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La migraine, bénigne mais bigrement incommodante Médecine

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«Il s’agit d’une étude transversale à visée descriptive. L’échantillon est de type aléatoire, constitué de 300 patients âgés de plus de 15 ans consultant chez 30 médecins généralistes exerçant dans la Wilaya de Casablanca », explique le Professeur Maaroufi (un des quatre médecins ayant mené à bien cette étude), qui a animé le point de presse en compagnie du Professeur El Amrani (neurologue).
La migraine est une pathologie très fréquente, qui toucherait environ 12 % de la population cible de l’étude. El Amrani fait remarquer, à ce sujet, que la prévalence de la migraine au niveau de la Wilaya de Casablanca est plus ou moins conforme aux données internationales sur la question (qui estiment le taux de migraineux compris entre 12 et 16%).
Les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant cette maladie. Ces dernières sont trois à quatre fois plus touchées que les hommes ; « 25% des femmes âgées entre 20 et 40 ans souffrent d’une migraine », indique le Pr. Maaroufi.
Par ailleurs, il existe deux types de migraines : la migraine avec ou sans aura. La migraine avec aura est généralement accompagnée de problèmes neurologiques comme les troubles de la vue, un engourdissement ou fourmillement au niveau des lèvres, du visage, et des mains, troubles de la parole…
« Pour être diagnostiqué migraineux, il faut avoir eu au moins 5 crises durant sa vie. Et les crises de migraine doivent répondre à des caractéristiques propres : elles durent de 4 à 72 heures, ont un caractère pulsatile (Ndlr : c’est-à-dire que le migraineux a souvent la sensation de son cœur qui bat la chamade au niveau de ses tempes). Par ailleurs, leur intensité est augmentée par des efforts physiques, la douleur qu’elles occasionnent est localisée dans une seule moitié de la tête, et elle peut être associée à des nausées et vomissements ainsi qu’à une sensibilité accrue à la lumière et au bruit », renseigne le Professeur Amrani.
Selon son confrère, il ressort de l’étude qu’il a menée que la moyenne d’âge chez les migraineux est de 38 ans, que l’aura était présente chez 36,8% des patients questionnés, et que l’attitude adoptée par les migraineux lors d’une crise était variable : « 68,4% ont recours à l’automédication, 15,8% prennent des médicaments prescrits par un médecin et 86,8% ont recours au sommeil pour calmer leur crise. A noter que seulement 26,3% de l’échantillon consultent un médecin durant la crise ».
Maladie handicapante, d’origine héréditaire ou hormonale, la migraine est une des maladies les moins bien traitées de nos jours, probablement parce qu’elle ne met pas la vie de ceux qui en souffrent en jeu. Malgré l’étude qui vient d’être conduite ou encore celles, internationales, qui font office de références dans ce domaine, la migraine reste une pathologie encore très méconnue de l’ensemble du corps médical. Que des professeurs de médecine et une multinationale de l’industrie pharmaceutique se penchent sur un tel sujet n’en est que plus admirable.

M.L.



 

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