La Nouvelle Tribune : Quelles sont les principales activités de l’International Call Center?
Abdelkrim Rahal Essoulami, Président de I2C : Nous existons depuis déjà une année. Depuis sa création, Le Call Center, traite plusieurs opérations de prestige et de marque, en l’occurrence des opérations pour la société Renault, France Telecom, Lexus, Neuf Telecom. Pour l’instant, on a des clients français. Pour ces sociétés, il s’agit de faire soit des qualifications de fichier, soit la promotion, la prospection, la vente. L’originalité et la spécificité de I2C, c’est qu’à l’encontre de tous les call center qui se trouvent au Maroc, on est spécialisé dans ce qu’on appelle les appels sortants. C’est en effet nous qui émettons.
Ce sont toutes ces sociétés, avec lesquelles vous travaillez, qui ont fait appel à vos services ou c’est plutôt vous qui êtes allé vers elles?
Nos clients ont entendu parler de notre call center. Nous avons aujourd’hui une réputation internationale. Nous avons participé au Salon de la CK organisé à Paris, une fois par an.
Vous avez créé ce centre par conviction ou par passion?
C’est mon métier, un domaine qui me passionne énormément. Je suis spécialisé dans tout ce qui est transmission hertzienne. Je fais partie des premiers Marocains à étudier et à installer tout ce qui relève du domaine de la télécommunication. J’étais enseignant à l’Institut des télécommunications à Rabat, pendant deux ans. J’ai formé pas mal d’ingénieurs qui exercent aujourd’hui ce métier au Maroc.
Vos associés, ont-ils la même formation que vous?
Certains ont une formation financière, d’autres ont des doctorats et sont des ingénieurs en télécommunication et transmission.
Pourquoi considérez-vous l’International call Center comme une sorte de défi ?
Il l’est. Car nous sommes aujourd’hui le seul call center à cent pour cent Maroco-Marocain géré par des actionnaires marocains, avec une technologie de pointe, notamment des passerelles de voix sur IP. Pour se développer on a pas eu recours à un actionnaire étranger.
Le chiffre d’affaires réalisé pendant une année, est-il encourageant pour ce genre d’activité?
Notre Call Center s’est développé d’une manière, je dirais très positive. On ne peut plus cacher qu’aujourd’hui les call center génèrent énormément d’argent, mais ce que les gens ignorent malheureusement, c’est qu’un call center c’est aussi beaucoup de dépenses. C’est un domaine très complexe, très délicat, qui demande beaucoup de compétence, d’expertise. Voyez ce qui s’est passé par exemple dans le domaine du tourisme et du textile: ce sont des gens qui avaient les moyens, ont investi dans ces domaines, mais faute d’une bonne gestion, leur affaires n’ont pas abouti.
Les call center, c’est de l’ingénierie. Il ne s’agit pas de poser une table, un ordinateur et un téléphone et croire que ça va aller comme sur des roulettes. C’est loin d’être un jeu d’improvisation.
Quelles sont les zones d’appels que vous desservez?
Pour l’instant, on se contente de travailler cent pour cent sur la France.
Vous ne pensez pas élargir vos services au niveau d’autre pays de l’Europe?
On a des contacts au Canada, en Suisse. On compte ouvrir d’autres call center.
Pourquoi avoir choisi la France comme première cible?
C’est une question de culture et de langue. Les Marocains maîtrisent bien le français. Sur le plan géographique, on est à 13 kilomètre de l’Europe.
Les postes d’emploi créés depuis la création de l’International Call Center?
Pour cent vingt postes, on a créé cent trente cinq emplois. Ce sont des bac plus deux, minimum, sinon la majorité, c’est bac plus quatre. Tout le côté technique, est géré par des ingénieurs qui maîtrisent parfaitement le domaine de la télécommunication.
Vous faites-suivre des formations à ceux qui travaillent avec vous?
On a fait venir plusieurs experts étrangers dans le but de former ceux qui collaborent avec nous. Ce sont des formations à des opérations bien spécifiques. Le traitement d’une diversité d’opérations, fait que notre personnel devient plus qualifié.
Avez-vous des clients marocains?
On a essayé une fois avec la RAM, mais ça a malheureusement trop traîné, finalement cela n’a pas abouti. Aujourd’hui, c’est plus intéressant de travailler avec les Etats Unis, l’Europe, et les pays arabes.
Quelles sont les raisons de ce choix?
Il faut travailler avec des pays où la main d’oeuvre est plus chère que la main d’oeuvre marocaine.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées depuis la création du Call Center?
La première difficulté, c’est le manque de ressources humaines. Un autre problème se pose; c’est celui du comment gérer et maîtriser son personnel. Un call center, c’est au minimum une centaine de personnes, sinon un millier. Il faut connaître la manière adéquate d’aller vers son client de chercher à satisfaire ses besoins. Ce qui intéresse les clients c’est avant tout de tirer les prix au minimum. Et si on continue à leur donner satisfaction en ce qui concerne les prix, on risque de tomber dans le piège de brader le business au Maroc.
Qu’avez-vous hérité de Rahal père à part le goût pour les succulents mets et la gastronomie raffinée?
Comme je l’ai toujours dit, mon père n’a jamais été à l’école, mais il a été une école pour des dizaines de milliers de personnes. Mon père savait qu’il était pour moi une grande école. Je me rappelle qu’à chaque fois que je voulais créer une autre affaire à part le métier de traiteur, il a toujours été contre. Pour le call center, j’ai pu avoir sa bénédiction. C’est un homme qui m’a inculqué le sens des affaires.
Propos recueillis par
Ilham Khalifi
Abdelkarim Rahal Essoulami
Formation académique
1982: Maîtrise en Télécommunication-France
1981: Licence en Mécanique et Physique, session de septembre
1981: Licence en Electronique, Electrotechnique, Automatique, session juin.
Fonctions professionnelles
1997: Président du Groupe Rahal
1985: Directeur Général de la Société Manzeh Diafa.
1983-1984: Enseignant pendant 2 ans à l’Institut des Télécommunications de Rabat.