Air Liquide Maroc, leader dans le domaine des gaz et services industriels, élargit son offre à l’Activité Métrologie. Le Laboratoire de Métrologie, qui a nécessité un investissement de 3 millions de Dhs, comprend deux entités physique et d’électrotechnique, équipé par une technologie de pointe baignant dans une certaine température (19° à21°) et une humidité précise (inférieure à 55%) et est muni d’un logiciel Hasting pour la gestion des moyens de mesure. Les domaines d’intervention du laboratoire sont assez vastes. Ils vont du dimensionnel (pied à coulisse, micromètre, jauge de profondeur, comparateur, calibre à mâchoires, instrument de traçage...) à la masse (balances, masse étalon...), en passant par l’électrique (tensions, intensités, résistance, capacité, inductance, temps, fréquence, radio navigation), la pression (Manomètre, vaccumètre, soupape, pressostat...), la température (thermomètre, sonde, thermohygromètre, thermohygrographe, étuve, calibreur de température), le force-couple (capteur de force, machine de traction, clé et tournevis dynamométrique, pezon) ou divers (machine tridimensionnelle, débitmètre, sonomètre, brillancimètre, pince à sertir, formation métrologie...). M. Paul Leondaridis, Directeur Général de la société, explique cette extension de l’offre par l’importance que revêt l’étalonnage et la mesure, composantes de la métrologie, dans la performance des procédés des clients et la qualité de leurs produits. Dans un contexte de mondialisation, a-t-il soutenu, il n’est pas rare de voir que les composants d’un même produit sont fabriqués dans des pays différents (pistons et segments faits au Japon, cylindres en France...) pour être ensuite assemblés dans un autre. L’adéquation dans les process, dans les fonctionnements, dicte donc un certain calibrage en respectant des normes, des étalons internationaux. Le raccordement des mesures des clients locaux à ces étalons, nous mobilise à plus d’un titre, a déclaré en substance M. Youssef El Bari, Responsable Métrologie d’Air Liquide Maroc. Aussi, il est communément admis que la maîtrise croissante de la fiabilité des mesures effectuées dans les processus de fabrication est aujourd’hui devenue une condition sine qua non pour toute entreprise qui met en place une démarche qualité. Au Maroc, la mise à niveau aidant, l’industrie nationale est en train de vivre une mutation en profondeur, d’où la naissance de cette activité, qualifiée de critique pour l’industrie, par M. Pierre de Laroche, Business Development Manager du Pôle Métrologie de la maison-mère, pour contribuer à cet élan, a-t-il ajouté.
Qualité
Si l’on se réfère aux avis des opérateurs du Privé et du Public, ainsi que des ingénieurs présents durant l’inauguration, cette activité arrive à point nommé. M. Saïd Benhalabi, Responsable Technico-commercial de Sérima, qui représente exclusivement Mititoyo France (mesures de haute précision de pièces en 3 D), a loué ce nouveau déploiement. A l’image du succès en Europe, où plus de 10.000 clients ont fait confiance à Trescal, le pôle d’Air Liquide, qui regroupe Metrotech et TIS Livington, au Maroc les références de cette nouvelle division ne manquent pas. Les responsables ont d’ailleurs affirmé qu’elle a déjà commencé à apporter à l’industrie un service de qualité. Ils ont encore avancé que ce sont surtout les secteurs de l’aéronautique, de l’automobile, de l’énergie, et de l’électronique qui font appel aux services de cette division. Mais plus généralement, toutes les activités industrielles ont recours à la métrologie. Et dans une certaine mesure, Air Liquide apporte ainsi sa contribution à l’attractivité du pays en accompagnant les investisseurs qui ont décidé de s’implanter dans le pays, a précisé M. Leondaridis. Le laboratoire est en cours d’accréditation suivant la norme NM ISO 17025 dans les domaines du dimensionnel, de l’électrique et de la pression par le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI). La COFRAC dans le dimensionnel est prévu en 2005, nous a-t-on aussi appris.
D. MB.
Air Liquide, en bref
Avec une présence dans 65 pays, Air Liquide fournit des gaz industriels et médicaux, ainsi que des services associés. Créée en 1902 (première production d’air liquide suivant les procédés de Georges Claude), Air Liquide, qui compte 31.900 collaborateurs, développe avec ses actionnaires des relations de confiance et de transparence, dans le respect des principes de gouvernement d’entreprise. C’est en réalité en 1889 que tout a commencé, lorsque Georges Claude, un jeune ingénieur français, tente de mettre au point un procédé de distillation de l’air pour séparer l’azote et l’oxygène. Pour poursuivre ses travaux, il s’associe à Paul Delorme, un camarade d’école, qui en sera le premier Président. Depuis la publication des premiers comptes consolidés en 1971, le Groupe a maintenu une croissance régulière de ses résultats. En 2003, son chiffre d’affaires s’est élevé à 8.094 millions d’euros dont près de 80% hors de France (45% en clients industriels, 27% en grande industrie, 16% en santé et 11% en électronique).
(Source: Air Liquide)
Trois questions à M. Paul Leondaridis, Directeur Général - Air Liquide Maroc
La Nouvelle Tribune: Pourquoi la métrologie aujourd’hui?
M. Leondaridis : En fait, Air Liquide a démarré il y a un siècle dans le métier des gaz industriels et nos clients sont toutes les industries qui composent l’activité économique d’un pays. Mais, de plus en plus, on a été amené à proposer aux industriels des procédés qui vont avec nos gaz. D’ailleurs aujourd’hui, on parle plutôt de gaz et services. Ainsi, nous proposons des tunnels de congélation ou de surgélation, qui vont fonctionner à l’azote liquide, ou des procédés de soudage pour l’industrie électronique. Actuellement Air Liquide se pose beaucoup plus en tant qu’apporteurs de solutions industrielles que de fournisseurs de gaz. La métrologie est une extension naturelle de tous les services que nous proposons. Il est vrai que c’est un service que nous appelons au-delà des gaz, car il peut n’y avoir a priori aucun lien entre une prestation de métrologie et une utilisation des gaz industriels, mais c’est dans un même état d’esprit de service. De plus, cela fait partie d’une compétence que nous avons développée, aussi bien dans la mesure métrologique que dans l’analyse, qui est aussi un autre pôle de diversification d’Air Liquide en Europe. Ce n’est donc pas tout à fait une diversification en tant que telle, mais plutôt un élargissement de notre offre.
Ce qu’il faut aussi retenir, c’est qu’en proposant une offre de pointe, on augmente l’attractivité du Maroc vis-à-vis des investisseurs étrangers. Il y a des efforts importants qui sont faits au Nord, à Tanger Free Zone, ou au centre du pays dans la zone industrielle de Bouskoura, avec beaucoup de succès, surtout dans l’industrie aéronautique. Il reste que les entreprises qui viennent ont aussi besoin d’accompagnement en infrastructures, et la métrologie en fait partie.
Avez-vous déjà travaillé avec des centres de recherche appartenant à de grands groupes, sinon l’envisagez-vous?
Au niveau du Maroc, nous proposons un service de base. Nous utiliserons soit des instruments, soit des techniques, qui sont rodés et bien éprouvés ailleurs, pour offrir aux entreprises un service susceptible de les accompagner dans leur mise à niveau ou l’acquisition de plus de compétitivité dans la conquête de nouveaux marchés. Donc offrir un service, qui jusque là n’était pas disponible au Maroc.
Comptez-vous, en tant qu’industriel, aller vers l’Académique pour aider à la formation des compétences dans ce domaine?
Directement, non. Toutefois, nous l’envisageons dans le cadre de partenariat, en participant à des rencontres, telle que la Journée de Métrologie organisée par l’École Nationale des Industries Minérales (ENIM) les 3 et 4 juin prochains, ou en offrant des postes de stagiaires.
Propos recueillis par
Daouda MBaye