Le séminaire sur la deuxième phase du Programme national de routes rurales (PNRR), s’est ouvert avant hier devant un parterre d’invités de marque et de spécialistes du désenclavement rural. Le PNRR II, comme son nom l’indique, vise l’augmentation du taux d’accessibilité de la population rurale au réseau routier de 54 % en 2005 à 80 % l’horizon 2015. C’est en cela que la conférence de ce lundi 28 juin était importante à plus d’un titre. La présence du ministre de tutelle, de l’Ambassadeur de l’UE au Maroc, du Directeur de l’AFD au Maroc ainsi que le Directeur des pays du Maghreb à la Banque Mondiale en dit sur cette réalité. En effet, le PNRR II vient ainsi soutenir le premier programme en matière de désenclavement des zones rurales par voie terrestre. Faut-il rappeler, à ce sujet, que le PNRR I a été un programme qui porte sur une longueur totale de 5625 km dont le coût global des réalisations est d’environ 5 milliards de dirhams et cofinancé dans des partenariats multipartites. La contribution du ministère est de 2,9 milliards de dirhams soit 58% du montant total. Cependant, il convient de signaler que le partenariat qui concerne exclusivement les routes rurales représente 77% de l’ensemble des projets cofinancés avec 4345 km d’aménagement.
Développement local
À la fin du mois de septembre 2003, près de 3275 km de routes ont été réalisées en partenariat, et 670 km en cours de réalisation. Mais le ministère compte impulser une nouvelle dynamique à l’opération puisqu’il prévoit, entre 2003 et 2007, l’accélération de la réalisation du programme national des routes rurales et ce par l’augmentation de son rythme annuel pour atteindre en 2004, près de 1500 km au lieu de 1000 km/an comme c’était le cas auparavant. C’est dans ce contexte qu’intervient le lancement, à la fin 2005, du PNRR II. Une période cruciale puisqu’une loi et son décret d’application viennent en appoint pour consolider le PNRR II. Celle loi concerne la création de la Caisse pour le financement routier. Pour le ministère, il s’agit de mobiliser les ressources financières nécessaires à la réalisation de ce programme, dont le coût global est de 9,5 milliards de dirhams. En plus, la CFR est dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Ce qui va permettre à la Caisse de contracter des prêts concessionnels auprès de bailleurs de fonds pour financer la construction et l’aménagement de routes rurales. Est-ce à dire que l’on tend à la privation du PNRR II ? Des responsables soulignent à ce sujet que le ministère aura recours de plus en plus aux sociétés privées pour les réalisations. Pour ce qui est de l’approche, les opérations du programme seront discutées avec les élus et les autorités locales au sein des Conseils provinciaux pour répondre réellement aux besoins des populations concernées. Afin de dynamiser cette approche, des conventions seront signées entre le ministère et les collectivités locales concernées. Ces partenariats portent essentiellement sur la participation des collectivités locales à hauteur de 10 % du coût du projet, la sélection des opérations de la première tranche (2005-2010) et la deuxième tranche (2011-2015) du programme. Enfin, la convention concerne la prise en charge de l’exploitation et la maintenance des routes réalisées selon leur classification afin de garantir la pérennité de leur exploitation.
M.S.