Créé à l’initiative de la RAM, le Groupe Développement Maroc est né du besoin de soutenir les efforts de la société civile qui œuvre en permanence pour améliorer le quotidien des populations démunies. L’objectif étant d’atténuer ce sentiment d’exclusion qui ronge souvent ces couches et qui finit par prendre des dimensions parfois dramatiques. En atteste le nombre important de jeunes obnubilés par l’idée de quitter le Maroc, au point qu’ils s’aventurent, au risque de leur vie, à bord de pateras de fortune, vers un Eldorado qu’ils ne verront peut-être jamais. Tout comme les événements tragiques du 16 mai, sont en partie, une conséquence de cette exclusion. Selon M. Mohamed Berrada, PDG de RAM, “Si dans d’autres régions du monde le problème de la pauvreté est imputé à des facteurs soit économiques soit liés à des phénomènes tels la xénophobie, le racisme, d’autres formes de discrimination, au Maroc, la pauvreté est intrinsèque à la faiblesse de croissance et au manque d’opportunités d’empoi.” A partir de ce constat, le management de la RAM, impressionné par les efforts fournis par les associations à but non lucratif, qui demeurent malheureusement insuffisants en raison de l’ampleur des besoins, a décidé de créer, avec la collaboration d’autres partenaires locaux et étrangers, le Groupe Développement Maroc (GDM), reproduisant ainsi le même concept du Groupement Développement France, qui jouit d’une réputation mondiale et qui bénéficie du soutien de plusieurs institutions internationales. Présent dans plus de soixante pays, ce groupement, qui compte à son actif trente années d’expérience, est l’un des membres fondateurs du GDM, qui entend tirer profit de l’expertise de son aîné.
Réduire les inégalités
Dans cette optique, le GDM apporte son aide aux associations qui combattent pour améliorer les conditions de vie de leur communauté. Le concept étant de soutenir les associations locales, en particulier dans le monde rural, dans la réalisation de nouveaux projets, qui ont pour fin l’optimisation du cadre de vie des populations défavorisées, en générant de la richesse à travers la création de l’emploi. L’idée étant d’exploiter des potentialités locales par le lancement de nouvelles activités (tourisme, artisanat…) . En effet, le GDM se décline tel un organisme de financement de projets. Et M. Berrada de préciser :“Je suis capable de générer des fonds en vue de financer des projets à même de produire un effet de levier dans la lutte contre la pauvreté, mais il faudra que ces projets soient pertinents au niveau des choix de la gestion.” Cette nouvelle association non gouvernementale défendra une approche transversale et multi-partenariale sur la base de partenariats entre les acteurs publics, privés, et société civile, tant au Maroc qu’à l’étranger. L’idée étant de relier les efforts pour une meilleure efficacité. Dans cette optique, l’assemblée générale constitutive du GDM s’est déroulée jeudi 22 avril, en présence de M. René Lapautre , président du Groupe Développement (France) et ancien président d’UTA, qui a précisé que son institution finance un programme visant la réinsertion de près de 10 000 enfants en rupture familiale.
En somme, le GDM qui regroupe de multiples acteurs du secteur du tourisme et à leur tête la RAM, vise à travers une action qui se veut innovante et efficace, à réduire les inégalités dont souffrent certaines catégories de la société. GDM devrait être dans 2 ans un label et pour cela, l’association doit construire sa réputation en réussissant ses premières actions qui sont à même de lui permettre de gagner la confiance des opérateurs économiques et des institutions internationales.
Leïla Ouazry