Aujourd’hui, tous les décideurs acceptent le fait que la bonne gouvernance reste l’un des baromètres de l’afflux d’investissements, notamment ceux dits investissements extérieurs directs (IED). «L’enjeu d’une bonne gouvernance est un cheval de bataille stratégique» a souligné M. Rachid Belkahia, Président de la Commission Éthique et Bonne Gouvernance à la CGEM. Aujourd’hui, toute la problématique qui existe a trait à son application au sein de l’organisation qu’elle soit publique ou privée. Pour un pays en développement, qui a d’importants impératifs de croissance, cet enjeu est de taille. Les cas Enron, World Com, Vivendi et plus récemment Parmalat, qu’il a cités, prouvent que d’autres pays développés ne sont pas exempts de malversations. Les intervenants à la rencontre internationale, tenue le 9 mars à Casablanca, sur la bonne gouvernance, en tant que levier de croissance l’ont très clairement indiqué. Les travaux qui ont suivi ont permis de faire un benchmark et de tracer les voies d’une application plus poussée, ici même.
A l’ouverture de la séance, M. Khalid Alioua, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, a émis trois réflexions principales autour d’une solidarité organique entre les sphères du Public et du Privé pour asseoir plus de transparence, mais aussi de la contrainte de la bonne gérance dans une économie duale (économie formelle et informelle), et enfin de la bonne gérance et la modernisation doivent être considérées. De son avis, il est nécessaire d’adopter une approche, basée sur une solidarité organique entre les sphères du Public et du Privé pour évoluer dans un climat imbu de transparence. Car s’est-il interrogé, comment mettre en place de nouvelles normes exigeant plus d’éthique au sein des entreprises privées, si cela fait défaut au sein des administrations publiques. L’exemple typique, qu’il a donné, est celui de pays émergents, où la mauvaise gérance émanant du capitalisme de familiarité, fondé sur l’absence de normes économiques, de normes de transparence, a abouti à des désastres. Dans la quête à plus de transparence dans la gestion, M. Alioua a insisté sur l’importance de l’information dans l’espace communicationnel. Vu que c’est l’information qui fait l’homme, il a appelé à un soutien important, à ce niveau, afin d’obtenir une bonne information juste et correcte. En gros, pour que la bonne gouvernance soit adoptée, il n’a pas manqué d’appeler à une atténuation de l’effet pénalisant de l’économie duale, et de s’inscrire davantage dans la modernisation des structures. Car dit-il, la bonne gouvernance est synonyme de modernisation des structures.
M. Hassan Chami, Président de la CGEM, qui a placé les travaux dans leur contexte actuel, où une vaste entreprise de mise à niveau des structures du pays au niveau politique, économique, et administratif, est entreprise pour créer les bonnes conditions d’une meilleure gouvernance des affaires de la nation, a décliné la totale adhésion de la communauté des affaires. En témoigne, ajoutera-t-il, leur participation à plusieurs travaux liés à la moralisation de la vie publique, à l’adoption des décrets des marchés publics, à la MAN de l’économie nationale et à la promotion de l’administration électronique.
S’il a été souvent question de confluence entre État et l’entreprise, pour reprendre les termes de M. Belkahia, il a été aussi question de rapprochement entre l’Université et les entreprises.
Daouda MBaye