances. Liés notamment à deux éléments, la distance et la qualité. En effet, les débits sont, volontairement, limités par l’opérateur pour que les personnes à proximité des centraux téléphoniques (dans les grandes villes) ne soient pas favorisées par rapport aux plus éloignées. Car, il faut savoir que la performance de l’ ADSL est moindre avec la distance. L’autre facteur, à savoir la qualité de la ligne téléphonique, a aussi un rôle considérable. Si votre ligne ou une partie de celle-ci est vieille ou endommagée, il vous sera impossible d’atteindre les débits assurés par une connexion ADSL. Sachons enfin que, pour atteindre le débit de 8 Mbits/s (même si celui-ci n’est que théorique), il faudra être placé au moins à un kilomètre d’un central. Au-delà de ces deux facteurs, qui restent quand même infimes par rapport aux grands avantages qu’offre l’ADSL, le déploiement de cette technologie marque certainement un tournant dans le développement d’Internet au Maroc. La tendance baissière des prix d’Internet depuis fin 2003 a boosté incontestablement le marché des technologies de l’information. La dernière offre de Maroc Telecom ne déroge certainement pas à la règle: un ordinateur avec un accès Internet pour la somme de 2.500 Dhs (ou 99Dhs par mois pendant trente mois). Alléchante, elle l’est cette offre! espérons qu’elle contribuera à réduire la fracture numérique monstrueuse dans notre pays!
Youssef Boufous
L’offre ADSL de Maroc Telecom
Maroc Telecom offre une connexion ADSL illimitée. Autrement dit, on peut naviguer aisément sans se préoccuper de la facture téléphonique (actuellement, une offre de Maroc Telecom est en cours avec 199 Dhs/T.T.C. pendant les trois premiers mois). Le seul contrôle s’effectue pendant la journée normale pour ne pas dépasser le forfait mensuel de 750 Mo (méga octet). Les abonnés ADSL à Maroc Telecom peuvent, en outre, consulter le tableau de bord de leur connexion ADSL, en ligne, sur l’espace «abonnés Menara».
(Source): www.menara.ma