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A la STEP d’Afourer, l’ONE dompte le relief et optimise sa production Infrastructures hydroélectriques

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En concevant la Station de Transfert d’Énergie par Pompage (STEP) à Afourer (Province d’Azilal), à quelque 30 km de Beni Mellal, l’Office National de l’Electricité (ONE) est parvenu à stocker l’énergie électrique et assurer un approvisionnement au citoyen sans l’ombre d’un délestage. Ceux qui n’auraient pas perçu la subtilité doivent seulement se rappeler que l’énergie électrique a cette particularité de ne pas être stockée a priori. C’est la spécificité de la configuration de la demande électrique nationale, qui se caractérise quotidiennement par une différence importante de consommation avec des creux, entre 23h et 7h du matin, et des pics, entre 18h et 23h, qui a dicté un tel choix. Pour ce faire, et moduler la production d’énergie électrique à la demande, tout en bénéficiant d’un différentiel substantiel du coût de revient du kWh produit, les responsables ont opté pour l’intégration d’une STEP au complexe hydro-agricole existant de Bin El Ouidane-Afourer. Pour la petite histoire ce complexe, mis en service depuis 1954, se situe dans la chute brusque du massif de Tazerkount vers la plaine de Tadla. Cet endroit idéal, fleuron d’alors de l’ONE, a servi à loger la STEP qui fonctionne par un procédé analogue à celui des vases communicants. D’aucuns y ont vu un retour en force de ce complexe qui reprend ainsi du poil de la bête.
S’arrêter à ce niveau serait trop simpliste pour cet extraordinaire chantier, d’un coût total de 1,7 milliard de Dhs, y compris les lignes d’évacuation de l’énergie électrique et qui est  financé à hauteur de 700 millions de Dhs par le Fonds Arabe de Développement Economique et Social (FADES), et de 90 millions d’euros par la Banque Européenne d’Investissement (BEI).

Hauts
rendements

En réalité, il a fallu creuser deux bassins de 1.300.000 m3 de volume chacun l’un, supérieur, est à 1.272 m d’altitude, tandis que l’autre, inférieur, se situe à 480 m. Entre ces deux réservoirs, deux usines réversibles en série, d’une puissance totale de 463 MW, soit 10% , vont pomper l’eau de bas en haut (en 7 h), quand le coût marginal de production du kwh est moins élevé. Ensuite la restitution par turbinage (en 5 h), s’effectuera grâce à la chute de l’eau, reprenant le chemin inverse de haut en bas (Voir en encadré la vue de profil de la STEP). C’est simple, mais faudrait-il encore y penser et surtout concrétiser l’idée, car en définitive c’est l’énergie potentielle qui permet le stockage du courant électrique. Les deux usines en série permettent des gains de rendement importants (120 MW) dans la mesure où le pompage se fait en une seule fois alors que le turbinage, qui fournit l’électricité, s’effectue en deux fois. Les avantages d’une telle station fonctionnant en cycle fermé (pompage-turbinage) sont nombreux, ont tenu à souligner MM. Abada et Griech, respectivement Chef de la Division Hydraulique de la région sud et Responsable du Contrôle des travaux de réalisation. Non seulement, elle permet de dépasser le caractère aléatoire de l’hydroélectricité (aléas pluviométriques), les coûts élevés de stations thermiques ou de turbines à gaz, mais aussi et surtout une utilisation économique des installations de production. L’étude économique a démontré la rentabilité de ce projet et donné lieu à un taux de rendement interne de 17,94%, nous a-t-on appris.
Le chantier, qui s’étend sur 6 km, avec des conduites métalliques de 4 km, dont certaines sont souterraines, de diamètres allant jusqu’à 5 m, aura une puissance installée représentant 10% du total national et ne nuit en rien à l’écosystème, a mentionné M. Houachmi, Directeur de la production. A noter qu’à côté d’Alstom Power Hydraulique, Alstom Power Hydro, des entreprises marocaines telles que SGTM (Génie-civil), Alstom Maroc SAS participent à la construction.
Les avantages sociaux pour la région ne manquent pas ; il y a eu quelque 450.000 j de travail, la construction de 3 écoles, les PME locales sont sollicitées pour la sous-traitance et des points d’attrait pour le tourisme peuvent être développés... 
D. MB.


 Ils ont dit

M. Abada, Chef de la Division Hydraulique de la région sud de l’ONE: Grace à cette station, l’énergie électrique excédentaire pendant les heures creuses est d’abord stockée sous forme d’énergie potentielle. Cette dernière est ensuite transformée en énergie électrique et remise dans le réseau pendant la période de pointe. D’un autre côté, elle permet aussi un meilleur placement de l’usine actuelle, qui est jusqu’à présent alignée en irrigation, fonctionnant 24h/24. Au contraire, avec la STEP, l’irrigation pendant la journée sera assurée par le bassin inférieur et l’usine actuelle ne fonctionnera que pendant la période de pointe.

M. Griech, Responsable du contrôle des travaux de réalisation  du Projet  à l’ONE: La coordination d’un tel projet se fait à plusieurs niveaux: des études, de la fabrication, des montages et des mises en service. Nous intervenons avec le contractant au niveau des études pour nous assurer que tous les ouvrages sont bien étudiés, qu’ils sont conformes soit aux normes soit au marché. Nous coordonnons aussi la fabrication tout en veillant là aussi à la conformité aux cahiers des charges. A titre d’exemple, nous nous assurons que le parasismique est respecté au niveau du Génie-civil. Pendant le montage, nous opérons des contrôles à tous les niveaux: préfabrications, préassemblages, et  chantier. Bien entendu, tout est bien coordonné entre les différents lots (Génie-civil, équipements électriques et mécaniques) et au niveau des plannings. C’est-à-dire qu’un matériel doit arriver à telle date avant un tel autre matériel... Cela nécessite une coordination à la fois au jour le jour, mais aussi prévisionnelle (sur 3 à 6 mois).
Aujourd’hui, nous sommes sur la dernière ligne droite, nous avons des indicateurs qui nous rassurent, et qui nous donnent satisfaction quant à la tenue des délais contractuels.

M. Houachmi, Directeur de la Production à l’ONE: L’intérêt de la STEP est qu’elle permet surtout d’utiliser, pendant les heures de faible demande, l’électricité excédentaire sur le réseau pour le pompage de l’eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur. On stocke ainsi l’énergie sous forme d’énergie potentielle. Pendant les heures de pointe, cette énergie stockée est utilisée pour turbiner et produire l’énergie électrique. Le gain pour le consommateur final est double : il est assuré d’une garantie d’approvisionnement en courant électrique à l’heure qu’il veut et à des conditions économiques avantageuses.

M. Jerjini, Directeur de la Communication à l’ONE: Déjà, l’ONE a dans le pipe la réalisation d’une seconde STEP. Un certain nombre de sites potentiels ont été prospectés, notamment dans le sud et deux autres au nord du pays, dans la région de Chefchaouen (entre Chefchaouen et Tétouan). Les études de faisabilité nous ont amenés à retenir le site Ihafsen, au Nord.
Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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